Shenzhen s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son dynamisme culturel avec le lancement de la 5e Biennale du Théâtre Contemporain dans le district de Futian. Porté par l’énergie du tout nouveau Antuoshan Public Cultural Centre, ce festival de spectacle vivant mettra en dialogue Chine continentale, Hong Kong et Europe, entre danse, comédie, installations et lectures. Sous la direction artistique de Meng Jinghui, figure phare de l’art dramatique en Asie, la manifestation aligne cinq volets “boostés” — performances, lectures, expositions, présentations et le tout récent “Our Era Engine Project” — pour révéler une scène régionale en pleine ébullition. Du côté des têtes d’affiche, on attend l’ouverture avec The Seventh Day, succès chinois incarné par Teresa Li Gengxi, primée aux Golden Rooster 2024, ainsi que des propositions internationales telles que Dor-A.I.-Mon (comédie dansée sur l’IA), The Chairs de la compagnie italienne FactoryBo et Anger Management de la Joshua Monten Dance Company.
Au programme, un parcours qui épaissit la trame du Théâtre Contemporain en brisant les cloisonnements entre arts de la scène et technologies. Les places, disponibles via Damai à partir de 100 yuan, promettent une expérience accessible et ultra-vivante. Dix lectures de textes (dont trois ouvertes aux citoyens sur scène), des ateliers expérimentaux et une exposition de BD thématisée théâtre complètent l’équation. Et si le cœur du public s’emballe, ce n’est pas un hasard : depuis 2016, la Biennale de Shenzhen a accueilli plus d’une centaine de spectacles venus de dizaines de pays, pionnière en Chine sur ce format dédié aux écritures contemporaines. Cette année, tout converge vers Futian où artistes, spectateurs et curateurs se rejoignent pour une odyssée scénique très actuelle, avec un “vendredi” d’ouverture qui s’annonce électrique et un fil rouge simple et puissant : raconter l’époque, sans filtre.
Sommaire
Lancement ce vendredi à Futian : la 5e Biennale du Théâtre Contemporain dévoile ses moteurs créatifs
Dans les rues de Futian, on entend déjà bruire la rumeur d’un démarrage à haute intensité. Le lancement de la 5e Biennale du Théâtre Contemporain de Shenzhen transforme le Antuoshan Public Cultural Centre en ruche où se croisent dramaturges, chorégraphes, scénographes, lecteurs passionnés et curieux du quartier. À la barre, Meng Jinghui orchestre cinq sections “upgradées” qui donnent le ton : performances, lectures, expositions, présentations, et le tout nouveau “Our Era Engine Project” pensé pour propulser les talents de la région de la Greater Bay Area. La promesse est claire : un festival qui ne se contente pas d’aligner des spectacles, mais qui fabrique une écosystème scénique. Les billets, en vente sur Damai dès 100 yuan, annoncent une fréquentation large, de l’étudiant en mise en scène au collectionneur de premières.
Parmi les productions, la soirée d’ouverture affiche The Seventh Day, mise en scène par Meng Jinghui et portée par Teresa Li Gengxi, actrice auréolée d’un Golden Rooster 2024. Le public suit le parcours d’une héroïne au bord du gouffre émotionnel, rattrapée par une société qui l’entraîne et la bouscule. Un texte incisif, une scénographie tranchante, et déjà une aura de “must-see”. Si l’on devait choisir un point d’entrée idéal, c’est celui-ci, car il fixe la mesure de l’ambition artistique : être à hauteur d’époque. À ses côtés, la Hong Kongaise Dor-A.I.-Mon assume un humour technoïde, italise avec FactoryBo et ses The Chairs rêches et surréelles, et tempête avec Anger Management de la compagnie suisse Joshua Monten, danse de la colère qui éclabousse la scène d’énergie brute.
Pour rendre la visite concrète, prenons “Linhui”, régisseuse fictive mais plausible qui jongle entre filages et tests lumière. Elle adore ces biennales, car elles redessinent son métier : une journée, elle assiste un chorégraphe; le lendemain, elle place des micros pour une lecture citoyenne; le surlendemain, elle passe par la galerie où l’exposition BD tisse des ponts entre bulles et plateau. Son regard raconte un espace unique où les frontières s’évaporent. Et si, au détour, elle échange avec un spectateur venu de Lyon, la comparaison s’impose avec d’autres scènes vivaces, comme celles mises en avant autour d’un spectacle contemporain à Lyon qui a, lui aussi, misé sur l’intime et l’urbain.
