{"id":345,"date":"2025-12-03T07:08:18","date_gmt":"2025-12-03T07:08:18","guid":{"rendered":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/dijon-theatre-guerrre-femme\/"},"modified":"2025-12-03T07:08:18","modified_gmt":"2025-12-03T07:08:18","slug":"dijon-theatre-guerrre-femme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/dijon-theatre-guerrre-femme\/","title":{"rendered":"Dijon c\u00e9l\u00e8bre le th\u00e9\u00e2tre contemporain avec \u00ab La Guerre n&rsquo;a pas un visage de femme \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">Une ville se reconna\u00eet au bruit des pas qu\u2019on y entend le soir. \u00c0 Dijon, ces jours-ci, on marche vers les th\u00e9\u00e2tres. Le rendez-vous a un nom qui claque autant qu\u2019il cueille \u00e0 la gorge : <strong>La Guerre n&rsquo;a pas un visage de femme<\/strong>. Adapt\u00e9e du livre de Svetlana Alexievitch par Julie Deliquet, la <strong>pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre<\/strong> frappe par sa forme chorale et sa fa\u00e7on de donner au pr\u00e9sent la vibration d\u2019un direct. Dix com\u00e9diennes emportent les souvenirs de combattantes sovi\u00e9tiques comme on porte les vivants sur ses \u00e9paules. On en sort avec la sensation qu\u2019un autre r\u00e9cit de la guerre est possible, o\u00f9 la place des <strong>femmes et guerre<\/strong> n\u2019est plus une note de bas de page mais la ligne principale.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la capitale des ducs, l\u2019<strong>actualit\u00e9 culturelle<\/strong> est \u00e0 l\u2019unisson : la ville c\u00e9l\u00e8bre un <strong>\u00e9v\u00e9nement culturel<\/strong> qui d\u00e9passe l\u2019effet d\u2019annonce. On parle d\u2019une exp\u00e9rience, pas d\u2019un simple <strong>spectacle<\/strong>. Les <strong>arts de la sc\u00e8ne<\/strong> y sont convoqu\u00e9s comme une science d\u00e9licate du vrai, avec une <strong>compagnie th\u00e9\u00e2trale<\/strong> \u00e0 l\u2019\u00e9coute du souffle, des silences et des d\u00e9tails qui font basculer un r\u00e9cit. Une \u00e9tudiante en histoire de l\u2019Universit\u00e9 de Bourgogne, Lina, nous a souffl\u00e9 ceci \u00e0 l\u2019entracte : \u201cJe croyais venir voir la Seconde Guerre mondiale. J\u2019ai vu mon pr\u00e9sent.\u201d Ce qui suit suit ses pas, en ville et sur sc\u00e8ne, pour saisir comment <strong>Dijon<\/strong> fait du <strong>th\u00e9\u00e2tre contemporain<\/strong> une affaire de c\u0153ur, de m\u00e9moire et de futur.<\/p>\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_85 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Sommaire<\/p>\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/dijon-theatre-guerrre-femme\/#La_Guerre_na_pas_un_visage_de_femme_a_Dijon_un_theatre_contemporain_qui_parle_au_present\" >La Guerre n&rsquo;a pas un visage de femme \u00e0 Dijon : un th\u00e9\u00e2tre contemporain qui parle au pr\u00e9sent<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/dijon-theatre-guerrre-femme\/#Un_evenement_culturel_dijonnais_qui_depasse_la_seule_representation\" >Un \u00e9v\u00e9nement culturel dijonnais qui d\u00e9passe la seule repr\u00e9sentation<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/dijon-theatre-guerrre-femme\/#Femmes_guerres_et_memoires_vivantes_de_lURSS_a_aujourdhui_sur_une_scene_de_Dijon\" >Femmes, guerres et m\u00e9moires vivantes : de l\u2019URSS \u00e0 aujourd\u2019hui sur une sc\u00e8ne de Dijon<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/dijon-theatre-guerrre-femme\/#La_scene_comme_archive_sensible\" >La sc\u00e8ne comme archive sensible<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/dijon-theatre-guerrre-femme\/#Une_compagnie_theatrale_a_hauteur_dhumain_direction_dactrices_scenographie_et_musique\" >Une compagnie th\u00e9\u00e2trale \u00e0 hauteur d\u2019humain : direction d\u2019actrices, sc\u00e9nographie et musique<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-6\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/dijon-theatre-guerrre-femme\/#Echos_et_voisinages_esthetiques\" >\u00c9chos et voisinages esth\u00e9tiques<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-7\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/dijon-theatre-guerrre-femme\/#Dijon_en_mouvement_vivre_levenement_culturel_autour_du_spectacle_et_tisser_des_parcours\" >Dijon