4 juin 2026

Libourne s’anime : Le festival Tous sur les Planches célèbre sa 6e édition riche en théâtre et découvertes

découvrez la 6e édition du festival tous sur les planches à libourne, un événement vibrant dédié au théâtre et aux découvertes artistiques pour tous les passionnés de culture.

Libourne met son théâtre au diapason des passions scéniques : les samedi 30 et dimanche 31 mai, la 6e édition du festival Tous sur les Planches investit le théâtre Le Liburnia pour un week-end de découvertes où s’entremêlent textes classiques, créations contemporaines, comédies, improvisation et spectacles jeunesse. Gratuit sur réservation, l’événement a gagné ses galons de rendez-vous de printemps, attirant chaque année 600 à 650 spectateurs curieux de goûter à une culture vivante et généreuse. Au programme, des troupes locales talentueuses, des formats courts qui surprennent et des pièces au long cours qui installent l’émotion, sans oublier une buvette pour prolonger la fête et converser après les applaudissements.

Cette année, la programmation s’étoffe encore, avec des représentations dès 11 h, l’arrivée de la Comédie de Libourne en intermèdes malicieux, le retour du Théâtre de l’Atelier avec « Fugueuses », et la vitalité des Troubadours qui multiplient les propositions du jeune public aux adultes. On passe d’Ionesco à Alexis Michalik, de l’impro jubilatoire aux comédies de mœurs, comme si la scène du Liburnia s’amusait à feuilleter l’anthologie vivante du théâtre. Et comme l’esprit des planches s’entend aussi dans les couloirs, le hall se transforme en laboratoire de jeu avec les « Diablogues » inspirés de Roland Dubillard. Le ton est donné : ici, on s’émeut, on rit, on débat, on s’éveille. Et surtout, on réserve vite, car les 500 places du Liburnia ont la coquetterie de se remplir lorsque la rumeur d’une belle soirée enfle.

Tous sur les planches ! #6 – Ville de Libourne : une programmation éclectique et gratuite

On dit théâtre, mais au festival Tous sur les Planches on entend surtout pluralité. La scène du Liburnia se transforme en kaléidoscope où les styles se répondent, de la verve classique aux écritures contemporaines en passant par l’improvisation et les formats jeunesse. C’est la recette d’une 6e édition qui ne renie rien de ses fondamentaux tout en ménageant des surprises, pensée pour un public qui aime picorer, comparer, retourner voir une troupe familière et s’aventurer vers une autre, inédite. L’ambition est claire : faire cohabiter, dans des conditions professionnelles, des pratiques amateurs exigeantes où le plaisir de jouer n’exclut jamais le soin du texte et de la mise en scène.

Dès le samedi matin, la tonalité est posée avec « La Ballade des planches » par les Troubadours (ados), 50 minutes pour allumer l’imaginaire et donner l’envie de la journée entière. L’après-midi, la troupe enchaîne avec « La Fourmi et la Cigale » (adultes, 1 h 15) et « Boxons » de Stéphane Jaubertie (adultes, 1 h 10), confirmant un goût pour les écritures vives, parfois grinçantes, qui interrogent nos mouvements intérieurs. Entre ces propositions, « Spectacle d’improvisation » par les Électrons Lib’ déroule ses 60 minutes de rebonds. L’impro, c’est la magie de l’instant, l’art d’accueillir la suggestion du public, de transformer un mot en situation, un silence en révélation.

Le samedi soir, place au vertige métaphysique avec « Le Roi se meurt » (Petit Théâtre de Molière, 1 h 30), une œuvre d’Eugène Ionesco dont l’humour noir et la poésie absurde trouvent une résonance singulière aujourd’hui. Comment dire la finitude avec légèreté ? La pièce, vraie pierre de touche pour comédiens, rappelle que le classique est une boussole quand l’actualité vacille. Ce mélange d’insolence et de profondeur, c’est exactement l’esprit du week-end.