Une impulsion pilotée par Meng Jinghui
Ce qui singularise cette édition, c’est la conduite artistique. Meng Jinghui ne cède pas à la tentation de la simple “compilation internationale”. Il articule une trajectoire : montrer des œuvres, certes, mais aussi catalyser des processus, des essais, des prototypes. D’où l’importance des présentations publiques, des ateliers et de la nouvelle rampe de lancement pour les créateurs locaux. La ville s’y reconnaît, car Shenzhen incarne le bouillonnement et l’itération, deux concepts que le plateau adore. Et le public? Il bénéficie d’un sas immersif où la rencontre avec l’œuvre se prolonge en échange, en débat, en jeu. C’est peut-être là que la Biennale remporte sa plus belle victoire : transformer la curiosité en engagement actif, et faire du Théâtre Contemporain un sport de contact.
À l’heure où le rideau se lève, la pensée directrice est simple : croiser l’adrénaline du présent et la densité du vivant, pour infuser la culture de la ville et au-delà.
Programme, billets et repères pratiques pour naviguer la Biennale de Shenzhen
Pour qui veut organiser sa visite, l’édition s’annonce limpide et généreuse. Les performances s’échelonnent sur plusieurs jours, avec de la place pour les essais, des temps de respiration, et des rendez-vous participatifs. Les billets via Damai, à partir de 100 yuan, permettent d’alterner grandes formes et formats plus courts. Sans oublier les lectures, dont trois impliquent des membres du public sur scène, et les expositions qui ouvrent des fenêtres sur l’imaginaire scénographique et graphique. Pour baliser le parcours, voici une synthèse indicative des pièces phares et de leurs origines, façon boussole de poche.
| Œuvre | Origine | Section | Lieu | Repère |
|---|---|---|---|---|
| The Seventh Day | Chine continentale | Performances | Antuoshan Public Cultural Centre | Ouverture; avec Teresa Li Gengxi |
| Dor-A.I.-Mon | Hong Kong | Performances | Grande salle | Danse-comédie, thème IA |
| The Chairs | Italie (FactoryBo) | Performances | Black box | Surréalisme scénique |
| Anger Management | Suisse (Joshua Monten) | Performances | Plateau modulable | Danse de la colère |
| Lectures x10 | International | Lectures | Salles ateliers | 3 avec participation du public |
| Exposition BD | Collectif | Expositions | Espace galerie | Théâtre en cases et bulles |
Un itinéraire simple pour une journée type? On peut commencer par une présentation matinale où une équipe partage les coulisses d’une création. Après un café, filer voir une lecture courte qui teste un dispositif de voix off. Déjeuner dans le parc voisin, puis replier vers une grande forme comme Anger Management. En fin d’après-midi, visite de l’exposition BD, qui s’amuse à détourner les conventions de plateau. Soirée avec Dor-A.I.-Mon, clin d’œil à la culture pop revisitée par l’IA. Les plus curieux pourront prolonger la nuit par une rencontre informelle avec l’équipe italienne de FactoryBo, friande de discussions sur la ruine, l’absurde et la joie du risque.
Billetterie, accès et astuces
La billetterie sur Damai fluidifie l’accès, surtout pour ceux qui souhaitent panacher leurs soirées. Avec un premier tarif à 100 yuan, la stratégie gagnante consiste à prendre un billet “phare” et à compléter par des formats plus courts pour varier les écritures. L’Antuoshan Public Cultural Centre, parfaitement desservi, se rejoint en métro et à vélo; des espaces de repos accueillent les visiteurs entre deux rendez-vous. Pour comparer avec une autre scène, les passionnés de France citeront des programmations cousines, comme ce parcours contemporain joué à Lyon qui a séduit par son adresse directe au public.
- Choisir un axe (danse, texte, expérimental) pour éviter l’errance.
- Alterner durées (courtes/longues) pour garder l’œil frais.
- Réserver tôt l’ouverture et les pièces internationales.
- Privilégier une lecture participative pour vivre la scène de l’intérieur.
- Visiter l’exposition entre deux spectacles pour recharger mentalement.
En somme, la clé est de composer une journée qui alterne intensité et respiration, à l’image d’une bonne dramaturgie.
‘Our Era Engine Project’ : comment Futian propulse ses talents scéniques
Dans le sillage des grandes scènes internationales, Shenzhen invente sa propre forge. Le “Our Era Engine Project” est la pièce maîtresse de cette 5e Biennale : un dispositif qui détecte, accompagne et expose des créateurs de la Greater Bay Area. Un panel de sept experts a sélectionné six œuvres locales, présentées durant la manifestation pour leur offrir une marche vers des plateaux plus vastes. L’idée n’est pas de livrer des objets “terminés”, mais des formes en devenir, avec leur audace et leurs bords vifs. C’est là tout l’intérêt : on entre dans les ateliers, on assiste à la coulée, on comprend la cuisson d’une idée.