en mouvement : vivre l\u2019\u00e9v\u00e9nement culturel autour du spectacle et tisser des parcours<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-8\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/dijon-theatre-guerrre-femme\/#Cartographier_son_parcours_de_spectateur\" >Cartographier son parcours de spectateur<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-9\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/dijon-theatre-guerrre-femme\/#Transmettre_et_comprendre_ateliers_ressources_et_prolongements_autour_de_la_piece_de_theatre\" >Transmettre et comprendre : ateliers, ressources et prolongements autour de la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-10\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/dijon-theatre-guerrre-femme\/#Outils_numeriques_pour_prolonger_lecoute\" >Outils num\u00e9riques pour prolonger l\u2019\u00e9coute<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-11\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/dijon-theatre-guerrre-femme\/#Pourquoi_ce_spectacle_resonne-t-il_particulierement_a_Dijon\" >Pourquoi ce spectacle r\u00e9sonne-t-il particuli\u00e8rement \u00e0 Dijon ?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-12\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/dijon-theatre-guerrre-femme\/#Faut-il_connaitre_le_livre_de_Svetlana_Alexievitch_pour_apprecier_la_piece\" >Faut-il conna\u00eetre le livre de Svetlana Alexievitch pour appr\u00e9cier la pi\u00e8ce ?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-13\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/dijon-theatre-guerrre-femme\/#A_partir_de_quel_age_peut-on_venir_voir_la_piece\" >\u00c0 partir de quel \u00e2ge peut-on venir voir la pi\u00e8ce ?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-14\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/dijon-theatre-guerrre-femme\/#Comment_prolonger_lexperience_apres_la_representation\" >Comment prolonger l\u2019exp\u00e9rience apr\u00e8s la repr\u00e9sentation ?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-15\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/dijon-theatre-guerrre-femme\/#Quapporte_la_forme_chorale_a_ce_sujet\" >Qu\u2019apporte la forme chorale \u00e0 ce sujet ?<\/a><\/li><\/ul><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"La_Guerre_na_pas_un_visage_de_femme_a_Dijon_un_theatre_contemporain_qui_parle_au_present\"><\/span>La Guerre n&rsquo;a pas un visage de femme \u00e0 Dijon : un th\u00e9\u00e2tre contemporain qui parle au pr\u00e9sent<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lina, sac en bandouli\u00e8re et carnet de notes pr\u00eat \u00e0 tout, s\u2019installe au premier rang. Le geste est simple, la promesse immense : entendre des voix d\u2019archives r\u00e9sonner dans la chair du plateau. Ce que propose <strong>La Guerre n&rsquo;a pas un visage de femme<\/strong>, \u00e0 Dijon, c\u2019est un art du pr\u00e9sent, une fa\u00e7on de faire entendre des t\u00e9moignages comme s\u2019ils \u00e9taient dits pour la premi\u00e8re fois. On n\u2019est pas dans la reconstitution froide, mais dans l\u2019incandescence d\u2019un direct.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mise en sc\u00e8ne de Julie Deliquet a choisi la polyphonie. Les dix interpr\u00e8tes se passent le relais des mots, des images, des odeurs. Un bout de pain, une m\u00e8che de cheveux, un uniforme raccommod\u00e9, et la <strong>pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre<\/strong> devient laboratoire d\u2019humanit\u00e9. C\u2019est le moteur du <strong>th\u00e9\u00e2tre contemporain<\/strong> : un regard qui n\u2019imite pas, qui assemble, qui questionne le public autant que l\u2019histoire officielle. Lina griffonne : \u201cCh\u0153ur = courage partag\u00e9.\u201d Elle n\u2019a pas tort. On entend la fraternit\u00e9, et l\u2019on devine la fatigue, aussi.