{"id":285,"date":"2025-11-16T07:20:26","date_gmt":"2025-11-16T07:20:26","guid":{"rendered":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/memoire-fille-theatre-abbesses\/"},"modified":"2025-11-16T07:20:26","modified_gmt":"2025-11-16T07:20:26","slug":"memoire-fille-theatre-abbesses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/memoire-fille-theatre-abbesses\/","title":{"rendered":"M\u00e9moire de fille : une adaptation contemporaine captivante au Th\u00e9\u00e2tre des Abbesses"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la p\u00e9nombre attentive du <strong>Th\u00e9\u00e2tre des Abbesses<\/strong>, une voix se l\u00e8ve, s\u2019embrase et tremble \u00e0 la fois : <strong>M\u00e9moire de fille<\/strong> revient comme une vague qui refuse de se retirer. Adapt\u00e9e de l\u2019\u0153uvre autobiographique d\u2019<strong>Annie Ernaux<\/strong> par <strong>Sarah Kohm<\/strong>, <strong>Veronika Bachfischer<\/strong> et <strong>\u00c9lisa Leroy<\/strong>, la <strong>cr\u00e9ation th\u00e9\u00e2trale<\/strong> convoque les ann\u00e9es 1958 et le pr\u00e9sent sur un m\u00eame plateau. Seule, <strong>Suzanne de Baecque<\/strong> d\u00e9plie un r\u00e9cit charnel, intellectuel et politique o\u00f9 la m\u00e9moire, le d\u00e9sir et le <strong>drame moderne<\/strong> se disputent le silence. La <strong>pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre<\/strong> se joue du 26 novembre au 6 d\u00e9cembre 2025, comme une balise dans la saison de la <strong>sc\u00e8ne parisienne<\/strong>, et propose au public un rapport direct au r\u00e9el, entre <strong>spectacle vivant<\/strong> et litt\u00e9rature.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">N\u00e9e \u00e0 Berlin \u00e0 la Schaub\u00fchne, l\u2019<strong>adaptation contemporaine<\/strong> s\u2019est gliss\u00e9e vers Paris, port\u00e9e par une \u00e9quipe qui travaille la porosit\u00e9 entre la page, le corps et le regard. En modulant les niveaux de r\u00e9cit, la mise en sc\u00e8ne glisse d\u2019Annie Ernaux aujourd\u2019hui \u00e0 la jeune Annie Duchesne d\u2019hier, avec une acuit\u00e9 qui interroge le consentement, la domination et ce que veut dire \u201cse souvenir\u201d par la sc\u00e8ne. Le dispositif, entre <strong>narration visuelle<\/strong> et adresse frontale, renvoie le spectateur \u00e0 son propre regard : selon vous, que reste-t-il des \u00e9v\u00e9nements marquants quand l\u2019\u00e9clairage se rallume et que la salle se vide?<\/p>\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_85 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Sommaire<\/p>\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/memoire-fille-theatre-abbesses\/#MEMOIRE_DE_FILLE_%E2%80%94_ADAPTATION_CONTEMPORAINE_AU_THEATRE_DES_ABBESSES_LE_RECIT_A_VIF\" >M\u00c9MOIRE DE FILLE \u2014 ADAPTATION CONTEMPORAINE AU TH\u00c9\u00c2TRE DES ABBESSES : LE R\u00c9CIT \u00c0 VIF<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/memoire-fille-theatre-abbesses\/#Une_exploration_du_corps_et_de_la_voix\" >Une exploration du corps et de la voix<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/memoire-fille-theatre-abbesses\/#SCENOGRAPHIE_ET_NARRATION_VISUELLE_%E2%80%94_MIROIRS_LUMIERES_REGARDS\" >SC\u00c9NOGRAPHIE ET NARRATION VISUELLE \u2014 MIROIRS, LUMI\u00c8RES, REGARDS<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/memoire-fille-theatre-abbesses\/#Le_regard_instrument_de_jeu\" >Le regard, instrument de jeu<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/memoire-fille-theatre-abbesses\/#DU_ROMAN_A_LA_PIECE_DE_THEATRE_%E2%80%94_TRANSMISSION_MEMOIRE_ET_DRAME_MODERNE_SUR_LA_SCENE_PARISIENNE\" >DU ROMAN \u00c0 LA PI\u00c8CE DE TH\u00c9\u00c2TRE \u2014 TRANSMISSION, M\u00c9MOIRE ET DRAME MODERNE SUR LA SC\u00c8NE PARISIENNE<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-6\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/memoire-fille-theatre-abbesses\/#Deux_niveaux_narratifs_une_ecoute_unique\" >Deux niveaux narratifs, une \u00e9coute unique<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-7\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/memoire-fille-theatre-abbesses\/#RECEPTION_ETHIQUE_DU_REGARD_ET_PLACE_DU_CORPS_DANS_LE_SPECTACLE_VIVANT\" >R\u00c9CEPTION, \u00c9THIQUE DU REGARD ET PLACE DU CORPS DANS LE SPECTACLE