{"id":145,"date":"2025-09-08T07:08:19","date_gmt":"2025-09-08T07:08:19","guid":{"rendered":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/retour-babbling-brooke\/"},"modified":"2025-09-08T07:08:19","modified_gmt":"2025-09-08T07:08:19","slug":"retour-babbling-brooke","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/retour-babbling-brooke\/","title":{"rendered":"Le grand retour tant attendu de \u00ab Babbling Brooke \u00bb aux Moulins de Paillard \u00e0 Ponc\u00e9-sur-le-Loir"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Babbling Brooke<\/strong> revient se lover le long du Loir, port\u00e9e par un <strong>retour artistique<\/strong> que beaucoup esp\u00e9raient sans oser y croire. Aux <strong>Moulins de Paillard<\/strong>, \u00e0 <strong>Ponc\u00e9-sur-le-Loir<\/strong>, la metteuse en sc\u00e8ne <strong>Shelly De Vito<\/strong> reprend, apr\u00e8s plus de quinze ans de silence th\u00e9\u00e2tral, le fauteuil qui l\u2019attendait au <strong>Th\u00e9\u00e2tre de la Feuille Infinie<\/strong>. Sa pi\u00e8ce, cr\u00e9\u00e9e pour <strong>deux danseuses et un danseur<\/strong>, joue avec l\u2019id\u00e9e que Brooke se m\u00e9tamorphose en eau, glissant entre science, fable et mouvements liquides. Le 7 septembre 2025 \u00e0 16 h, cette <strong>performance contemporaine<\/strong> signe une ultime vague, un adieu en forme d\u2019embrassade au lieu qui l\u2019a vue na\u00eetre.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le site lui-m\u00eame, <strong>lieu patrimonial<\/strong> reconverti en centre d\u2019art, r\u00e9sonne de pas, de rumeurs fluviales et d\u2019images v\u00e9hicul\u00e9es par les <strong>arts visuels<\/strong>. Dans la salle, \u00c9lise, graphiste tourangelle et fid\u00e8le du lieu, r\u00e9sume l\u2019attente : \u201cOn vient pour voir si cette eau-l\u00e0 nous traverse.\u201d Entre <strong>\u00e9v\u00e9nement culturel<\/strong> et manifeste po\u00e9tique, la cr\u00e9ation, port\u00e9e par <strong>Pauline Bigot<\/strong>, <strong>C\u00e9cile Loyer<\/strong> et <strong>J\u00e9r\u00f4me Andrieu<\/strong>, ambitionne un <strong>renouveau cr\u00e9atif<\/strong> sur la <strong>sc\u00e8ne artistique fran\u00e7aise<\/strong>, en rendant \u00e0 la chor\u00e9graphie sa part de curiosit\u00e9 scientifique et de tendresse populaire. Une derni\u00e8re fois, tout s\u2019aligne : la pierre, le Loir, la lumi\u00e8re du soir, le frisson d\u2019un public qui revient boire \u00e0 la source.<\/p>\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_85 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Sommaire<\/p>\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/retour-babbling-brooke\/#Le_grand_retour_de_%C2%AB_Babbling_Brooke_%C2%BB_aux_Moulins_de_Paillard_recit_dun_frisson_scenique_a_Ponce-sur-le-Loir\" >Le grand retour de \u00ab Babbling Brooke \u00bb aux Moulins de Paillard : r\u00e9cit d\u2019un frisson sc\u00e9nique \u00e0 Ponc\u00e9-sur-le-Loir<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/retour-babbling-brooke\/#Une_dramaturgie_fluide_pour_un_Evenement_culturel_ancre\" >Une dramaturgie fluide pour un \u00c9v\u00e9nement culturel ancr\u00e9<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/retour-babbling-brooke\/#Shelly_De_Vito_quinze_ans_de_silence_brise_un_Retour_artistique_porte_par_Bigot_Loyer_et_Andrieu\" >Shelly De Vito, quinze ans de silence bris\u00e9 : un Retour artistique port\u00e9 par Bigot, Loyer et Andrieu<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/retour-babbling-brooke\/#Ateliers_partitions_et_essais_la_fabrique_dun_langage\" >Ateliers, partitions et essais : la fabrique d\u2019un langage<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/retour-babbling-brooke\/#Le_Theatre_de_la_Feuille_Infinie_et_le_Loir_comment_un_Lieu_patrimonial_fabrique_une_oeuvre\" >Le Th\u00e9\u00e2tre de la Feuille Infinie et le Loir : comment un Lieu patrimonial fabrique une \u0153uvre<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-6\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/retour-babbling-brooke\/#Scenographie_acoustique_et_lumieres_la_methode_Paillard\" >Sc\u00e9nographie, acoustique et lumi\u00e8res : la m\u00e9thode Paillard<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-7\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/retour-babbling-brooke\/#Ultime_representation_7_septembre_2025_16_h_guide_de_navigation_pour_un_Evenement_culturel_au_fil_du_Loir\" >Ultime repr\u00e9sentation 7 septembre 2025, 16 h : guide de navigation pour un \u00c9v\u00e9nement culturel au fil du Loir<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-8\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/retour-babbling-brooke\/#Conseils_pratiques_et_signes_a_guetter\" >Conseils pratiques et signes \u00e0 guetter<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-9\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/retour-babbling-brooke\/#De_Ponce-sur-le-Loir_a_la_scene_artistique_francaise_ce_que_revele_Babbling_Brooke_du_renouveau_creatif\" >De