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce choix choral, Dijon trouve une mani\u00e8re de saluer les arts vivants : le texte n\u2019est pas roi, il est d\u00e9mocratis\u00e9 par les corps et les rythmes. Ce geste rappelle d\u2019autres aventures sc\u00e9niques, telles que <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/chair-fantome-theatre-strasbourg\/\">un travail sur les corps \u00e0 Strasbourg<\/a> qui a lui aussi explor\u00e9 les zones sensibles de la m\u00e9moire. La filiation n\u2019est pas d\u00e9corative, elle explique pourquoi, ici, le public respire au m\u00eame tempo que les com\u00e9diennes.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lina, en spectatrice curieuse, va plus loin. Elle aligne ce qu\u2019elle ressent, comme une mini-cartographie du plateau. Les \u00e9l\u00e9ments sc\u00e9niques ne sont pas l\u00e0 pour \u201cfaire joli\u201d, ils organisent un passage du r\u00e9el \u00e0 la sc\u00e8ne. Il y a des si\u00e8ges, une table, un micro, une lampe : autant de complices.<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Polyphonie<\/strong> : multiplier les voix pour d\u00e9sindividualiser la souffrance et collectiviser la bravoure.<\/li><li><strong>Objets quotidiens<\/strong> : faire trembler le grand r\u00e9cit par les d\u00e9tails domestiques.<\/li><li><strong>Temporalit\u00e9 fragment\u00e9e<\/strong> : juxtaposer hier et aujourd\u2019hui et rappeler que la m\u00e9moire n\u2019est jamais lin\u00e9aire.<\/li><li><strong>Adresse au public<\/strong> : briser le quatri\u00e8me mur pour faire du t\u00e9moignage une conversation.<\/li><li><strong>Musique discr\u00e8te<\/strong> : laisser les silences et les respirations frapper plus fort qu\u2019un effet sonore appuy\u00e9.<\/li><\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On peut mesurer la force du dispositif en regard de dynamiques semblables dans d\u2019autres territoires, par exemple via <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-contemporain-sarrebourg\/\">les initiatives de th\u00e9\u00e2tre contemporain \u00e0 Sarrebourg<\/a>, qui misent aussi sur l\u2019\u00e9coute et l\u2019oralit\u00e9. C\u2019est une mani\u00e8re de dire que Dijon ne joue pas seul, mais \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019un archipel de sc\u00e8nes en France.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>\u00c9l\u00e9ment sc\u00e9nique<\/th>\n<th>Effet \u00e9prouv\u00e9<\/th>\n<th>Commentaire de Lina<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Ch\u0153ur d\u2019actrices<\/td>\n<td><strong>\u00c9lan collectif<\/strong><\/td>\n<td>\u201cLa peur diminue quand elles respirent ensemble.\u201d<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Objets du quotidien<\/td>\n<td><strong>Intimit\u00e9<\/strong><\/td>\n<td>\u201cUn bol \u00e9br\u00e9ch\u00e9 dit plus qu\u2019un tank.\u201d<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lumi\u00e8re rasante<\/td>\n<td><strong>Tension<\/strong><\/td>\n<td>\u201cLe pass\u00e9 est juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9, il coupe la salle en deux.\u201d<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Micro en direct<\/td>\n<td><strong>V\u00e9racit\u00e9<\/strong><\/td>\n<td>\u201cJ\u2019ai l\u2019impression d\u2019\u00eatre t\u00e9moin cr\u00e9dible.\u201d<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Un_evenement_culturel_dijonnais_qui_depasse_la_seule_representation\"><\/span>Un \u00e9v\u00e9nement culturel dijonnais qui d\u00e9passe la seule repr\u00e9sentation<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019int\u00e9r\u00eat local, disons-le, n\u2019est pas un vernis. La ville fait vibrer tout un r\u00e9seau d\u2019acteurs : m\u00e9diation, ateliers, rencontres. Lina a rep\u00e9r\u00e9 des passerelles avec des projets hors r\u00e9gion, comme <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/histoire-theatre-commercy\/\">l\u2019histoire du th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Commercy<\/a>, t\u00e9moignant d\u2019une longue tradition d\u2019exp\u00e9rimentation. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019un territoire, la circulation des id\u00e9es et des pratiques rend la sc\u00e8ne plus poreuse au monde.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au bout du compte, ce premier regard retient une conviction : quand le th\u00e9\u00e2tre \u00e9coute pr\u00e9cis\u00e9ment, le public r\u00e9pond pr\u00e9cis\u00e9ment. C\u2019est la meilleure fa\u00e7on de parler au pr\u00e9sent.