Le dimanche, on redémarre en famille avec « Ernest Croquette et le fantôme de la momie » (Troubadours enfants, 45 min), clin d’œil malicieux aux codes de l’enquête, et « Tracer le monde » (Ateliers du Liburnia ados, 45 min) qui attrape le réel à bras-le-corps. Les Diablogues (Comédie de Libourne, 20 min) plantent quant à eux des bulles d’absurde dans le hall, avant « Le Cercle des illusionnistes » (Alexis Michalik, Ateliers du Liburnia adultes, 1 h 15) qui rend hommage à Méliès et à la naissance du spectacle visuel. Plus tard, deux formats courts crépitent — « S’il vous plaît… dessine-moi une femme » (Ideals Théâtre, 20 min) — puis une comédie de mœurs fait mouche avec « Petits secrets en famille » (Voguent les mots, 1 h 15). Pour conclure, le retour attendu du Théâtre de l’Atelier avec « Fugueuses » (1 h 30, Pierre Palmade et Christophe Duthuron) : duo savoureux, joutes verbales et tendresse, une façon élégante de dire la liberté à tout âge.

Du classique au contemporain, en passant par l’impro : pourquoi cette diversité séduit

Varier les formats, c’est multiplier les portes d’entrée. Les amateurs de paradoxes littéraires se retrouvent chez Ionesco, les amoureux des récits à tiroirs suivent Michalik, les esprits joueurs se jettent dans la houle de l’impro. Cette diversité agit comme un antidote à l’idée reçue selon laquelle le théâtre serait une case unique. Elle fédère un public mixte — familles, groupes de lycéens, curieux de la première heure — et propose des rythmes différents : un 20 minutes en appétizer, un 1 h 30 pour savourer. Le résultat ? Des salles qui respirent, un bouche-à-oreille qui enfle et l’envie, au bout de la journée, de dire : « Encore ! »

Pour donner des repères, le programme complet est disponible sur place et le programme détaillé est à retrouver sur theatreleliburnia.fr. Entre deux spectacles, la buvette fonctionne comme une troisième scène, où les spectateurs refont le monde avec les comédiens. Une question se chuchote souvent à cet instant : et si la force du festival tenait autant à ce qui se passe hors scène qu’aux répliques ? Ici, tout converge : convivialité, animation urbaine et audace artistique. C’est le cœur battant de cette 6e édition.

L’équilibre entre têtes d’affiche locales et clins d’œil aux grands auteurs garantit une courbe d’émotions généreuse. On passe du rire au saisissement, du collectif à l’intime. En somme, un panorama à 360° du théâtre d’aujourd’hui, joué par et pour des passionnés. Voilà une boussole fiable pour naviguer tout le week-end.

Tous sur les planches – Clubs & Comptines ? Non : coulisses et ambitions de la 6e édition à Libourne

Derrière cette apparente insouciance se cache une mécanique fine. « Mettre en avant la pratique amateur dans des conditions professionnelles » : la formule, portée par Fanny Maerten, chargée des relations avec le public du Liburnia, résume l’exigence du festival. Décor, régie, lumières, billetterie — tout est calé avec le sérieux d’une maison de production. Cette année, l’architecture du week-end a été repensée pour accueillir « un ou deux spectacles de plus », et des créneaux matinaux dès 11 h. Ce n’est pas qu’un ajustement technique ; c’est une manière d’inviter les familles, les lève-tôt, et ceux qui viennent de loin à vivre la journée entière sur place.

L’arrivée de la Comédie de Libourne ajoute un piment délicieux : ses « Diablogues » inspirés de Roland Dubillard créent des passerelles entre les grandes formes. Au détour d’un café, dans le hall, un duo s’allume, les répliques claquent, les sourires naissent. Le théâtre déborde des murs de la salle, s’invite dans les interstices. Autre bonne nouvelle, le retour du Théâtre de l’Atelier avec « Fugueuses ». Absent depuis plusieurs éditions, ce partenaire historique rappelle que la fidélité est un art, autant que la découverte.

Le public, lui, a ses rituels. Certains viennent pour « leur » groupe et ne lâchent pas la troupe d’une semelle. D’autres, véritables explorateurs, composent leur menu minute par minute, alternant formats courts et pièces plus longues. On observe même un phénomène attachant : des spectateurs qui, le samedi, jurent que « demain, c’est relâche »… et que l’on retrouve le dimanche à 15 h 30, happés par l’appel des illusionnistes. La culture est une affaire de contagion joyeuse.

Comment organiser son périple pour optimiser le plaisir du jeu et l’énergie ? Les équipes du Liburnia glissent quelques recommandations précieuses, à la manière d’un petit manuel de navigation sur les planches.