Imaginons Qiao, jeune metteuse en scène de Guangzhou invitée au projet. Son geste est nourri par l’architecture du delta, la rumeur des ports, le souffle des start-ups. Elle propose une forme hybride où se rencontrent récit documentaire et danse de rue, filmée en direct avec un dispositif minimal. Pendant une présentation, un expert lui propose d’éclairer les transitions; le lendemain, un spectateur lui parle d’une place de marché où rejouer une scène; la semaine suivante, la lecture publique lui donne un nouveau tempo. On mesure ici l’élasticité du format : on n’est ni dans le cours, ni dans la répétition fermée, mais dans un laboratoire qui met en scène l’essai, ce qui captive le public.
Au plan métropolitain, Futian gagne une empreinte claire : un pôle où l’on vient éprouver des écritures avant de les projeter sur d’autres scènes. Ce mouvement s’inscrit dans une cartographie élargie : Hong Kong pour la rigueur technique, Macao pour le baroque urbain, Guangzhou pour l’énergie des collectifs. Et l’Europe? Elle n’est jamais loin, ne serait-ce qu’en résonance avec des laboratoires français où des propositions intimistes et participatives tiennent la corde, à l’image d’un création lyonnaise saluée pour son ancrage sensible. Ces échos encouragent les coproductions et les invitations croisées, cœur battant d’une scène vraiment contemporaine.
Du tremplin au réseau
Le génie du “Engine Project” est de ne pas isoler les artistes. Chaque présentation attire des diffuseurs, des programmateurs, des journalistes spécialisés; des temps d’échange formalisés permettent aux équipes de proposer une tournée, d’envisager une résidence, de penser une traduction surtitrée. Les effets se mesurent à moyen terme, mais les premiers signaux sont forts : au sein de la culture locale, on voit poindre des compagnies capables d’adresser des sujets urbains avec une lisibilité internationale. Et le public gagne un privilège rare : voir naître des œuvres, en deviner les doutes et les bascules. Comme si on lisait le brouillon magnifique d’un futur classique.
Au final, ce projet ancre la Biennale comme incubateur, et transforme Futian en moteur régional qui aimante les regards.
Hybridations internationales : Dor-A.I.-Mon, The Chairs et Anger Management réinventent le plateau
La dimension internationale de la Biennale agit comme une prise de courant. Côté Hong Kong, Dor-A.I.-Mon bouscule le plateau en mêlant danse et comédie autour de l’IA. On rit, on s’inquiète, on réfléchit; les corps deviennent algorithmes capricieux, les punchlines font clignoter les questions éthiques. Sur un autre versant, l’Italie débarque avec FactoryBo et The Chairs, un surréalisme gouailleur qui tord l’espace scénique comme une chambre d’échos. De la Suisse, Joshua Monten Dance Company livre Anger Management, une catharsis chorégraphique où la rage, maîtrisée puis lâchée, trace une écriture physique jubilatoire. Ce triangle nourrit un dialogue où Shenzhen mesure sa force par la confrontation et l’hospitalité.
Pourquoi ces œuvres marquent-elles? Parce qu’elles répondent à des obsessions majeures. L’IA n’est pas seulement un sujet; sur scène, elle devient partenaire, contrepoint, révélation. Le surréalisme, lui, n’est pas une nostalgie d’avant-garde : il propose de dérégler l’attention pour mieux questionner nos routines. Quant à la danse de la colère, elle raconte l’époque avec un franc-parler somatique, comme si le corps prenait enfin la parole. La salle devient alors une chambre de compression où l’on tient ensemble contradictions et désirs. Et le public, happé, trouve sa place. Ceux qui ont arpenté d’autres scènes européennes reconnaîtront la parenté avec des circuits exigeants, sur lesquels on trouve aussi des perles plus confidentielles, à l’instar d’un solo présenté à Lyon et remarqué pour sa narration physique.
Esthétiques en conversation
Ce qui frappe, c’est l’écoute entre les pièces. Une scène de Dor-A.I.-Mon résonne avec une image de The Chairs; un geste d’Anger Management renvoie à un motif des lectures. Ce tissage permet aux spectateurs de fabriquer leur propre “spectacle augmenté”, en reliant les œuvres par affinité. Pour les équipes, l’expérience est aussi un banc d’essai : caler un rythme, ajuster une lumière, déplacer un accent. C’est là que la Biennale excelle : offrir une géographie dense où les œuvres se parlent et se répondent, dans une charte d’hospitalité qui respecte les écritures tout en les bousculant.