VIVANT<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-8\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/memoire-fille-theatre-abbesses\/#Consentement_domination_desir_une_triangulation_scenique\" >Consentement, domination, d\u00e9sir : une triangulation sc\u00e9nique<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-9\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/memoire-fille-theatre-abbesses\/#GUIDES_PRATIQUES_ET_PARCOURS_SPECTATEUR_%E2%80%94_PREPARER_SA_SOIREE_AUX_ABBESSES\" >GUIDES PRATIQUES ET PARCOURS SPECTATEUR \u2014 PR\u00c9PARER SA SOIR\u00c9E AUX ABBESSES<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-10\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/memoire-fille-theatre-abbesses\/#Itineraires_et_petites_strategies_de_spectateur\" >Itin\u00e9raires et petites strat\u00e9gies de spectateur<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-11\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/memoire-fille-theatre-abbesses\/#Ou_et_quand_voir_Memoire_de_fille\" >O\u00f9 et quand voir M\u00e9moire de fille ?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-12\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/memoire-fille-theatre-abbesses\/#Qui_porte_le_texte_sur_scene\" >Qui porte le texte sur sc\u00e8ne ?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-13\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/memoire-fille-theatre-abbesses\/#Qui_signe_la_mise_en_scene_et_la_dramaturgie\" >Qui signe la mise en sc\u00e8ne et la dramaturgie ?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-14\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/memoire-fille-theatre-abbesses\/#Quel_est_lapport_de_la_scenographie\" >Quel est l\u2019apport de la sc\u00e9nographie ?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-15\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/memoire-fille-theatre-abbesses\/#A_qui_sadresse_ce_drame_moderne\" >\u00c0 qui s\u2019adresse ce drame moderne ?<\/a><\/li><\/ul><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"MEMOIRE_DE_FILLE_%E2%80%94_ADAPTATION_CONTEMPORAINE_AU_THEATRE_DES_ABBESSES_LE_RECIT_A_VIF\"><\/span>M\u00c9MOIRE DE FILLE \u2014 ADAPTATION CONTEMPORAINE AU TH\u00c9\u00c2TRE DES ABBESSES : LE R\u00c9CIT \u00c0 VIF<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui frappe d\u2019embl\u00e9e, c\u2019est la mani\u00e8re dont <strong>Suzanne de Baecque<\/strong> tisse une ligne de cr\u00eate entre la confession et l\u2019analyse. La com\u00e9dienne, seule en sc\u00e8ne, donne corps \u00e0 l\u2019\u00e9paisseur d\u2019un souvenir qui r\u00e9siste \u00e0 la lin\u00e9arit\u00e9. La parole ne cherche pas l\u2019effet facile : elle griffe, caresse, h\u00e9site, puis tranche. Cette dynamique est le fruit d\u2019une direction d\u2019actrice millim\u00e9tr\u00e9e, pens\u00e9e par <strong>Sarah Kohm<\/strong>, <strong>Veronika Bachfischer<\/strong> et <strong>\u00c9lisa Leroy<\/strong>, o\u00f9 le geste na\u00eet du texte et le texte r\u00e9invente le geste. La <strong>pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre<\/strong> campe d\u2019abord un paysage mental, puis le peuple de zones de friction : comment se construit un \u201cje\u201d lorsque le corps a servi de territoire \u00e0 l\u2019autre?<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le choix de l\u2019<strong>adaptation contemporaine<\/strong> ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 l\u2019actualisation du propos. Il s\u2019incarne dans une \u00e9criture sc\u00e9nique qui alterne adresse au public et retour sur soi. Les ruptures de rythme, les silences, la circulation entre les temps \u2014 Ernaux qui se relit, la jeune Annie qui se d\u00e9couvre \u2014 composent une dramaturgie o\u00f9 l\u2019intime devient politique. On sort de la salle avec l\u2019impression d\u2019avoir travers\u00e9 un paysage sonore et sensible, guid\u00e9 par une actrice qui ne se prot\u00e8ge pas du texte, mais le laisse la traverser.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Une_exploration_du_corps_et_de_la_voix\"><\/span>Une exploration du corps et de la voix<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au c\u0153ur de ce <strong>spectacle vivant<\/strong>, la voix prend des allures de sismographe. La respiration, les variations d\u2019intensit\u00e9 et la diction participent \u00e0 une musique de la m\u00e9moire. Le corps, lui, oscille entre retenue et d\u00e9bordement, comme si chaque geste \u00e9valuait le risque d\u2019appara\u00eetre. Cette architecture sensible fait surgir des questions cruciales : qu\u2019est-ce qu\u2019un r\u00e9cit d\u2019initiation lorsque l\u2019initiation a la couleur de la violence? Que peut la sc\u00e8ne contre l\u2019oubli \u2014 ou mieux, pour une forme de souvenir lucide?