Ponc\u00e9-sur-le-Loir \u00e0 la sc\u00e8ne artistique fran\u00e7aise : ce que r\u00e9v\u00e8le Babbling Brooke du renouveau cr\u00e9atif<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-10\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/retour-babbling-brooke\/#Repercussions_inspirations_et_transmissions\" >R\u00e9percussions, inspirations et transmissions<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-11\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/retour-babbling-brooke\/#Prendre_soin_du_vivant_quand_Babbling_Brooke_conjugue_arts_visuels_et_geste_choregraphique\" >Prendre soin du vivant : quand Babbling Brooke conjugue arts visuels et geste chor\u00e9graphique<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-12\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/retour-babbling-brooke\/#Heritages_et_transmissions_concretes\" >H\u00e9ritages et transmissions concr\u00e8tes<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-13\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/retour-babbling-brooke\/#Questions_frequentes\" >Questions fr\u00e9quentes<\/a><\/li><\/ul><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Le_grand_retour_de_%C2%AB_Babbling_Brooke_%C2%BB_aux_Moulins_de_Paillard_recit_dun_frisson_scenique_a_Ponce-sur-le-Loir\"><\/span>Le grand retour de \u00ab Babbling Brooke \u00bb aux Moulins de Paillard : r\u00e9cit d\u2019un frisson sc\u00e9nique \u00e0 Ponc\u00e9-sur-le-Loir<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui frappe, d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e dans les <strong>Moulins de Paillard<\/strong>, c\u2019est la mani\u00e8re dont l\u2019architecture converse avec le r\u00e9cit. La pi\u00e8ce \u201c<strong>Babbling Brooke<\/strong>\u201d s\u2019y d\u00e9ploie comme si chaque mur retenait un murmure liquide, chaque poutre une respiration. \u00c0 <strong>Ponc\u00e9-sur-le-Loir<\/strong>, l\u2019eau n\u2019est pas seulement un d\u00e9cor : elle devient partenaire d\u2019un jeu chor\u00e9graphique qui explore l\u2019id\u00e9e folle et pourtant rigoureusement sensible d\u2019une femme persuad\u00e9e de se <strong>transformer en eau<\/strong>. Voil\u00e0 la cl\u00e9 : le mouvement ne mime pas la nature, il s\u2019en inspire jusqu\u2019\u00e0 devenir hypoth\u00e8se vivante, comme si la danse annon\u00e7ait un \u00e9tat de mati\u00e8re en devenir.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <strong>retour artistique<\/strong> est d\u2019abord un retour \u00e0 la source. On l\u2019entend dans les pas qui s\u2019\u00e9tirent, on le voit dans la fa\u00e7on qu\u2019ont les interpr\u00e8tes de se laisser rattraper par la gravit\u00e9. Le Loir impose ici une m\u00e9trique : pas de gestes ostentatoires, plut\u00f4t des <strong>mouvements capillaires<\/strong>, un glissement, une infiltration. Dans la salle, \u00c9lise, qui suit la troupe depuis les premi\u00e8res exp\u00e9rimentations, raconte comment chaque repr\u00e9sentation a d\u00e9plac\u00e9 son attention, du spectaculaire au microscopique. Elle en vient \u00e0 comparer la danse \u00e0 une observation sous loupe : chaque d\u00e9tail compte, chaque goutte change la masse du r\u00e9cit.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une question porte la section : comment mettre en sc\u00e8ne une croyance intime \u2014 \u201cje deviens eau\u201d \u2014 sans la r\u00e9duire \u00e0 une m\u00e9taphore us\u00e9e\u2009? La r\u00e9ponse, chez <strong>Shelly De Vito<\/strong>, tient \u00e0 un alliage d\u00e9licat entre rigueur et fantaisie. On entend des bribes de vocabulaire scientifique, non pour v\u00e9rifier des \u00e9quations, mais pour instaurer une grammaire du doute. Un geste indique un vecteur, une respiration figure une dilatation, un duo dessine une turbulence. Comme souvent dans la <strong>performance contemporaine<\/strong>, la fable est un pr\u00e9texte ; ici, elle devient surtout un protocole de perception.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Une_dramaturgie_fluide_pour_un_Evenement_culturel_ancre\"><\/span>Une dramaturgie fluide pour un \u00c9v\u00e9nement culturel ancr\u00e9<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au c\u0153ur de ce dispositif, trois interpr\u00e8tes \u2014 <strong>Pauline Bigot<\/strong>, <strong>C\u00e9cile Loyer<\/strong>, <strong>J\u00e9r\u00f4me Andrieu<\/strong> \u2014 s\u2019emploient \u00e0 d\u00e9cliner les \u00e9tats du liquide : stagnation, ruissellement, \u00e9cume. Le trio se transmet la parole comme on se passe une coupe d\u2019eau : sans jamais la renverser compl\u00e8tement, avec l\u2019inqui\u00e9tude de perdre une goutte pr\u00e9cieuse. Le spectateur est invit\u00e9 \u00e0 adopter une position active, attentive aux gradients d\u2019effort, \u00e0 la perm\u00e9abilit\u00e9 des corps. L\u2019<strong>\u00e9v\u00e9nement culturel<\/strong> prend alors la forme d\u2019un rituel discret, vaste mais ramass\u00e9, presque domestique, qui marie les gestes du quotidien et les ambitions de la <strong>sc\u00e8ne artistique fran\u00e7aise<\/strong>.