  • Réserver tôt : l’accès est gratuit sur réservation au 05 57 74 13 14 ou par mail à [email protected].
  • Penser aux transitions : les intermèdes de la Comédie de Libourne dans le hall valent le détour entre deux séances.
  • Alterner les formats : un 20 minutes pour relancer l’attention, suivi d’un 1 h 30 pour s’immerger.
  • Profiter de la buvette : gérée par Culture et compagnie, elle transforme l’attente en moment de partage.
  • Amener les jeunes : les cours et propositions ados/enfants sont pensés pour transmettre le virus de la scène.

À l’échelle de la ville, les retombées sont tangibles. Libourne s’anime, les cafés bruissent, les passants s’informent, des visiteurs prolongent leur séjour. Le festival crée une boucle vertueuse d’animation urbaine où se croisent spectateurs fidèles et nouveaux venus. Dans cette cartographie, les associations locales sont des phares : Les Troubadours, Les Électrons Lib’, Voguent les mots, Ideals Théâtre, les Ateliers du Liburnia. Ce compagnonnage construit un patrimoine immatériel — des souvenirs communs, des rendez-vous réguliers, une mémoire vivante.

En toile de fond, 2026 confirme la bonne santé du « théâtre d’atelier » : encadré par des professionnels, il permet aux comédiens amateurs d’explorer voix, souffle, adresse au public. La sensation de passer « de l’autre côté » — de spectateur à acteur — diffuse dans la cité une énergie douce, visible aux saluts finaux. On mesure alors le sens profond de la 6e édition : un art du lien qui se redécouvre sans cesse.

Tous sur les planches ! #6 – Infos pratiques, réservations et programme détaillé au Liburnia

Parce qu’un week-end réussi se joue aussi à l’horlogerie, voici un guide taillé pour votre parcours au festival Tous sur les Planches. Les représentations s’étalent sur deux jours, avec des entractes suffisants pour respirer, échanger, grignoter. Le bar du théâtre est ouvert toute la journée, animé par l’association Culture et compagnie, ce qui rend l’attente délicieuse — un sirop de grenadine peut parfois sauver une file d’attente. Le tout est gratuit sur réservation au 05 57 74 13 14 ou par mail à [email protected]. La salle principale compte 500 places : de quoi accueillir une belle foule, même si chaque séance n’affiche pas forcément complet. Les arrivées anticipées restent toutefois une tactique gagnante.

Pour vous repérer d’un coup d’œil, le tableau ci-dessous récapitule les horaires, compagnies et durées. Astuce : combinez un format court et un format long dans la même demi-journée pour garder du souffle. Et gardez l’œil sur les interludes dans le hall : ils fonctionnent comme des clins d’œil poétiques entre deux univers.

Jour Heure Spectacle Compagnie / Groupe Durée
Samedi 30 mai 11:00 La Ballade des planches Les Troubadours (ados) 50 min
Samedi 30 mai 13:30 La Fourmi et la Cigale Les Troubadours (adultes) 1 h 15
Samedi 30 mai 15:15 Boxons Les Troubadours (adultes) 1 h 10
Samedi 30 mai 17:00 Spectacle d’improvisation Les Électrons Lib’ 60 min
Samedi 30 mai 18:30 Les Héritières Cie Théâtrale Millésime 1 h 20
Samedi 30 mai 21:00 Le Roi se meurt Le Petit Théâtre de Molière 1 h 30
Dimanche 31 mai 11:00 Ernest Croquette et le fantôme de la momie Les Troubadours (enfants) 45 min
Dimanche 31 mai 13:30 Tracer le monde Ateliers du Liburnia (ados) 45 min
Dimanche 31 mai 15:00 Diablogues Comédie de Libourne (intermèdes hall) 20 min
Dimanche 31 mai 15:30 Le Cercle des illusionnistes Ateliers du Liburnia (adultes) 1 h 15
Dimanche 31 mai 17:00 S’il vous plaît… dessine-moi une femme Ideals Théâtre 20 min
Dimanche 31 mai 17:30 Petits secrets en famille Voguent les mots 1 h 15
Dimanche 31 mai 19:15 Fugueuses Théâtre de l’Atelier 1 h 30

Notez que le bar du théâtre reste ouvert tout au long de la journée. Prévoyez une marge de 10 à 15 minutes pour l’installation, et pensez à vous placer selon votre préférence : premier rang pour les émotions à fleur de peau, milieu de salle pour l’équilibre son-lumière, fond de salle pour une vision d’ensemble. Le festival est pensé pour toutes et tous, y compris les primo-spectateurs qui découvrent le rituel : se laisser happer par l’obscurité, le rideau qui frémit, la fameuse rumeur avant le noir.