<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Pr\u00e9sence physique<\/strong> : une \u00e9nergie contenue, puis lib\u00e9r\u00e9e, pour marquer les bascules d\u2019\u00e9poque.<\/li><li><strong>Adresse frontale<\/strong> : briser le quatri\u00e8me mur sans posture didactique.<\/li><li><strong>\u00c9conomie de signes<\/strong> : peu d\u2019objets, un paysage mental net.<\/li><li><strong>Temporalit\u00e9s crois\u00e9es<\/strong> : la femme qui \u00e9crit et la jeune fille qui vit, c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te.<\/li><\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour replacer ce geste dans une carte plus large du th\u00e9\u00e2tre actuel, on peut regarder d\u2019autres propositions audacieuses de la saison. La vitalit\u00e9 du r\u00e9pertoire contemporain se lit par exemple dans <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/spectacles-danse-theatre-novembre\/\">cette s\u00e9lection danse &amp; th\u00e9\u00e2tre en novembre<\/a>, qui montre combien l\u2019<strong>art dramatique<\/strong> multiplie les formes et zones d\u2019attaque. Cette diversit\u00e9 donne une profondeur de champ \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement des Abbesses.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>\u00c9l\u00e9ment<\/th>\n<th>D\u00e9tail<\/th>\n<th>Impact sc\u00e9nique<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Dates<\/td>\n<td><strong>26 novembre \u2013 6 d\u00e9cembre 2025<\/strong><\/td>\n<td>Balise de saison sur la <strong>sc\u00e8ne parisienne<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Interpr\u00e8te<\/td>\n<td><strong>Suzanne de Baecque<\/strong><\/td>\n<td>Pr\u00e9sence organique et pr\u00e9cision vocale<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Metteuses en sc\u00e8ne<\/td>\n<td><strong>Sarah Kohm<\/strong>, <strong>Veronika Bachfischer<\/strong>, <strong>\u00c9lisa Leroy<\/strong><\/td>\n<td>\u00c9quilibre entre incarnation et analyse<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Origine<\/td>\n<td>Cr\u00e9ation initiale \u00e0 la <strong>Schaub\u00fchne (Berlin)<\/strong><\/td>\n<td>Langage sc\u00e9nique transnational<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Genre<\/td>\n<td><strong>drame moderne<\/strong><\/td>\n<td>Intime politique, tension du d\u00e9sir et du regard<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour un \u00e9clairage compl\u00e9mentaire sur les \u00e9critures au plateau, la curiosit\u00e9 peut vous conduire vers des formes cousines, de l\u2019<a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/adieu-cerisaie-theatre-contemporain\/\">exercice de r\u00e9\u00e9criture contemporaine<\/a> aux variations d\u2019un <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/voyage-musical-theatre-funambule\/\">voyage musical au Funambule<\/a>, o\u00f9 la parole et le son s\u2019invitent mutuellement.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette premi\u00e8re immersion plante une question pivot qui irrigue la suite : comment la sc\u00e8ne peut-elle faire entendre un pass\u00e9 sans le figer, et comment le spectateur s\u2019inscrit-il dans cette \u00e9coute active?<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"SCENOGRAPHIE_ET_NARRATION_VISUELLE_%E2%80%94_MIROIRS_LUMIERES_REGARDS\"><\/span>SC\u00c9NOGRAPHIE ET NARRATION VISUELLE \u2014 MIROIRS, LUMI\u00c8RES, REGARDS<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans <strong>M\u00e9moire de fille<\/strong>, la <strong>narration visuelle<\/strong> n\u2019est pas un \u00e9crin, c\u2019est un deuxi\u00e8me texte. La sc\u00e9nographie imagin\u00e9e par <strong>Lena Marie Emrich<\/strong> construit un espace modulable fait de parois r\u00e9fl\u00e9chissantes, de transparences et de zones de fuite. Ces miroirs n\u2019invitent pas \u00e0 se contempler, mais \u00e0 se d\u00e9doubler : la figure d\u2019Annie glisse d\u2019une surface \u00e0 l\u2019autre, et c\u2019est le regard du public qui fait la mise au point. L\u2019\u00e9clairage de <strong>Thibault Vincent<\/strong> creuse des sillons lumineux, comme si la m\u00e9moire \u00e9tait un relief qu\u2019on d\u00e9couvre en oblique, tandis que la musique de <strong>Leonardo Mackridge<\/strong> soutient des respirations plus visc\u00e9rales.