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Femmes_guerres_et_memoires_vivantes_de_lURSS_a_aujourdhui_sur_une_scene_de_Dijon\"><\/span>Femmes, guerres et m\u00e9moires vivantes : de l\u2019URSS \u00e0 aujourd\u2019hui sur une sc\u00e8ne de Dijon<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La force du spectacle est de faire entendre la multiplicit\u00e9 des conflits sans perdre son fil. Lina note trois strates : la Grande Guerre patriotique, l\u2019Afghanistan, Tchernobyl. Les \u00e9poques se frottent, laissant para\u00eetre un m\u00eame motif : comment vivre apr\u00e8s avoir v\u00e9cu l\u2019impensable. Cette <strong>pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre<\/strong> ne sacrifie pas au grand r\u00e9cit national ; elle met l\u2019accent sur les gestes, les h\u00e9sitations, les souvenirs qu\u2019on n\u2019ose pas dire \u00e0 table.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On oublie souvent le retour. Elles ont combattu, puis elles sont rentr\u00e9es, parfois accueillies par la suspicion. La sc\u00e8ne dijonnaise traduit ce paradoxe par des silences soutenus, des regards \u00e0 peine d\u00e9cal\u00e9s. Le spectateur n\u2019est pas somm\u00e9 d\u2019applaudir un h\u00e9ro\u00efsme ; il est invit\u00e9 \u00e0 cohabiter avec des contradictions. C\u2019est l\u2019\u00e9thique du <strong>th\u00e9\u00e2tre contemporain<\/strong> : accepter l\u2019inconfort quand il dit mieux le vrai.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La question br\u00fblante de 2025 est l\u00e0, sous nos yeux. Les nouvelles nous rappellent que les lignes de front existent encore. Que peut l\u2019art ? Ici, il peut articuler : relier des trajectoires singuli\u00e8res pour \u00e9clairer le pr\u00e9sent. En \u00e9cho, d\u2019autres cr\u00e9ations creusent des sillons comparables, telles que <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/crapauds-fous-melody-mourey\/\">Les Crapauds fous de M\u00e9lody Mourey<\/a>, qui m\u00ealent drame historique et urgence \u00e9thique.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour Lina, l\u2019architecture du r\u00e9cit passe par des questions directes. Elle se fabrique un pense-b\u00eate, comme une boussole pour l\u2019apr\u00e8s-spectacle.<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Pourquoi<\/strong> la m\u00e9moire des femmes revient-elle par fragments et non par \u00e9pop\u00e9e ?<\/li><li><strong>Comment<\/strong> dire sans r\u00e9activer la blessure, et faut-il seulement l\u2019\u00e9viter ?<\/li><li><strong>Qu\u2019apporte<\/strong> la sc\u00e8ne que n\u2019apporte pas l\u2019archive brute ?<\/li><li><strong>En quoi<\/strong> ces r\u00e9cits d\u00e9placent-ils notre regard sur les conflits actuels ?<\/li><li><strong>Qui<\/strong> transmettra ces voix demain, et avec quels outils ?<\/li><\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les r\u00e9ponses ne sont pas livr\u00e9es cl\u00e9s en main. Mais la sc\u00e8ne propose des appuis : la pr\u00e9cision des mots, la d\u00e9licatesse des adresses, la musicalit\u00e9 des respirations. Dijon accueille ici un <strong>\u00e9v\u00e9nement culturel<\/strong> qui tient autant du rituel que du d\u00e9bat public. \u00c0 la sortie, des discussions s\u2019ouvrent spontan\u00e9ment, preuve que le spectacle a fait circuler plus que des \u00e9motions : des id\u00e9es, des hypoth\u00e8ses, des mani\u00e8res d\u2019\u00eatre ensemble.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>P\u00e9riode \u00e9voqu\u00e9e<\/th>\n<th>Angle f\u00e9minin<\/th>\n<th>Question soulev\u00e9e<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Seconde Guerre mondiale<\/td>\n<td><strong>Combat et soin<\/strong> entrem\u00eal\u00e9s<\/td>\n<td>Le courage est-il diff\u00e9rent quand on doit aussi nourrir, soigner, prot\u00e9ger ?<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Guerre d\u2019Afghanistan<\/td>\n<td><strong>H\u00e9ritage<\/strong> des luttes pr\u00e9c\u00e9dentes<\/td>\n<td>Comment la m\u00e9moire collective se transmet-elle aux nouvelles recrues ?<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Accident de Tchernobyl<\/td>\n<td><strong>Invisible<\/strong> du danger<\/td>\n<td>Comment raconter ce qu\u2019on ne peut ni voir ni saisir ?