<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Th\u00e8mes-cl\u00e9s<\/strong> : transformation, cycle, r\u00e9paration du vivant, seuil entre science et mythe.<\/li><li><strong>Gestes-signatures<\/strong> : port\u00e9s horizontaux, spirales internes, suspensions humides.<\/li><li><strong>Dispositifs sonores<\/strong> : clapotis amplifi\u00e9s, respiration enregistr\u00e9e, froissement de textiles.<\/li><li><strong>Effets de lumi\u00e8re<\/strong> : reflets de surface, p\u00e9nombres glac\u00e9es, halos diaphanes.<\/li><\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur la rive, on se rappelle que la danse dialogue aussi avec les <strong>arts visuels<\/strong> expos\u00e9s au centre. Des esquisses de flux punais\u00e9es au mur, des \u00e9tudes de densit\u00e9 chromatique, des photographies de tourbillons : autant de terrains d\u2019entente entre images fixes et corps en mouvement. Le temps d\u2019une soir\u00e9e, tout s\u2019imbrique \u00e0 <strong>Ponc\u00e9-sur-le-Loir<\/strong>, o\u00f9 l\u2019ancienne meunerie s\u2019offre comme un <strong>lieu patrimonial<\/strong> pensif, pr\u00eat \u00e0 tourner encore une fois, mais cette fois-ci au profit des imaginaires.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le triomphe de ce retour tient dans une \u00e9quation simple : un espace vivant + une fable tenace + trois interpr\u00e8tes poreux = un flux dramaturgique qui ne se laisse pas enfermer. On en sort avec l\u2019impression d\u2019avoir bu juste ce qu\u2019il faut d\u2019images pour traverser la soir\u00e9e. Voil\u00e0 la note d\u2019intention qui surnage.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Shelly_De_Vito_quinze_ans_de_silence_brise_un_Retour_artistique_porte_par_Bigot_Loyer_et_Andrieu\"><\/span>Shelly De Vito, quinze ans de silence bris\u00e9 : un Retour artistique port\u00e9 par Bigot, Loyer et Andrieu<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dire que <strong>Shelly De Vito<\/strong> \u201crevient\u201d serait presque trop court. La codirectrice du centre d\u2019art de <strong>Paillard<\/strong> retrouve, apr\u00e8s plus d\u2019une d\u00e9cennie et demie loin de la mise en sc\u00e8ne, non pas un si\u00e8ge poussi\u00e9reux, mais une chaise pr\u00eate \u00e0 basculer vers de nouvelles hypoth\u00e8ses. On sent, dans la conduite des r\u00e9p\u00e9titions, une pr\u00e9cision aff\u00fbt\u00e9e : la danse est con\u00e7ue comme une phrase o\u00f9 chaque ponctuation compte. Les interpr\u00e8tes <strong>Pauline Bigot<\/strong>, <strong>C\u00e9cile Loyer<\/strong> et <strong>J\u00e9r\u00f4me Andrieu<\/strong> sont invit\u00e9s \u00e0 \u201cpenser par leurs articulations\u201d, \u00e0 \u00e9laborer une logique kinesth\u00e9sique qui na\u00eet des os autant que des intentions.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La m\u00e9thode De Vito r\u00e9invente le triangle chor\u00e9graphique : au lieu d\u2019un trio qui se r\u00e9partit les fonctions, on observe trois p\u00f4les d\u2019une m\u00eame mol\u00e9cule, avec des liaisons qui se tendent, se d\u00e9tendent, vibrent. Cette analogie chimique n\u2019a rien d\u2019un gadget ; elle autorise des \u00e9tats transitoires : contact, fr\u00f4lement, \u00e9loignement, recomposition. Ce qui int\u00e9resse la metteuse en sc\u00e8ne, c\u2019est le \u201centre\u201d \u2014 entre deux appuis, entre deux phrases, entre deux hypoth\u00e8ses. \u00c0 l\u2019\u00e9cran mental, on pourrait dessiner des diagrammes, mais la sc\u00e8ne pr\u00e9f\u00e8re les volumes, la peau, la sueur.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <strong>renouveau cr\u00e9atif<\/strong> qui en d\u00e9coule ne se r\u00e9sume pas \u00e0 une signature : il rappelle que la <strong>performance contemporaine<\/strong> en France peut encore faire dialoguer rigueur et fantaisie. Les danseur\u00b7euses ne sont pas de simples ex\u00e9cutant\u00b7es ; ils deviennent co-chercheur\u00b7euses, responsables de leurs trajectoires, de leurs micro-d\u00e9cisions. C\u2019est l\u00e0 que la pi\u00e8ce r\u00e9sonne le plus fort sur la <strong>sc\u00e8ne artistique fran\u00e7aise<\/strong> : elle r\u00e9habilite l\u2019essai, l\u2019erreur assum\u00e9e, le t\u00e2tonnement fertile.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Ateliers_partitions_et_essais_la_fabrique_dun_langage\"><\/span>Ateliers, partitions et essais : la fabrique d\u2019un langage<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les s\u00e9ances de travail \u00e0 <strong>Ponc\u00e9-sur-le-Loir<\/strong> ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 un glossaire de gestes. On y croise des \u201c\u00e9chos\u201d, des \u201cd\u00e9rivations\u201d, des \u201cpluies suspendues\u201d. L\u2019\u00e9quipe conserve traces et croquis, parfois accroch\u00e9s pr\u00e8s de la sc\u00e8ne comme des partitions ouvertes. Le public, lors de rencontres, d\u00e9couvre le laboratoire : le studio devient vitrine, la fronti\u00e8re entre r\u00e9p\u00e9tition et repr\u00e9sentation se trouble, nourrissant un <strong>\u00e9v\u00e9nement culturel<\/strong> \u00e0 \u00e9chelle humaine.