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les costumes, \u00e9galement sign\u00e9s <strong>Lena Marie Emrich<\/strong>, \u00e9pousent ce principe. Ils n\u2019assignent pas l\u2019actrice \u00e0 une \u00e9poque fixe, mais ouvrent des strates : un ourlet, une mati\u00e8re, un pli suffisent \u00e0 d\u00e9placer la temporalit\u00e9. Les transitions visuelles, discr\u00e8tes et d\u00e9cisives, sugg\u00e8rent le passage d\u2019une conscience \u00e0 l\u2019autre. On comprend alors que cette sc\u00e9nographie ne \u201cillustre\u201d pas; elle discute, contredit parfois, et relance le sens. \u00c0 la crois\u00e9e de l\u2019<strong>art dramatique<\/strong> et des arts visuels, le plateau devient une zone d\u2019essai pour la m\u00e9moire en acte.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Le_regard_instrument_de_jeu\"><\/span>Le regard, instrument de jeu<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le regard occupe une place dramaturgique centrale. Les \u00e9crans-miroirs d\u00e9multiplient l\u2019axe spectateur\/actrice et mettent en crise l\u2019id\u00e9e de point de vue unique. On ne voit pas seulement une histoire se d\u00e9rouler : on voit l\u2019histoire produire de la vision. C\u2019est particuli\u00e8rement parlant quand la parole creuse l\u2019\u00e9cart entre ce que la jeune Annie croit vivre et ce que la femme qu\u2019elle deviendra en dira. Ici, la lumi\u00e8re calcule des angles pr\u00e9cis, cr\u00e9ant ces zones ambivalentes o\u00f9 le visage appara\u00eet et dispara\u00eet en une seule seconde.<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Miroirs<\/strong> : dupliquent le corps, interrogent l\u2019auto-perception.<\/li><li><strong>Transparences<\/strong> : invitent \u00e0 passer \u201cau travers\u201d du r\u00e9cit, \u00e0 voir l\u2019envers.<\/li><li><strong>\u00c9clairage<\/strong> : dessine la topographie mentale de la m\u00e9moire.<\/li><li><strong>Musique<\/strong> : pulses discrets, battement int\u00e9rieur du texte.<\/li><\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce souci de la forme renvoie \u00e0 une tendance plus large rep\u00e9rable dans de nombreux th\u00e9\u00e2tres, qu\u2019ils soient parisiens ou r\u00e9gionaux. On peut retrouver des approches sc\u00e9niques exigeantes et singuli\u00e8res du c\u00f4t\u00e9 du <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/couvent-soeur-joconde-theatre\/\">Couvent de S\u0153ur Joconde<\/a>, ou en observant des formats atypiques rep\u00e9r\u00e9s \u00e0 <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/par-bout-nez-theatre-metz\/\">Metz avec Par Bout du Nez<\/a>. Autant de jalons qui r\u00e9v\u00e8lent un go\u00fbt croissant pour des dispositifs qui fabriquent le sens autant que le texte.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Composant sc\u00e9nique<\/th>\n<th>Artisan<\/th>\n<th>Fonction dramaturgique<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Miroirs et \u00e9crans<\/td>\n<td><strong>Lena Marie Emrich<\/strong><\/td>\n<td>D\u00e9placement du point de vue, d\u00e9doublement<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lumi\u00e8res<\/td>\n<td><strong>Thibault Vincent<\/strong><\/td>\n<td>Modulation des strates temporelles<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Musique<\/td>\n<td><strong>Leonardo Mackridge<\/strong><\/td>\n<td>Souffle int\u00e9rieur, tension sous-jacente<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Costumes<\/td>\n<td><strong>Lena Marie Emrich<\/strong><\/td>\n<td>Ambivalence d\u2019\u00e9poques, mobilit\u00e9 des signes<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Dramaturgie<\/td>\n<td><strong>\u00c9lisa Leroy<\/strong><\/td>\n<td>Articulation entre v\u00e9cu et \u00e9criture<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le r\u00e9sultat est un langage sc\u00e9nique qui rend la m\u00e9moire visible sans la figer. La forme ne surplombe jamais le fond; elle l\u2019augmente, le contrarie parfois, et c\u2019est ce frottement qui produit l\u2019\u00e9motion durable.