<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"La_scene_comme_archive_sensible\"><\/span>La sc\u00e8ne comme archive sensible<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lina, qui adore lire des t\u00e9moignages, le sait : l\u2019archive n\u2019a pas de voix. La sc\u00e8ne lui en pr\u00eate une. C\u2019est dans cette vibration que l\u2019\u0153uvre touche, au-del\u00e0 de la documentation. Ceux qui souhaitent prolonger peuvent regarder des approches voisines et exigeantes, comme <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/yvonne-princesse-gombrowicz\/\">Yvonne, princesse de Bourgogne<\/a>, qui d\u00e9tourne les codes pour mieux r\u00e9v\u00e9ler la violence sociale. Changer de prisme, souvent, c\u2019est mieux comprendre l\u2019objet initial.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La vid\u00e9o ci-dessus permet de sentir l\u2019exigence d\u2019un tel travail : l\u2019oralit\u00e9 se fabrique, la justesse se sculpte. On comprend pourquoi, \u00e0 Dijon, le public reste au bord de son si\u00e8ge. On n\u2019\u00e9coute pas seulement une histoire ; on apprend \u00e0 \u00e9couter l\u2019autre.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Une_compagnie_theatrale_a_hauteur_dhumain_direction_dactrices_scenographie_et_musique\"><\/span>Une compagnie th\u00e9\u00e2trale \u00e0 hauteur d\u2019humain : direction d\u2019actrices, sc\u00e9nographie et musique<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On pourrait tout dire de la mise en sc\u00e8ne en racontant une r\u00e9p\u00e9tition. Lina y a jet\u00e9 un \u0153il, invit\u00e9e par une amie r\u00e9gisseuse. Le plateau ressemble \u00e0 une carte mentale : rubans adh\u00e9sifs pour marquer les entr\u00e9es, notes multicolores sur un pupitre, partitions de souffle partag\u00e9es entre les interpr\u00e8tes. Cette pr\u00e9cision n\u2019est pas de la manie, c\u2019est une m\u00e9thode : cr\u00e9er de l\u2019espace pour que les \u00e9motions puissent circuler sans \u00e9tourdir le public.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La <strong>compagnie th\u00e9\u00e2trale<\/strong> a con\u00e7u un geste sc\u00e9nique qui conjugue adresse frontale et \u00e9coute interne. Les com\u00e9diennes apprennent \u00e0 \u201ctenir\u201d l\u2019histoire en se tenant les unes les autres, litt\u00e9ralement parfois, m\u00e9taphoriquement toujours. Le spectateur, plac\u00e9 dans ce courant, per\u00e7oit l\u2019\u00e9thique du soin. Ce n\u2019est pas une pi\u00e8ce sur le soin ; c\u2019est une pi\u00e8ce qui soigne l\u2019histoire par ses biais, ses plis, ses respirations.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La sc\u00e9nographie, volontairement sobre, est une strat\u00e9gie. Quand le d\u00e9cor se fait discret, la m\u00e9moire peut occuper la place. Un micro, une lampe, un banc : l\u2019\u00e9quipement d\u2019une enqu\u00eate. Les d\u00e9tails deviennent des pivots dramaturgiques, comme dans <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/gourin-troupe-commere-theatre\/\">une troupe amateur \u00e0 Gourin<\/a> qui travaille la pr\u00e9cision des accessoires pour nourrir la fiction. La le\u00e7on est nette : l\u2019\u00e9conomie de moyens peut \u00e9largir l\u2019imaginaire.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u00f4t\u00e9 musique, rien d\u2019envahissant. On parle de fr\u00e9quences, de nappes presque imperceptibles, de silences compos\u00e9s. La musique est l\u00e0 pour tenir le fil, jamais pour imposer un sentiment. Dans ce dialogue son-lumi\u00e8re, la parole passe d\u2019une voix \u00e0 l\u2019autre, comme les torches dans une course de relais. Lina, au fond, entend une orchestration discr\u00e8te o\u00f9 chaque souffle a sa mesure.<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Chor\u00e9graphie des regards<\/strong> : fixer, fuir, revenir pour moduler l\u2019intensit\u00e9.<\/li><li><strong>Objets-signaux<\/strong> : accessoires minimaux qui changent de sens selon qui les tient.<\/li><li><strong>Respiration collective<\/strong> : \u00e9crire le rythme du texte avec le corps.<\/li><li><strong>Lumi\u00e8re \u00e0 bas niveau<\/strong> : encourager l\u2019imagination du public.<\/li><li><strong>\u00c9coute en plateau<\/strong> : adapter le tempo aux r\u00e9actions de la salle.