Si l’envie vous prend d’explorer d’autres scènes dans l’Hexagone, la saison est généreuse. Les amateurs de grandes aventures estivales lorgneront vers le festival de théâtre de Figeac, tandis que les curieux des expériences conviviales apprécieront les rencontres théâtrales de Châtillon. Pour un panorama dynamique d’initiatives urbaines, plongez dans les festivals et spectacles à Lyon en mai, et, si le rire vous titille, notez l’esprit irrévérencieux du festival des Feux de l’humour à Plougastel. Autant de parentés joyeuses qui confirment que la culture aime la multiplicité des formats.

Dernier conseil d’ami : autorisez-vous la surprise. Choisissez une pièce que vous n’auriez pas sélectionnée d’instinct. Au pire, vous passerez 20 minutes intrigué ; au mieux, vous découvrirez un univers qui vous poursuit jusqu’à la sortie. C’est la signature de cette 6e édition : marier l’assurance d’un plaisir annoncé et la joie d’une trouvaille imprévue.

Tous sur les planches ! #6 – Les troupes et les œuvres phares passées au crible

Le festival fait la part belle aux compagnies locales, dont la constance nourrit patiemment l’écosystème scénique de Libourne. Les Troubadours occupent une place de choix, avec un éventail allant des enfants aux adultes. « La Ballade des planches » (ados) est un manifeste : le simple fait de monter un canevas collectif, de régler la diction, d’oser le silence, suffit à révéler des tempéraments de jeu. Puis « La Fourmi et la Cigale » (adultes) réinterprète la fable en tirant des fils contemporains — que dit notre époque de l’effort, de la fête, de l’entraide ? Avec « Boxons », Stéphane Jaubertie propose une matière textuelle vive, comme si la langue boxait avec nos certitudes. Le trio forme un escalier où chaque marche aiguise une qualité différente.

Le Petit Théâtre de Molière s’attaque à « Le Roi se meurt » d’Eugène Ionesco, joyau d’absurde où, au crépuscule du règne, la comédie se froisse contre la conscience aiguë du temps. Un défi pour les comédiens : porter la dimension farcesque sans perdre l’ossature philosophique. Cet exercice d’équilibriste, s’il est réussi, provoque un double mouvement chez le spectateur — rire franc, puis silence long. C’est le signe que la flèche a atteint sa cible.

Au rayon des écritures foisonnantes, « Le Cercle des illusionnistes » (Alexis Michalik) a déjà prouvé sa capacité à captiver le grand public. Chronologie éclatée, personnages multiples, amour du cinéma de Méliès : c’est un enchantement pour une troupe, mais aussi une discipline collective (entrées/sorties millimétrées, rythme des changements de décor). Les Ateliers du Liburnia (adultes) s’en emparent avec l’enthousiasme des explorateurs. On attend ce moment où la scène se mue en lanterne magique, rappelant la porosité entre la salle obscure du cinéma et celle, plus ancienne, du théâtre.

Côté comédie, « Petits secrets en famille » (Voguent les mots) prend la température des non-dits domestiques. La recette ? Une succession de situations qui grattent là où ça chatouille : héritages symboliques, faux-semblants, sincérités mal calibrées. Les rires fusent, parce que chacun reconnaît un oncle, une sœur, une version de soi. De leur côté, Ideals Théâtre et son court « S’il vous plaît… dessine-moi une femme » préfèrent l’esquisse au tableau : vingt minutes, un geste, une idée qui claque. L’art de la miniature au service d’un propos net.

La Comédie de Libourne n’a pas peur des contre-allées. Ses « Diablogues » puisent chez Roland Dubillard un comique discret, quasi musical. On se parle « à côté », on se manque volontairement, et le sens surgit de ce décalage. Jouer dans le hall, c’est aussi une façon d’affirmer que le théâtre est partout : au seuil, dans l’attente, à la buvette. Enfin, le Théâtre de l’Atelier et ses « Fugueuses » (texte de Pierre Palmade et Christophe Duthuron) célèbrent la fugue comme espace de vérité. Deux femmes, deux horizons, un même désir de s’inventer un présent. Quand l’interprétation est précise, l’émotion se glisse entre les lignes et le public ne voit plus le temps passer.