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"DU_ROMAN_A_LA_PIECE_DE_THEATRE_%E2%80%94_TRANSMISSION_MEMOIRE_ET_DRAME_MODERNE_SUR_LA_SCENE_PARISIENNE\"><\/span>DU ROMAN \u00c0 LA PI\u00c8CE DE TH\u00c9\u00c2TRE \u2014 TRANSMISSION, M\u00c9MOIRE ET DRAME MODERNE SUR LA SC\u00c8NE PARISIENNE<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Adapter Ernaux, c\u2019est accepter une contrainte d\u00e9licieuse : la prose ne demande pas d\u2019\u00eatre \u201cjou\u00e9e\u201d mais \u00e9prouv\u00e9e. La force de cette <strong>cr\u00e9ation th\u00e9\u00e2trale<\/strong> est d\u2019orchestrer deux lignes narratives. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, l\u2019\u00e9crivain qui relit et pr\u00e9cise; de l\u2019autre, la jeune fille qui vit et ne comprend pas encore. La sc\u00e8ne fabrique leur co-pr\u00e9sence sans les confondre. On ne \u201creconstitue\u201d pas 1958; on l\u2019ouvre, on le met en situation d\u2019\u00eatre redit, r\u00e9-entendu, re-senti.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce dialogue met en crise les r\u00e9cits d\u2019initiation classiques. L\u2019h\u00e9ro\u00efne ne \u201cgrandit\u201d pas selon une courbe triomphante, mais apprend \u00e0 nommer, \u00e0 cadrer, \u00e0 r\u00e9sister. C\u2019est l\u00e0 que la sc\u00e8ne rejoint l\u2019histoire litt\u00e9raire : de Mlle de La Seigli\u00e8re aux relectures d\u2019aujourd\u2019hui, la tradition des adaptations a toujours \u00e9t\u00e9 une mani\u00e8re de nourrir le pr\u00e9sent, comme le rappelle la m\u00e9moire de la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise. Ici, Ernaux ne devient pas personnage, elle devient m\u00e9thode de lecture de soi par la sc\u00e8ne.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Deux_niveaux_narratifs_une_ecoute_unique\"><\/span>Deux niveaux narratifs, une \u00e9coute unique<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La partition crois\u00e9e a des effets puissants. Quand la femme analyse, la jeune fille respire; quand la jeune fille se cogne, la femme r\u00e9fl\u00e9chit. Ce va-et-vient est une p\u00e9dagogie sensible de la m\u00e9moire. Il nous apprend que ce qui a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu ne cesse pas d\u2019advenir : cela travaille, cela demande un langage. Et c\u2019est peut-\u00eatre l\u2019une des promesses les plus vitales du th\u00e9\u00e2tre : rendre un langage disponible l\u00e0 o\u00f9 les mots manquaient.<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Niveau \u201cpr\u00e9sent\u201d<\/strong> : Ernaux qui cherche une forme juste pour dire.<\/li><li><strong>Niveau \u201cpass\u00e9\u201d<\/strong> : Annie Duchesne qui traverse l\u2019\u00e9t\u00e9 1958.<\/li><li><strong>Zone d\u2019ind\u00e9cision<\/strong> : moments o\u00f9 les temporalit\u00e9s se contaminent.<\/li><li><strong>Effet spectateur<\/strong> : on entend et on voit des couches de sens simultan\u00e9es.<\/li><\/ul>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Niveau<\/th>\n<th>Temps<\/th>\n<th>Objectif sc\u00e9nique<\/th>\n<th>Effet<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\u00c9crivaine<\/td>\n<td>Pr\u00e9sent de l\u2019analyse<\/td>\n<td>Nommer, cadrer, transmettre<\/td>\n<td>Clart\u00e9 critique, distance fertile<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Jeune Annie<\/td>\n<td>\u00c9t\u00e9 1958<\/td>\n<td>Subir, d\u00e9sirer, s\u2019\u00e9garer<\/td>\n<td>Immersion sensorielle, empathie<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Plateau<\/td>\n<td>Temps du <strong>spectacle vivant<\/strong><\/td>\n<td>Faire coexister sans fusionner<\/td>\n<td>Tension productive, \u00e9motion<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour \u00e9largir le paysage, on peut observer comment d\u2019autres maisons irriguent cette r\u00e9flexion sur la m\u00e9moire et la pr\u00e9sence. La sc\u00e8ne ind\u00e9pendante, du <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-contemporain-arnay\/\">th\u00e9\u00e2tre contemporain \u00e0 Arnay<\/a> aux \u00e9critures plurielles de <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-montrevel-cheveu-bleu\/\">Montrevel avec Cheveu Bleu<\/a>, prouve que les passerelles entre roman et plateau ne cessent de se r\u00e9inventer. Le public y apprend une grammaire du regard utile pour accueillir Ernaux aux Abbesses.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette adaptation r\u00e9ussit parce qu\u2019elle ne \u201cmontre\u201d pas un pass\u00e9; elle en fabrique les conditions d\u2019\u00e9coute, et nous engage \u00e0 en \u00eatre les t\u00e9moins actifs, l\u00e0, maintenant.