<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Choix sc\u00e9nographiques<\/strong> : sol l\u00e9g\u00e8rement r\u00e9fl\u00e9chissant, textiles hydrofuges, accessoires translucides.<\/li><li><strong>\u00c9criture du mouvement<\/strong> : motifs circulaires, impulsions depuis la cage thoracique, chutes reprises.<\/li><li><strong>Spatialisation du son<\/strong> : haut-parleurs ponctuels, zones de silence, souffle amplifi\u00e9.<\/li><li><strong>Relation au public<\/strong> : prox\u00e9mie variable, regards directs, passages lat\u00e9raux dans les trav\u00e9es.<\/li><\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette capacit\u00e9 \u00e0 articuler la recherche et le sensible inscrit \u201c<strong>Babbling Brooke<\/strong>\u201d dans les pratiques mixtes o\u00f9 les <strong>arts visuels<\/strong> ne sont jamais loin. Vid\u00e9oprojections de reflets, textures chromatiques d\u00e9licates, micro-objets lumineux empruntent \u00e0 la photographie et au design sans voler la vedette aux corps. L\u2019\u00e9quilibre est tenu : la technologie reste au service de la pr\u00e9sence. Et c\u2019est sans doute la meilleure d\u00e9finition d\u2019un <strong>retour artistique<\/strong> r\u00e9ussi.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>\u00c9l\u00e9ment<\/th>\n<th>D\u00e9tail<\/th>\n<th>Impact sc\u00e9nique<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Mise en sc\u00e8ne<\/strong> (Shelly De Vito)<\/td>\n<td>\u00c9criture fluide, \u00e9tats de mati\u00e8re, dramaturgie poreuse<\/td>\n<td>Renforce le th\u00e8me de la m\u00e9tamorphose<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Interpr\u00e9tation<\/strong> (Bigot, Loyer, Andrieu)<\/td>\n<td>Trio organique, circulation des r\u00f4les<\/td>\n<td>Cr\u00e9e un flux continu d\u2019images et d\u2019intentions<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Sc\u00e9nographie<\/strong><\/td>\n<td>R\u00e9flexions, mat\u00e9riaux translucides, tonalit\u00e9s aquatiques<\/td>\n<td>Amplifie les illusions hydriques<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Lieu patrimonial<\/strong><\/td>\n<td>Moulins de Paillard, sur les bords du Loir<\/td>\n<td>Donne une acoustique et une aura singuli\u00e8res<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>R\u00e9ception publique<\/strong><\/td>\n<td>\u00c9changes, ateliers, ouverture du processus<\/td>\n<td>Fid\u00e9lise et \u00e9duque le regard<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au fond, la pi\u00e8ce rappelle que revenir, c\u2019est aussi accepter de ne pas retrouver exactement ce qu\u2019on a quitt\u00e9 : on revient pour mieux d\u00e9placer. C\u2019est le paradoxe f\u00e9cond que cette cr\u00e9ation installe sans forcer, comme une \u00e9vidence qui s\u2019\u00e9vapore lentement.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Le_Theatre_de_la_Feuille_Infinie_et_le_Loir_comment_un_Lieu_patrimonial_fabrique_une_oeuvre\"><\/span>Le Th\u00e9\u00e2tre de la Feuille Infinie et le Loir : comment un Lieu patrimonial fabrique une \u0153uvre<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les <strong>Moulins de Paillard<\/strong> forment un organisme : la pierre, le bois, l\u2019eau, l\u2019air, le public. En tant que <strong>lieu patrimonial<\/strong>, le site poss\u00e8de une m\u00e9moire qui ne se contente pas d\u2019\u00eatre photog\u00e9nique ; elle informe la dramaturgie. Dans \u201c<strong>Babbling Brooke<\/strong>\u201d, la salle devient un filtre. Le son glisse sur les murs, la lumi\u00e8re se diffracte en nuances grises et bleues, les pas convoquent des vibrations d\u2019\u00e9poque. \u00c0 <strong>Ponc\u00e9-sur-le-Loir<\/strong>, se joue ainsi une co\u00e9criture : l\u2019\u00e9difice souffle des id\u00e9es, la troupe r\u00e9pond au quart de tour.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019implantation sur les bords du Loir n\u2019est pas un simple clin d\u2019\u0153il g\u00e9ographique. C\u2019est un pacte. Capter un infime scintillement sur l\u2019eau, le transposer dans une rotation de buste, amplifier cette sensation par un \u00e9clairage fr\u00e9missant : voil\u00e0 le circuit que le th\u00e9\u00e2tre autorise. Le <strong>Th\u00e9\u00e2tre de la Feuille Infinie<\/strong>, par sa configuration intime, favorise les micro-perceptions. Les spectateurs s\u2019installent pr\u00e8s, presque \u201cdans\u201d la pi\u00e8ce. \u00c0 ce degr\u00e9 de proximit\u00e9, chaque souffle devient narration, chaque regard s\u2019\u00e9paissit.