On le devine : la qualité d’un événement ne se résume pas à la renommée d’une œuvre, mais à l’intelligence des correspondances. À Libourne, les pièces dialoguent entre elles. Ionesco répond à Michalik par la question du temps ; la comédie familiale se fait écho à la fugue ; l’improvisation renforce l’écoute nécessaire au répertoire. Ce tissage crée une expérience plus grande que la somme des spectacles. Et c’est précisément ce que cherche le spectateur : une mémoire commune à laquelle il mettra, par le rire et l’attention, sa propre signature.

Tous sur les planches ! #6 – Un événement d’animation culturelle qui fait vibrer Libourne

Les chiffres sont parlants : entre 600 et 650 spectateurs se pressent chaque année au théâtre Le Liburnia pendant ce festival, sans que les 500 places ne soient systématiquement saturées. Ce frémissement régulier dessine une courbe de confiance : on vient pour « voir les siens », puis on reste pour « voir les autres ». Le passage d’une fidélité ciblée à une curiosité généralisée est le baromètre le plus fiable de la santé d’un rendez-vous. Et dans la ville, l’onde se propage : terrasses animées, vitrines qui affichent une affiche, mots échangés au marché. La culture, ici, est un lien souple qui circule naturellement.

Au cœur de cette mécanique, l’accessibilité joue gros. Le gratuit sur réservation abaisse les barrières psychologiques : on ne « prend pas de risque » financier en s’aventurant vers une forme nouvelle. Tout se joue alors sur l’accueil et le bouche-à-oreille. Les témoignages abondent : des adolescents qui, après « Tracer le monde », demandent à rejoindre un atelier ; des grands-parents conquis par « Ernest Croquette et le fantôme de la momie » qui promettent de revenir avec les cousins ; des spectateurs qui, de fil en aiguille, finissent sur scène la saison suivante. Le verbe « contaminer » retrouve soudain une grâce quand il s’agit d’enthousiasme artistique.

Sur le plan pédagogique, la 6e édition souligne le rôle-maître des ateliers — plateau d’essai pour la diction, la présence, l’écoute, mais aussi école de la coopération. Entrer en scène, c’est faire équipe. Et ce jeu d’équipe rejaillit ailleurs : en classe, au bureau, chez soi. Les retours des compagnies le confirment : plus d’assurance à l’oral, une curiosité pour les textes, un désir de « refaire » avec d’autres. L’événement dépasse ainsi ses deux jours pour irriguer l’année entière.

La dynamique locale s’inscrit aussi dans un réseau plus large de scènes qui se répondent, se stimulent, se visitent. Il est fréquent que des spectateurs de Libourne fassent un détour estival par d’autres manifestations, puis reviennent avec des idées. Dans cette constellation, on mentionnera par exemple les formats souples et populaires que l’on trouve à Châtillon — le panorama châtillonnais en témoigne —, ou les grands récits patrimoniaux qui font le charme de Figeac. Ce dialogue des scènes inspire les équipes, qui adaptent, affinent, réinventent l’accueil. Le public y gagne, lui, un confort et une densité d’expérience.

En 2026, la tendance est nette : le théâtre amateur de haute tenue attire des publics qui vieillissent moins vite que prévu. Les formats courts jouent leur rôle d’amorce, les familles constituent un noyau fidèle, et l’improvisation agit comme rampe d’accès immédiate à l’art de la scène. Quand une ville soutient ce type d’animation, elle soutient un écosystème où techniciens, créateurs, bénévoles et partenaires tissent l’expérience. De cette trame, chaque spectateur repart avec un fil coloré. Et si l’on cherche la preuve, elle se trouve aux saluts : une salle debout, un instant de suspension, et ce sentiment précieux d’avoir partagé plus qu’un spectacle.

Tous sur les planches ! #6 – Conseils d’itinéraire et coups de cœur pour deux jours de découvertes

Composer votre itinéraire, c’est comme écrire un petit scénario. Scène 1 : arrivée à Libourne, café en terrasse, récupération de votre réservation, repérage du bar du théâtre. Scène 2 : « La Ballade des planches » pour l’éveil sensoriel, puis une pause hall pour guetter les « Diablogues ». Scène 3 : « Boxons » pour bouger la pensée et, le soir, « Le Roi se meurt » pour la verticale émotionnelle. Dimanche, la comédie familiale « Petits secrets en famille » fait un pont parfait vers « Fugueuses », épilogue tendre d’une odyssée scénique. Entre-temps, piochez dans les formats courts — ils sont ces virgules respirées qui relancent la phrase.