<\/li><\/ul>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Composant<\/th>\n<th>Choix artistique<\/th>\n<th>Impact sensible<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Sc\u00e9nographie<\/td>\n<td><strong>Minimalisme narratif<\/strong><\/td>\n<td>Lib\u00e8re l\u2019attention pour les voix et l\u2019adresse.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Interpr\u00e9tation<\/td>\n<td><strong>Ch\u0153ur mouvant<\/strong><\/td>\n<td>Cr\u00e9e de l\u2019empathie partag\u00e9e, dilue le pathos.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Son<\/td>\n<td><strong>Silences compos\u00e9s<\/strong><\/td>\n<td>Permet au public de faire r\u00e9sonner sa propre histoire.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lumi\u00e8re<\/td>\n<td><strong>Ambre et clair-obscur<\/strong><\/td>\n<td>Installe une intimit\u00e9 vigilante.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Echos_et_voisinages_esthetiques\"><\/span>\u00c9chos et voisinages esth\u00e9tiques<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le spectacle se situe dans une constellation. On peut le rapprocher d\u2019exp\u00e9riences qui interrogent la trace et la pr\u00e9sence, comme <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/chair-fantome-theatre-strasbourg\/\">un travail sur les corps \u00e0 Strasbourg<\/a>, ou de fables grin\u00e7antes telles que <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/yvonne-princesse-gombrowicz\/\">Yvonne, princesse de Bourgogne<\/a>, pour observer comment une sc\u00e8ne construit son propre langage. Lina le r\u00e9sume ainsi : \u201cChaque spectacle invente sa grammaire, mais on reconna\u00eet une famille.\u201d \u00c0 Dijon, cette famille a le go\u00fbt des r\u00e9cits qui s\u2019inventent avec le public.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La cons\u00e9quence est simple : on ressort avec une bo\u00eete \u00e0 outils. \u00c0 chacun de l\u2019ouvrir dans son quotidien.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Dijon_en_mouvement_vivre_levenement_culturel_autour_du_spectacle_et_tisser_des_parcours\"><\/span>Dijon en mouvement : vivre l\u2019\u00e9v\u00e9nement culturel autour du spectacle et tisser des parcours<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aller au th\u00e9\u00e2tre, c\u2019est rarement faire un aller-retour. Lina a pris l\u2019habitude de composer des \u201cjourn\u00e9es-sc\u00e8nes\u201d, o\u00f9 elle tisse une trame avec d\u2019autres rendez-vous de l\u2019<strong>actualit\u00e9 culturelle<\/strong> de <strong>Dijon<\/strong>. Cette semaine-l\u00e0, elle note des lectures pour enfants, une proposition plus classique, des ateliers. Le <strong>spectacle<\/strong> devient pr\u00e9texte \u00e0 se laisser mener par la main dans la ville.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le calendrier s\u2019y pr\u00eate. Un mercredi, des b\u00e9n\u00e9voles lisent des histoires aux plus jeunes ; le lendemain, une h\u00e9ro\u00efne venue d\u2019ailleurs prend vie sur un plateau ; le vendredi, des b\u00e9b\u00e9s d\u00e9couvrent le rythme des mots. Cela n\u2019a rien d\u2019anecdotique : la circulation entre \u00e2ges et formes construit une culture partag\u00e9e. On entre dans <strong>les arts de la sc\u00e8ne<\/strong> \u00e0 tout moment de la vie, par n\u2019importe quelle porte.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces passerelles existent aussi \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale et nationale. On peut s\u2019inspirer d\u2019autres villes pour nourrir ses envies : voir <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-contemporain-saint-gengoux\/\">des sc\u00e8nes contemporaines \u00e0 Saint-Gengoux<\/a>, explorer <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-contemporain-dompierre\/\">la cr\u00e9ation partag\u00e9e \u00e0 Dompierre<\/a> ou s\u2019offrir <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/soiree-theatre-saint-avold\/\">une soir\u00e9e th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Saint-Avold<\/a>. Ces liens ne sont pas des d\u00e9tours : ils montrent que l\u2019\u00e9nergie du plateau circule et que Dijon s\u2019y branche avec intelligence.