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c9lise, notre spectatrice-fant\u00f4me, a d\u2019ailleurs son rite personnel : elle arrive t\u00f4t, fait un tour dehors, \u00e9coute le Loir, puis rentre en salle avec ce bruit d\u2019eau encore dans l\u2019oreille. Elle dit qu\u2019ainsi, le spectacle commence dehors. Une fois assise, elle rep\u00e8re les trajectoires possibles, les angles morts, les zones de surprise. \u00c0 la sortie, elle compare ses hypoth\u00e8ses aux chemins r\u00e9ellement emprunt\u00e9s par les danseurs. C\u2019est une petite science appliqu\u00e9e au plateau, un jeu d\u2019anticipation d\u00e9licieusement impermanent.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Scenographie_acoustique_et_lumieres_la_methode_Paillard\"><\/span>Sc\u00e9nographie, acoustique et lumi\u00e8res : la m\u00e9thode Paillard<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans un <strong>\u00e9v\u00e9nement culturel<\/strong> comme celui-ci, l\u2019infrastructure ne doit pas dominer le propos. Aux <strong>Moulins de Paillard<\/strong>, la r\u00e8gle semble \u00eatre la modestie ing\u00e9nieuse. Des sources lumineuses bas\u00e9es \u00e0 faible hauteur sculptent les silhouettes sans les \u201c\u00e9craser\u201d. Des rideaux semi-transparents cr\u00e9ent des plans, des \u00e9paisseurs qui accueillent les superpositions d\u2019images. Le son, lui, circule par nappes, alternant zones sciemment silencieuses et micro-sons secrets \u2014 un goutte-\u00e0-goutte transform\u00e9, un frottement textile, un souffle.<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Atouts acoustiques<\/strong> : r\u00e9verb\u00e9ration mesur\u00e9e, clart\u00e9 des timbres, localisation naturelle.<\/li><li><strong>Confort du public<\/strong> : jauge adapt\u00e9e, fauteuils proches du plateau, gradients de proximit\u00e9.<\/li><li><strong>Ambiances lumineuses<\/strong> : reflets mouvants, teintes aquatiques, humeurs du cr\u00e9puscule.<\/li><li><strong>\u00c9cosyst\u00e8me artistique<\/strong> : synergie avec expositions et r\u00e9sidences d\u2019<strong>arts visuels<\/strong>.<\/li><\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En marge, les \u00e9quipes du centre d\u2019art travaillent comme des passeurs. On croise un r\u00e9gisseur qui conna\u00eet le lieu comme sa poche, racontant comment tel pan de mur \u201caime\u201d tel spectre lumineux. On rencontre une m\u00e9diatrice qui invite le public \u00e0 nommer ce qu\u2019il ressent sans rechercher la \u201cbonne r\u00e9ponse\u201d. Cette horizontalit\u00e9, rare, tisse la r\u00e9putation de Paillard. Elle donne \u00e0 \u201c<strong>Babbling Brooke<\/strong>\u201d son socle : l\u2019assurance qu\u2019ici, la recherche n\u2019est pas un privil\u00e8ge, mais une hospitalit\u00e9.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le th\u00e9\u00e2tre n\u2019est pas un \u00e9crin, c\u2019est une co-auteur\u00b7ice. En sortir avec cette sensation pr\u00e9cise, c\u2019est comprendre combien le <strong>lieu patrimonial<\/strong> a transform\u00e9 le geste. \u00c0 Paillard, l\u2019espace se prononce, et la pi\u00e8ce r\u00e9pond : oui.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Ultime_representation_7_septembre_2025_16_h_guide_de_navigation_pour_un_Evenement_culturel_au_fil_du_Loir\"><\/span>Ultime repr\u00e9sentation 7 septembre 2025, 16 h : guide de navigation pour un \u00c9v\u00e9nement culturel au fil du Loir<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une derni\u00e8re fois, \u201c<strong>Babbling Brooke<\/strong>\u201d prend le large, avec une date claire \u2014 <strong>dimanche 7 septembre 2025 \u00e0 16 h<\/strong> \u2014 aux <strong>Moulins de Paillard<\/strong> \u00e0 <strong>Ponc\u00e9-sur-le-Loir<\/strong>. On aime l\u2019exactitude : elle installe un rendez-vous sans \u00e9quivoque. Mais comment vivre au mieux cette ultime vague\u2009? On pourrait dire : en arrivant t\u00f4t, en laissant le paysage imprimer ses reflets sur votre humeur, en vous autorisant un d\u00e9tour par le jardin avant de plonger dans la p\u00e9nombre. C\u2019est une exp\u00e9rience totalisante, d\u00e8s le premier virage sur la route qui descend vers le Loir.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pi\u00e8ce elle-m\u00eame est un <strong>\u00e9v\u00e9nement culturel<\/strong> \u00e0 deux vitesses. La premi\u00e8re, imm\u00e9diate, touche aux sens : sons diffus, textures, proximit\u00e9. La seconde, plus lente, s\u2019active apr\u00e8s coup : on rentre, on se sert un verre d\u2019eau, et soudain on bouge diff\u00e9remment en cuisine. La chor\u00e9graphie a d\u00e9pos\u00e9 un pli discret dans les gestes ordinaires. \u00c9lise raconte comment, la veille d\u2019une repr\u00e9sentation, elle lave la vaisselle en slalomant davantage, comme si sa cuisine devenait sc\u00e8ne. La danse a ses retours dans la vie, ses remous domestiques.