Si vous venez avec des enfants, visez le créneau de 11 h le dimanche : « Ernest Croquette et le fantôme de la momie » a cet humour burlesque qui dérame toutes les timidtés. Les ados, eux, picoreront utilement « Tracer le monde », où l’on s’exerce à mettre en mots une époque qui bouge. Et pour les tribus intergénérationnelles, l’impro des Électrons Lib’ demeure un miracle de connivence : chacun y entend ce qu’il a envie d’entendre, et tout le monde rit du même rire.

Le secret d’un week-end réussi ? Écouter vos rythmes. Alternez pièces d’1 h 15 à 1 h 30 et formats de 20 à 45 minutes. Prévoyez un temps au bar du théâtre pour débriefer (le debriefing, en art, c’est déjà de l’art). Et laissez-vous conseiller par les bénévoles : ils voient, eux, ce que l’on ne voit pas depuis la salle, et sauront vous souffler l’inattendu du jour. La règle d’or reste inchangée : « oser une inconnue » dans votre trajet.

À celles et ceux qui veulent prolonger l’aventure au-delà de la Gironde, d’autres passerelles existent. Un détour par les Champs libres en Eure-et-Loir offre une respiration champêtre entre patrimoine et arts vivants. Les agendas urbains foisonnent aussi, comme le prouve le panorama drôlement bien à Lyon. Quant aux curieux des approches engagées, l’actualité des scènes bretonnes rappelle qu’un festival féministe à Lannion peut bousculer la pensée tout en gardant la fête au cœur.

Un parcours possible pour qui veut tout goûter sans s’épuiser ? Samedi : 11 h « La Ballade des planches », 15 h 15 « Boxons », 17 h impro, 21 h « Le Roi se meurt ». Dimanche : 11 h « Ernest Croquette », 15 h 30 « Le Cercle des illusionnistes », 17 h 30 « Petits secrets en famille », 19 h 15 « Fugueuses ». Vous aurez embrassé l’arc complet : jeunesse, écriture contemporaine, improvisation, classique, comédie, création collective. Et vous repartirez avec une foi renouvelée dans ce que peut un plateau : tisser des liens qui, mine de rien, durent.

Récapitulatif express pour ne rien manquer

Dans la masse réjouissante d’informations, voici les trois ancrages à retenir : réservation indispensable (gratuit) au 05 57 74 13 14 ou [email protected], arrivée 15 minutes avant l’heure, et alternance formats courts/longs pour maintenir l’attention. Le reste ? Un jeu, une joie, une expérience à partager. Programme détaillé à retrouver sur theatreleliburnia.fr.

Comment réserver pour le festival Tous sur les Planches à Libourne ?

L’accès est gratuit sur réservation. Contactez le théâtre Le Liburnia au 05 57 74 13 14 ou écrivez à [email protected]. L’arrivée 15 minutes avant le début du spectacle facilite le placement.

Y a-t-il des spectacles pour le jeune public durant la 6e édition ?

Oui. Samedi à 11 h, Les Troubadours (ados) proposent La Ballade des planches. Dimanche à 11 h, place à Ernest Croquette et le fantôme de la momie (Troubadours enfants). Les formats ados/adultes des Ateliers du Liburnia complètent l’offre.

Le festival est-il vraiment gratuit, et comment fonctionne la buvette ?

Tous les spectacles sont gratuits sur réservation. Sur place, la buvette et une petite restauration sont proposées par l’association Culture et compagnie, ouvertes tout au long de la journée pour prolonger l’expérience.

Que faire entre deux spectacles pour optimiser son week-end ?

Profitez des interludes Diablogues de la Comédie de Libourne dans le hall, débriefez à la buvette, et alternez formats courts et longs. Feuilletez le programme détaillé (disponible sur place) pour ajuster votre parcours en direct.

Où trouver le programme détaillé de Tous sur les Planches ?

Le programme détaillé est communiqué par le théâtre Le Liburnia et rappelé sur place. Vous pouvez également vous informer via les canaux habituels de la Ville de Libourne et du théâtre ; le récapitulatif figure ici avec les horaires et durées.