<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Avant la repr\u00e9sentation<\/strong> : un caf\u00e9 pr\u00e8s du th\u00e9\u00e2tre pour feuilleter le programme et rep\u00e9rer les m\u00e9diations.<\/li><li><strong>Pendant<\/strong> : une \u00e9coute active, un mot not\u00e9, un geste remarqu\u00e9, pour partager ensuite.<\/li><li><strong>Apr\u00e8s<\/strong> : rester au bar du th\u00e9\u00e2tre pour discuter avec inconnus et amis, c\u2019est le plus court chemin vers l\u2019analyse collective.<\/li><li><strong>En famille<\/strong> : associer une lecture jeunesse \u00e0 la sortie, histoire d\u2019ouvrir \u00e0 tous les \u00e2ges.<\/li><li><strong>Comparaisons<\/strong> : piocher des r\u00e9f\u00e9rences aupr\u00e8s d\u2019autres sc\u00e8nes, \u00e0 <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-contemporain-sarrebourg\/\">Sarrebourg<\/a> notamment, pour \u00e9largir la palette des regards.<\/li><\/ul>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Date<\/th>\n<th>Activit\u00e9<\/th>\n<th>O\u00f9 \u00e0 Dijon<\/th>\n<th>Public<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>3 d\u00e9c.<\/td>\n<td><strong>Lire et faire lire<\/strong> \u2014 histoires racont\u00e9es par des b\u00e9n\u00e9voles<\/td>\n<td>M\u00e9diath\u00e8que ou salle partenaire<\/td>\n<td>Enfants, familles<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>4 d\u00e9c.<\/td>\n<td><strong>\u201cImpeccable\u201d<\/strong> \u2014 h\u00e9ro\u00efne en exil et qu\u00eate d\u2019identit\u00e9<\/td>\n<td>Sc\u00e8ne dijonnaise<\/td>\n<td>Ados, adultes<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>5 d\u00e9c.<\/td>\n<td><strong>Racontines<\/strong> \u2014 lectures 0-3 ans<\/td>\n<td>Espace jeunesse<\/td>\n<td>Tout-petits, parents<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Semaine<\/td>\n<td><strong>La Guerre n\u2019a pas un visage de femme<\/strong> \u2014 ch\u0153ur documentaire<\/td>\n<td>Th\u00e9\u00e2tre Dijon Bourgogne<\/td>\n<td>Grand public<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Cartographier_son_parcours_de_spectateur\"><\/span>Cartographier son parcours de spectateur<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour Lina, la cl\u00e9 est de s\u2019offrir un rythme. Voir un spectacle, laisser reposer, revenir au th\u00e9\u00e2tre quelques jours plus tard : un cycle qui favorise la maturation. Elle s\u2019amuse \u00e0 cocher des cases comme on coche un carnet de voyage. Et s\u2019il reste du temps, elle file d\u00e9couvrir ailleurs des propositions cousines, parmi lesquelles <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/histoire-theatre-commercy\/\">l\u2019histoire du th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Commercy<\/a>, parce qu\u2019un d\u00e9tour par l\u2019histoire affine toujours la perception du pr\u00e9sent.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La ville r\u00e9pond \u00e0 l\u2019enthousiasme par des propositions accessibles. On n\u2019a pas besoin d\u2019\u00eatre sp\u00e9cialiste pour appr\u00e9cier : on a seulement besoin d\u2019avoir envie. Ce soir, cette envie s\u2019appelle tout simplement \u201cretourner \u00e9couter\u201d.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Transmettre_et_comprendre_ateliers_ressources_et_prolongements_autour_de_la_piece_de_theatre\"><\/span>Transmettre et comprendre : ateliers, ressources et prolongements autour de la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une \u0153uvre qui marque donne envie d\u2019apprendre. Lina, qui anime parfois des ateliers en lyc\u00e9e, a list\u00e9 des ressources pour prolonger le dialogue. L\u2019id\u00e9e n\u2019est pas de \u201cfaire cours\u201d, mais de cr\u00e9er des situations d\u2019\u00e9coute, des moments o\u00f9 les \u00e9l\u00e8ves, les familles, les amateurs, peuvent s\u2019approprier les r\u00e9cits. Dijon a l\u2019avantage de disposer d\u2019une tradition de m\u00e9diation ; on peut s\u2019y adosser pour imaginer des formats agiles.