En bout de ligne, cette circulation internationale consolide la place de Shenzhen sur la carte du Théâtre Contemporain en Asie, un nœud nerveux où l’on vient frictionner les idées et partager les risques.
Au-delà de la scène : lectures, exposition BD et ateliers qui transforment le regard
La Biennale ne se joue pas qu’en salle. Dix lectures jalonnent la période, dont trois qui invitent des citoyennes et citoyens à monter sur scène. Ce n’est pas un gadget : la lecture publique façonne une écoute particulière, focalisée sur le texte, le rythme et la respiration. Pour celles et ceux qui s’y essaient, la scène devient un lieu d’initiation, un apprentissage du collectif et du trac. Les ateliers expérimentaux, eux, déplient des outils concrets : comment travailler une adresse directe? Quelles techniques pour libérer un corps crispé? Comment intégrer une projection sans écraser l’acteur? On ressort avec des pistes à tester, et l’envie d’y revenir.
L’exposition BD thématisée théâtre n’est pas un “à-côté” décoratif. Elle documente, détourne, commente. On y retrouve des planches qui rejouent des scènes célèbres, des story-boards qui expliquent la fabrique d’une scénographie, et des bulles qui ironisent sur le trac, la critique, la standing ovation. Les adolescents s’y précipitent, les professionnels y prennent des notes, et les curieux y rient de bon cœur. Entre deux cases, on comprend qu’une image fixe peut dire le mouvement; qu’un silence dessiné peut hurler; qu’une bulles de texte peut éclairer un sous-texte. Cette transversalité, très culture Shenzhen, anchorise la manifestation dans le quotidien urbain.
Participer, c’est déjà créer
Pour les volontaires de lectures citoyennes, un véritable accompagnement est prévu : échauffement, conseils de diction, et surtout bienveillance. Certains y découvrent une vocation, d’autres une confiance nouvelle. Les ateliers accueillent également des enseignants, qui repartent avec des exercices à donner en classe; des cadres qui y trouvent une ressource pour l’aisance orale; des amateurs qui y gagnent une grammaire du plateau. Si l’on a goûté à ce type de formats en Europe, on reconnaîtra la même volonté de décloisonnement que dans des propositions intimistes, comme ce projet scénique lyonnais qui a brillé par sa pédagogie ouverte. Et pour celles et ceux qui veulent pousser l’expérience, rien n’empêche de passer de la lecture à un premier atelier d’écriture, puis à une maquette jouée lors d’une prochaine édition.
Dernier clin d’œil, la mise en résonance avec les références historiques. Les lectures contemporaines, de Shenzhen à Paris, aiment glisser un regard oblique sur les classiques, non pour les “casser”, mais pour les réinventer en les frottant à l’époque. À la Biennale, ce geste se lit dans la cohérence d’ensemble : on parle d’aujourd’hui, mais avec une mémoire, des outils et des échos savants. Et l’on repart avec l’impression rare d’avoir pris part à quelque chose, au-delà d’un simple “spectateur assis”.
Au fond, Futian offre ici une fabrique du regard : un lieu où l’on apprend à voir, à écouter et à imaginer ensemble, ce qui est peut-être la vraie définition du spectacle vivant.
Pour prolonger le voyage et découvrir d’autres esthétiques en résonance, vous pouvez explorer un exemple de création en France qui partage cette envie de conversation entre plateau et public.
Où se déroule la 5e Biennale du Théâtre Contemporain ?
Au tout nouveau Antuoshan Public Cultural Centre, dans le district de Futian à Shenzhen, conçu pour accueillir des formes scéniques variées et des espaces d’exposition.
Quelles sont les dates et le jour de lancement ?
La biennale s’étend sur dix jours début janvier. Le lancement officiel est annoncé ce vendredi, avec une soirée d’ouverture très attendue et une première grande production sur scène.
Combien coûtent les billets et où réserver ?
Les billets sont disponibles via Damai, avec un premier tarif à partir de 100 yuan. Il est conseillé de réserver tôt pour les œuvres internationales et la soirée d’ouverture.
Quels sont les temps forts à ne pas manquer ?
The Seventh Day dirigé par Meng Jinghui avec Teresa Li Gengxi, Dor-A.I.-Mon côté Hong Kong, The Chairs par FactoryBo (Italie) et Anger Management de la Joshua Monten Dance Company (Suisse), ainsi que les lectures participatives et l’exposition BD.
Le public peut-il monter sur scène ?
Oui. Trois lectures invitent des membres du public à devenir interprètes le temps d’une séance, avec un accompagnement bienveillant proposé par l’équipe.