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"RECEPTION_ETHIQUE_DU_REGARD_ET_PLACE_DU_CORPS_DANS_LE_SPECTACLE_VIVANT\"><\/span>R\u00c9CEPTION, \u00c9THIQUE DU REGARD ET PLACE DU CORPS DANS LE SPECTACLE VIVANT<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand Claire, spectatrice r\u00e9guli\u00e8re des Abbesses, raconte sa soir\u00e9e, elle parle d\u2019un plateau \u201cqui ne la l\u00e2che pas\u201d. Elle \u00e9voque une sensation rare : \u00eatre invit\u00e9e \u00e0 regarder sans se sentir voyeuriste. C\u2019est l\u00e0 une prouesse d\u2019<strong>art dramatique<\/strong>, car <strong>M\u00e9moire de fille<\/strong> touche aux zones sensibles du d\u00e9sir, du consentement et de l\u2019emprise. Le partage s\u2019\u00e9tablit par la pr\u00e9cision des signes et le refus de la complaisance. L\u2019actrice, la mise en sc\u00e8ne et la salle se tiennent dans un pacte lucide : on va nommer sans spectacle, montrer sans f\u00e9tichiser, \u00e9couter sans confondre empathie et approbation.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce pacte tient gr\u00e2ce \u00e0 une grammaire du regard. Les angles de lumi\u00e8re cadrent, les miroirs d\u00e9jouent l\u2019id\u00e9e d\u2019un point de vue souverain, et la musique rappelle que le corps a sa m\u00e9moire propre. On peut mesurer la justesse de ce langage en le confrontant \u00e0 d\u2019autres \u00e9critures. Du c\u00f4t\u00e9 de Nancy, certaines cr\u00e9ations interrogent elles aussi ce que signifie montrer la vuln\u00e9rabilit\u00e9 d\u2019un \u00eatre face au groupe, \u00e0 l\u2019image de <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/decouverte-fauves-nancy\/\">D\u00e9couverte Les Fauves<\/a>. La r\u00e9sonance est frappante : partout, on cherche \u00e0 prot\u00e9ger l\u2019objet regard\u00e9 sans l\u2019\u00e9dulcorer.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Consentement_domination_desir_une_triangulation_scenique\"><\/span>Consentement, domination, d\u00e9sir : une triangulation sc\u00e9nique<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La structure du spectacle \u00e9tire ce triangle. L\u2019axe du consentement n\u2019est pas trait\u00e9 comme un tribunal post\u00e9rieur; il est \u00e9prouv\u00e9 dans le corps de l\u2019actrice. Le vecteur de domination appara\u00eet et dispara\u00eet, laisse des traces. Le d\u00e9sir, lui, n\u2019est pas diabolis\u00e9; il est replac\u00e9 dans un r\u00e9gime de langage : que pouvait-on dire en 1958? Que peut-on dire aujourd\u2019hui, sur sc\u00e8ne, face \u00e0 face?<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Consentement<\/strong> : une affaire de langage autant que de situations.<\/li><li><strong>Domination<\/strong> : repr\u00e9sent\u00e9e par le cadre, pas par la complaisance.<\/li><li><strong>D\u00e9sir<\/strong> : reconfigur\u00e9 par l\u2019analyse et l\u2019incarnation.<\/li><li><strong>Langage<\/strong> : outil de r\u00e9paration et de transmission.<\/li><\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le public n\u2019est pas un simple r\u00e9cepteur : il devient partenaire d\u2019\u00e9coute. Pour nourrir cette posture, on peut jouer les ricochets d\u2019une salle \u00e0 l\u2019autre. \u00c0 Paris comme ailleurs, les programmations proposent des voies d\u2019acc\u00e8s vari\u00e9es : un d\u00e9tour par l\u2019ironie, par le musical, ou par le minimalisme. On le voit dans un <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/fabrice-guy-opera-rock-pontarlier\/\">op\u00e9ra rock \u00e0 Pontarlier<\/a> qui questionne autrement la fabrique du sentiment, ou dans un <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/chat-beinheim-theatre\/\">spectacle \u00e0 Beinheim<\/a> qui place la jeune parole au centre.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Th\u00e8me<\/th>\n<th>Traitement sc\u00e9nique<\/th>\n<th>Effet spectateur<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Consentement<\/td>\n<td>\u00c9nonc\u00e9 par strates, jamais sch\u00e9matique<\/td>\n<td>Complexit\u00e9 accept\u00e9e, jugement suspendu<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Domination<\/td>\n<td>Montr\u00e9e par la forme (cadres, angles, silences)<\/td>\n<td>Vigilance \u00e9thique du regard<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>D\u00e9sir<\/td>\n<td>Mis en mots, dissoci\u00e9 de l\u2019assignation<\/td>\n<td>Relief affectif, nuance<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>M\u00e9moire<\/td>\n<td>Allers-retours entre v\u00e9cu et \u00e9criture<\/td>\n<td>Temporalit\u00e9s superpos\u00e9es, profondeur<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette r\u00e9ception active fait du spectateur un praticien du sensible. Et c\u2019est peut-\u00eatre la plus belle promesse de ce <strong>drame moderne<\/strong> : nous entra\u00eener \u00e0 regarder, autant qu\u2019\u00e0 voir.