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La date finale inscrit aussi la pi\u00e8ce dans une g\u00e9ographie culturelle. <strong>Ponc\u00e9-sur-le-Loir<\/strong> n\u2019est pas un d\u00e9cor de carte postale, c\u2019est une halte essentielle pour qui suit la <strong>sc\u00e8ne artistique fran\u00e7aise<\/strong> hors m\u00e9tropoles. Le trajet devient pr\u00e9ambule ; on passe par des villages qui regardent la vall\u00e9e, on ralentit, on s\u2019ajuste. On comprend alors la logique de cette <strong>performance contemporaine<\/strong> : elle se d\u00e9ploie \u00e0 son tempo, celui d\u2019un Loir patient, plus secret que spectaculaire.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Conseils_pratiques_et_signes_a_guetter\"><\/span>Conseils pratiques et signes \u00e0 guetter<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour ne rien perdre de cette ultime escale, on se m\u00e9nage des micro-rituels. Une respiration avant d\u2019entrer, un regard circulaire sur le plateau, la d\u00e9cision de ne pas photographier, pour \u201cboire\u201d la sc\u00e8ne sans filtre. Les trois interpr\u00e8tes se chargeront bien de produire des images mentales durables. Les signes \u00e0 guetter\u2009? Ces secondes o\u00f9 le temps semble se plier, quand les corps deviennent presque immobiles et que tout, paradoxalement, bouge davantage \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur.<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Arriver en avance<\/strong> : profiter du site, des expositions d\u2019<strong>arts visuels<\/strong>, du bruissement du Loir.<\/li><li><strong>Choisir sa place<\/strong> : proximit\u00e9 pour le d\u00e9tail, l\u00e9ger recul pour la composition.<\/li><li><strong>Observer les silences<\/strong> : ils sont aussi chor\u00e9graphi\u00e9s que les gestes.<\/li><li><strong>Rester apr\u00e8s<\/strong> : \u00e9changer avec l\u2019\u00e9quipe, prolonger le flux par la parole.<\/li><\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La rencontre de cl\u00f4ture, souvent tenue dans le foyer, est un moment privil\u00e9gi\u00e9. On y entend les r\u00e9cits de processus, les anecdotes de r\u00e9p\u00e9tition, les recettes d\u2019\u00e9clairage, parfois m\u00eame de petites confidences superstitieuses sur les \u201cjours o\u00f9 l\u2019eau refuie\u201d. C\u2019est l\u00e0 que l\u2019on mesure pleinement ce que le <strong>retour artistique<\/strong> de <strong>Shelly De Vito<\/strong> aura d\u00e9clench\u00e9 : une communaut\u00e9 qui parle la m\u00eame langue, celle de la curiosit\u00e9 bienveillante.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parce qu\u2019un dernier rendez-vous se savoure, on le pr\u00e9pare comme un d\u00e9part. Et lorsqu\u2019on repart, on garde cette sensation : quelque chose, dans notre mani\u00e8re d\u2019habiter le monde, a pris la densit\u00e9 de l\u2019eau.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"De_Ponce-sur-le-Loir_a_la_scene_artistique_francaise_ce_que_revele_Babbling_Brooke_du_renouveau_creatif\"><\/span>De Ponc\u00e9-sur-le-Loir \u00e0 la sc\u00e8ne artistique fran\u00e7aise : ce que r\u00e9v\u00e8le Babbling Brooke du renouveau cr\u00e9atif<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au-del\u00e0 de l\u2019\u00e9crin des <strong>Moulins de Paillard<\/strong>, \u201c<strong>Babbling Brooke<\/strong>\u201d dit quelque chose d\u2019une \u00e9poque. La <strong>performance contemporaine<\/strong> n\u2019a plus \u00e0 choisir entre exigence et accessibilit\u00e9 : elle fabrique un langage commun, celui du sensible intelligent. Le <strong>renouveau cr\u00e9atif<\/strong> ne se mesure pas au volume d\u2019innovations technologiques, mais \u00e0 la finesse d\u2019un regard capable de transformer une croyance intime en partage collectif. La pi\u00e8ce fonctionne comme un atelier public, o\u00f9 l\u2019on apprend \u00e0 nommer autrement : l\u2019\u00e9cume devient m\u00e9moire, le ruissellement prend la parole.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette grammaire trouve un \u00e9cho chez les jeunes artistes invit\u00e9s en r\u00e9sidence. Ils voient, dans le travail de <strong>Shelly De Vito<\/strong>, une mani\u00e8re de composer avec les contraintes du lieu. Plut\u00f4t que de forcer l\u2019espace, on le laisse modeler la pi\u00e8ce. C\u2019est une le\u00e7on d\u2019humilit\u00e9, mais aussi un geste strat\u00e9gique : dans une p\u00e9riode o\u00f9 l\u2019on r\u00e9\u00e9value l\u2019empreinte logistique des spectacles, cette sobri\u00e9t\u00e9 inventive s\u2019impose. On parle alors d\u2019\u201c\u00e9cologie dramaturgique\u201d, \u00e0 la fois \u00e9thique et esth\u00e9tique.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La diffusion du spectacle hors des grands circuits capitales-r\u00e9gions r\u00e9v\u00e8le une ambition politique douce : d\u00e9placer les centres d\u2019attention, tisser des publics, parier sur des territoires o\u00f9 l\u2019on peut \u00e9panouir un <strong>\u00e9v\u00e9nement culturel<\/strong> sur le temps long. Des ateliers sont organis\u00e9s, des classes viennent, des curieux reviennent. \u00c9lise s\u2019amuse de cette fid\u00e9lit\u00e9 : \u201cIci, on n\u2019est jamais perdus, on est juste \u00e0 contre-courant du bruit.\u201d<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Repercussions_inspirations_et_transmissions\"><\/span>R\u00e9percussions, inspirations et transmissions<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce que \u201c<strong>Babbling Brooke<\/strong>\u201d transmet tient dans une poign\u00e9e de principes simples que les jeunes cr\u00e9ateur\u00b7rices reprennent \u00e0 leur compte. D\u2019abord, la porosit\u00e9 entre disciplines : un film de reflets peut valoir autant qu\u2019un solo bien cisel\u00e9, si le dialogue a lieu. Ensuite, la centralit\u00e9 du regard spectateur : construire des situations o\u00f9 l\u2019\u0153il invente, plut\u00f4t que des vitrines o\u00f9 l\u2019\u0153il consomme. Enfin, l\u2019id\u00e9e qu\u2019un <strong>lieu patrimonial<\/strong> n\u2019est pas un mus\u00e9e, mais une mati\u00e8re chaude pour la cr\u00e9ation.<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Porosit\u00e9 des arts<\/strong> : danse, son, image, \u00e9criture, tout circule.<\/li><li><strong>Responsabilit\u00e9 du regard<\/strong> : spectateur co-auteur, non simple t\u00e9moin.<\/li><li><strong>\u00c9cologie de production<\/strong> : sobri\u00e9t\u00e9 choisie, pr\u00e9cision accrue.<\/li><li><strong>Temporalit\u00e9 \u00e9largie<\/strong> : penser en cycles, suivre les retours.<\/li><\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au fil des retours critiques, la pi\u00e8ce est per\u00e7ue comme un signal : des esth\u00e9tiques patientes s\u00e9duisent, des fables essentielles trouvent leur public. On chuchote que le <strong>retour artistique<\/strong> de De Vito pourrait encourager d\u2019autres <strong>sc\u00e8nes artistiques fran\u00e7aises<\/strong> \u00e0 rouvrir des r\u00e9pertoires dormants, \u00e0 les relire \u00e0 l\u2019aune de notre pr\u00e9sent. Peut-\u00eatre est-ce cela, le flux de \u201c<strong>Babbling Brooke<\/strong>\u201d : une invitation \u00e0 redonner de la profondeur \u00e0 la surface.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Prendre_soin_du_vivant_quand_Babbling_Brooke_conjugue_arts_visuels_et_geste_choregraphique\"><\/span>Prendre soin du vivant : quand Babbling Brooke conjugue arts visuels et geste chor\u00e9graphique<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u201c<strong>Babbling Brooke<\/strong>\u201d s\u2019ouvre sur un pari touchant : et si l\u2019art pouvait \u201cr\u00e9parer le tissu du vivant\u201d\u2009? La formule, risqu\u00e9e, est mani\u00e9e avec tact. Plut\u00f4t que d\u2019illustrer, la pi\u00e8ce exp\u00e9rimente. Une hypoth\u00e8se pseudo-scientifique \u2014 la femme qui croit devenir eau \u2014 en devient une m\u00e9taphore op\u00e9rante pour penser nos interd\u00e9pendances. Le plateau, ici, est un laboratoire : on teste les variations de densit\u00e9, on observe comment un groupe absorbe un choc, on \u00e9coute comment une vibration se propage. Les <strong>arts visuels<\/strong> ne commentent pas la danse\u2009; ils l\u2019hydratent, la veloutent, lui offrent une nappe o\u00f9 se r\u00e9pandre.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On retrouve ainsi des installations discr\u00e8tes : un filet de lumi\u00e8re qui s\u2019\u00e9paissit en bordure, une image projet\u00e9e qui n\u2019est visible qu\u2019\u00e0 angle oblique, un tissu dont la transparence varie selon la distance. Les interpr\u00e8tes, complices, composent avec ces strates. \u00c0 un moment, <strong>Pauline Bigot<\/strong> passe la main dans un faisceau et la fait \u201cbu\u00e9e\u201d. \u00c0 un autre, <strong>J\u00e9r\u00f4me Andrieu<\/strong> provoque une ombre qui le d\u00e9passe, comme un double liquide. <strong>C\u00e9cile Loyer<\/strong> joue, elle, d\u2019une lenteur qui aspire l\u2019espace, cr\u00e9ant un effet de mar\u00e9e basse o\u00f9 tout semble plus lourd.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le public, loin d\u2019\u00eatre perdu, acquiert des outils de lecture. On comprend que la pi\u00e8ce n\u2019oppose pas le rationnel et le sensible\u2009; elle les confond jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on ne sache plus distinguer un raisonnement d\u2019une sensation. C\u2019est une mani\u00e8re d\u2019apprendre \u2014 par le corps \u2014 que notre monde tient \u00e0 des \u00e9quilibres d\u00e9licats. L\u2019ultime repr\u00e9sentation, fix\u00e9e au <strong>7 septembre 2025 \u00e0 16 h<\/strong>, n\u2019est pas un clap de fin, mais le moment o\u00f9 l\u2019exp\u00e9rience se d\u00e9pose d\u00e9finitivement au <strong>Th\u00e9\u00e2tre de la Feuille Infinie<\/strong>.