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"GUIDES_PRATIQUES_ET_PARCOURS_SPECTATEUR_%E2%80%94_PREPARER_SA_SOIREE_AUX_ABBESSES\"><\/span>GUIDES PRATIQUES ET PARCOURS SPECTATEUR \u2014 PR\u00c9PARER SA SOIR\u00c9E AUX ABBESSES<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le rendez-vous est pos\u00e9 : <strong>M\u00e9moire de fille<\/strong> joue au <strong>Th\u00e9\u00e2tre de la Ville \u2013 Les Abbesses<\/strong> du <strong>26 novembre au 6 d\u00e9cembre 2025<\/strong>. Pour en tirer toute la s\u00e8ve, on peut pr\u00e9parer sa venue comme on pr\u00e9pare un bon vin : avec patience et gourmandise. L\u2019exp\u00e9rience commence avant l\u2019entr\u00e9e en salle. Lisez quelques pages d\u2019Ernaux, \u00e9coutez une interview, laissez passer une heure de marche. Le regard arrivera plus net. Ensuite, on choisit sa place selon sa curiosit\u00e9 : face, c\u00f4t\u00e9, proche de la sc\u00e8ne \u2014 autant de g\u00e9ographies pour capter les reflets, les transparences, la vibration de la voix.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les spectateurs curieux aiment b\u00e2tir un petit parcours dans la ville. Avant ou apr\u00e8s le spectacle, prolongez la soir\u00e9e en tra\u00e7ant des lignes vers d\u2019autres propositions. La semaine pr\u00e9c\u00e9dente, les bonnes id\u00e9es de sorties abondent, comme ces <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/spectacles-danse-theatre-novembre\/\">pistes danse &amp; th\u00e9\u00e2tre de novembre<\/a>. On peut aussi varier les plaisirs avec des \u00e9critures d\u2019\u00e9poque revisit\u00e9e, \u00e0 l\u2019image d\u2019<a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/adieu-cerisaie-theatre-contemporain\/\">Adieu la Cerisaie<\/a>, qui dialogue avec les classiques en terrain contemporain.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Itineraires_et_petites_strategies_de_spectateur\"><\/span>Itin\u00e9raires et petites strat\u00e9gies de spectateur<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une astuce : venir \u00e0 deux avec des attentes diff\u00e9rentes. L\u2019un lit le texte avant, l\u2019autre pas. La conversation au sortir sera plus riche. Et si vous souhaitez multiplier les perspectives, pensez aux sc\u00e8nes voisines : un d\u00e9tour par des formes plus l\u00e9g\u00e8res ou plus musicales r\u00e9\u00e9quilibre la semaine. Le th\u00e9\u00e2tre est une di\u00e8te compl\u00e8te; on change de texture, on garde l\u2019app\u00e9tit.<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Avant<\/strong> : une page d\u2019Ernaux, une marche, un caf\u00e9 dans le quartier.<\/li><li><strong>Pendant<\/strong> : choisir l\u2019angle de vue, \u00e9couter les silences.<\/li><li><strong>Apr\u00e8s<\/strong> : d\u00e9briefer avec un proche, noter une image, relire un passage.<\/li><li><strong>Autour<\/strong> : explorer d\u2019autres sc\u00e8nes via <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/voyage-musical-theatre-funambule\/\">un voyage musical<\/a> ou des formats courts.<\/li><\/ul>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>\u00c9tape<\/th>\n<th>Conseil<\/th>\n<th>B\u00e9n\u00e9fice<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Pr\u00e9paration<\/td>\n<td>Lire un extrait, rep\u00e9rer le dispositif sc\u00e9nique<\/td>\n<td>R\u00e9ception plus fine de la <strong>narration visuelle<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Placement<\/td>\n<td>Choisir selon la curiosit\u00e9 (axe, lat\u00e9ral, proximit\u00e9)<\/td>\n<td>Jeu avec les miroirs et les transparences<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00c9largissement<\/td>\n<td>Comparer avec <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/couvent-soeur-joconde-theatre\/\">d\u2019autres dramaturgies<\/a><\/td>\n<td>Contexte \u00e9largi de la <strong>sc\u00e8ne parisienne<\/strong> et au-del\u00e0<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Dialogue<\/td>\n<td>\u00c9changer sur consentement et repr\u00e9sentation<\/td>\n<td>Approche critique, m\u00e9moire active<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si vous aimez tracer des routes th\u00e9\u00e2trales hors des sentiers parisiens, jetez un \u0153il \u00e0 des propositions comme le <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-contemporain-arnay\/\">th\u00e9\u00e2tre contemporain \u00e0 Arnay<\/a>. C\u2019est un bon moyen de nourrir son regard, puis de revenir aux Abbesses avec une attention renouvel\u00e9e.