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Heritages_et_transmissions_concretes\"><\/span>H\u00e9ritages et transmissions concr\u00e8tes<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On mesure l\u2019h\u00e9ritage d\u2019une pi\u00e8ce \u00e0 ses r\u00e9emplois. Ici, ce seront des ateliers organis\u00e9s au sein de classes ou de groupes r\u00e9unis pour l\u2019occasion : comment construire une petite chor\u00e9graphie \u00e0 partir d\u2019un verre d\u2019eau, comment \u00e9couter une pi\u00e8ce en comptant les \u201czones de calme\u201d, comment dessiner une carte de circulation des regards. Cette bo\u00eete \u00e0 outils circulera bien au-del\u00e0 de <strong>Ponc\u00e9-sur-le-Loir<\/strong>, comme une rumeur apaisante dans la <strong>sc\u00e8ne artistique fran\u00e7aise<\/strong>.<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Gestes-ressources<\/strong> : la suspension, le d\u00e9versement, l\u2019absorption.<\/li><li><strong>Outils visuels<\/strong> : filtres, reflets, transparences gradu\u00e9es.<\/li><li><strong>\u00c9coute<\/strong> : silences actifs, souffles, micro-sonorit\u00e9s.<\/li><li><strong>Transmission<\/strong> : ateliers, carnets de gestes, rencontres publiques.<\/li><\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour les curatrices et programmateurs, la pi\u00e8ce s\u2019inscrit comme un mod\u00e8le de faisabilit\u00e9 sensible : peu d\u2019objets, beaucoup de pr\u00e9sence, un haut niveau de pr\u00e9cision. \u00c0 l\u2019heure de repenser nos modes de production, ce geste sobre et intense laisse une trace durable. Si l\u2019on repart de Paillard avec l\u2019impression d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 travers\u00e9\u00b7e, c\u2019est peut-\u00eatre que la pi\u00e8ce nous a rappel\u00e9 l\u2019\u00e9vidence : nous sommes, nous aussi, un peu d\u2019eau en mouvement.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Infos-cl\u00e9s<\/th>\n<th>Valeur<\/th>\n<th>Pourquoi c\u2019est essentiel<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Date et heure<\/strong><\/td>\n<td>Dimanche 7 septembre 2025, 16 h<\/td>\n<td>Rendez-vous unique pour l\u2019ultime repr\u00e9sentation<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Lieu<\/strong><\/td>\n<td>Moulins de Paillard, Ponc\u00e9-sur-le-Loir<\/td>\n<td>Un <strong>lieu patrimonial<\/strong> qui co\u00e9crit la pi\u00e8ce<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Auteur\u00b7rice<\/strong><\/td>\n<td>Shelly De Vito<\/td>\n<td>Un <strong>retour artistique<\/strong> marquant apr\u00e8s 15+ ans<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Interpr\u00e8tes<\/strong><\/td>\n<td>Pauline Bigot, C\u00e9cile Loyer, J\u00e9r\u00f4me Andrieu<\/td>\n<td>Un trio organique, au c\u0153ur du <strong>renouveau cr\u00e9atif<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Nature<\/strong><\/td>\n<td>Performance contemporaine<\/td>\n<td>Exp\u00e9rience sensible et pens\u00e9e, ancr\u00e9e dans les <strong>arts visuels<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Questions_frequentes\"><\/span>Questions fr\u00e9quentes<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>O\u00f9 a lieu l\u2019ultime repr\u00e9sentation de Babbling Brooke\u2009?<\/strong><br>Au <strong>Th\u00e9\u00e2tre de la Feuille Infinie<\/strong>, au sein des <strong>Moulins de Paillard<\/strong>, \u00e0 <strong>Ponc\u00e9-sur-le-Loir<\/strong>, sur les bords du Loir.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Qui signe la mise en sc\u00e8ne et qui interpr\u00e8te la pi\u00e8ce\u2009?<\/strong><br>La mise en sc\u00e8ne est de <strong>Shelly De Vito<\/strong>. Sur sc\u00e8ne : <strong>Pauline Bigot<\/strong>, <strong>C\u00e9cile Loyer<\/strong> et <strong>J\u00e9r\u00f4me Andrieu<\/strong>.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Pourquoi parle-t-on d\u2019un \u201cretour artistique\u201d\u2009?<\/strong><br>Parce que <strong>Shelly De Vito<\/strong> revient \u00e0 la mise en sc\u00e8ne apr\u00e8s plus de quinze ans d\u2019absence, proposant un <strong>renouveau cr\u00e9atif<\/strong> au sein de la <strong>sc\u00e8ne artistique fran\u00e7aise<\/strong>.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Quelle est la th\u00e9matique principale de la performance\u2009?<\/strong><br>La croyance d\u2019une femme persuad\u00e9e de se transformer en eau, trait\u00e9e comme une <strong>performance contemporaine<\/strong> m\u00ealant recherche sensible et gestes inspir\u00e9s des <strong>arts visuels<\/strong>.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La pi\u00e8ce convient-elle \u00e0 un public non initi\u00e9 \u00e0 la danse\u2009?<\/strong><br>Oui. L\u2019exp\u00e9rience est immersive, accessible, et le <strong>lieu patrimonial<\/strong> des Moulins de Paillard facilite une rencontre chaleureuse entre \u0153uvres et publics.<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Babbling Brooke revient se lover le long du Loir, port\u00e9e par un retour artistique que beaucoup esp\u00e9raient sans oser y croire. 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