<\/p>\n\n<script type=\"application\/ld+json\">\n{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@type\":\"FAQPage\",\"mainEntity\":[{\"@type\":\"Question\",\"name\":\"Ou00f9 et quand voir Mu00e9moire de fille ?\",\"acceptedAnswer\":{\"@type\":\"Answer\",\"text\":\"Au Thu00e9u00e2tre de la Ville u2013 Les Abbesses, u00e0 Paris, du 26 novembre au 6 du00e9cembre 2025. La repru00e9sentation su2019inscrit au cu0153ur de la saison de la scu00e8ne parisienne, avec une programmation axu00e9e sur le spectacle vivant et lu2019art dramatique.\"}},{\"@type\":\"Question\",\"name\":\"Qui porte le texte sur scu00e8ne ?\",\"acceptedAnswer\":{\"@type\":\"Answer\",\"text\":\"La comu00e9dienne Suzanne de Baecque, seule en scu00e8ne, navigue entre incarnation et analyse. 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La repr\u00e9sentation s\u2019inscrit au c\u0153ur de la saison de la sc\u00e8ne parisienne, avec une programmation ax\u00e9e sur le spectacle vivant et l\u2019art dramatique.<\/p>\n<h3><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Qui_porte_le_texte_sur_scene\"><\/span>Qui porte le texte sur sc\u00e8ne ?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n<p>La com\u00e9dienne Suzanne de Baecque, seule en sc\u00e8ne, navigue entre incarnation et analyse. Sa pr\u00e9sence physique et vocale est au centre de l\u2019adaptation contemporaine.<\/p>\n<h3><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Qui_signe_la_mise_en_scene_et_la_dramaturgie\"><\/span>Qui signe la mise en sc\u00e8ne et la dramaturgie ?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n<p>La mise en sc\u00e8ne est con\u00e7ue par Sarah Kohm, Veronika Bachfischer et \u00c9lisa Leroy, qui signe \u00e9galement la dramaturgie. L\u2019\u00e9quipe articule deux niveaux narratifs : Ernaux qui relit et la jeune Annie qui vit les \u00e9v\u00e9nements de 1958.<\/p>\n<h3><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Quel_est_lapport_de_la_scenographie\"><\/span>Quel est l\u2019apport de la sc\u00e9nographie ?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n<p>Lena Marie Emrich propose un espace modulable o\u00f9 miroirs et transparences dialoguent avec la lumi\u00e8re de Thibault Vincent. La musique de Leonardo Mackridge accompagne l\u2019exploration de la m\u00e9moire corporelle.<\/p>\n<h3><span class=\"ez-toc-section\" id=\"A_qui_sadresse_ce_drame_moderne\"><\/span>\u00c0 qui s\u2019adresse ce drame moderne ?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n<p>\u00c0 toute personne int\u00e9ress\u00e9e par la litt\u00e9rature vivante, les enjeux de consentement, et la puissance du th\u00e9\u00e2tre comme lieu de m\u00e9moire. C\u2019est une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre exigeante et accueillante, embl\u00e9matique de la cr\u00e9ation th\u00e9\u00e2trale actuelle.<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la p\u00e9nombre attentive du Th\u00e9\u00e2tre des Abbesses, une voix se l\u00e8ve, s\u2019embrase et tremble \u00e0 la fois : M\u00e9moire de fille revient comme une &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":284,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_members_access_role":[],"_members_access_error":""},"categories":[10],"tags":[281,280,129,282,283],"class_list":["post-285","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-paris-theatre-contemporain-classique-pieces","tag-adaptation-contemporaine","tag-memoire-de-fille","tag-spectacle-captivant","tag-theatre-des-abbesses","tag-theatre-francais"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/285","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=285"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/285\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/284"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=285"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=285"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=285"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}