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Premier axe, l\u2019oralit\u00e9. On peut proposer des s\u00e9ances de lecture \u00e0 voix haute, o\u00f9 chacun porte un fragment de t\u00e9moignage et travaille sa respiration. Les jeunes adorent quand on leur confie une responsabilit\u00e9 sc\u00e9nique : tenir le silence, passer la parole, choisir une lumi\u00e8re. Des projets existent pour guider ces \u00e9lans, par exemple <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/conter-fleurette-theatre-ados\/\">un projet \u00ab Conter fleurette \u00bb avec des ados<\/a>, tr\u00e8s utile pour b\u00e2tir un espace bienveillant o\u00f9 la parole circule.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Deuxi\u00e8me axe, la comparaison des formes. Mettre en regard un th\u00e9\u00e2tre documentaire et une fable plus absurde offre aux participants une boussole critique. Ici, on peut solliciter la curiosit\u00e9 avec <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/yvonne-princesse-gombrowicz\/\">Yvonne, princesse de Bourgogne<\/a> et demander : qu\u2019est-ce qui change quand on raconte par le d\u00e9calage ? La r\u00e9ponse n\u2019est jamais la m\u00eame, et c\u2019est tr\u00e8s bien ainsi.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Troisi\u00e8me axe, l\u2019ancrage territorial. On peut relier le spectacle dijonnais \u00e0 d\u2019autres exp\u00e9riences pour montrer la pluralit\u00e9 des chemins. De <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-contemporain-saint-gengoux\/\">Saint-Gengoux<\/a> \u00e0 <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-contemporain-dompierre\/\">Dompierre<\/a>, en passant par <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/soiree-theatre-saint-avold\/\">Saint-Avold<\/a>, des sc\u00e8nes tissent des liens entre m\u00e9moire et pr\u00e9sent. Cette circulation donne envie d\u2019entreprendre, parfois m\u00eame de monter sa propre lecture publique, comme l\u2019a fait <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/gourin-troupe-commere-theatre\/\">une troupe amateur \u00e0 Gourin<\/a>.<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Atelier voix<\/strong> : articulation, souffle, mise en espace d\u2019un t\u00e9moignage bref.<\/li><li><strong>\u00c9criture<\/strong> : journal de spectateur, retour d\u2019impression, carte \u00e9motionnelle.<\/li><li><strong>Comparaison<\/strong> : un spectacle documentaire, un spectacle absurde, une discussion cadr\u00e9e.<\/li><li><strong>Rencontre<\/strong> : inviter une com\u00e9dienne, un r\u00e9gisseur, une m\u00e9diatrice pour d\u00e9crypter les choix.<\/li><li><strong>Cr\u00e9ation<\/strong> : mini-forme chorale de 10 minutes, pr\u00e9sent\u00e9e dans une salle de classe ou une m\u00e9diath\u00e8que.<\/li><\/ul>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Ressource<\/th>\n<th>Objectif<\/th>\n<th>Lien utile<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Atelier ados<\/td>\n<td><strong>Lib\u00e9rer la parole<\/strong> et structurer l\u2019\u00e9coute<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/conter-fleurette-theatre-ados\/\">Conter fleurette<\/a><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>R\u00e9f\u00e9rences historiques<\/td>\n<td><strong>Contextualiser<\/strong> les t\u00e9moignages<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/histoire-theatre-commercy\/\">Rep\u00e8res sc\u00e9niques \u00e0 Commercy<\/a><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Parall\u00e8les esth\u00e9tiques<\/td>\n<td><strong>Exercer<\/strong> le regard critique<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/yvonne-princesse-gombrowicz\/\">Comparer avec Gombrowicz<\/a><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>R\u00e9seau de sc\u00e8nes<\/td>\n<td><strong>\u00c9tendre<\/strong> l\u2019horizon<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-contemporain-sarrebourg\/\">Voir aussi Sarrebourg<\/a><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Outils_numeriques_pour_prolonger_lecoute\"><\/span>Outils num\u00e9riques pour prolonger l\u2019\u00e9coute<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La vid\u00e9o est une alli\u00e9e. Une recherche rapide donne acc\u00e8s \u00e0 des entretiens et analyses qui aident \u00e0 replacer le spectacle dans un paysage plus vaste. Regarder, puis revenir aux notes prises pendant la repr\u00e9sentation, c\u2019est souvent l\u00e0 que la compr\u00e9hension fait un bond.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lina referme son carnet comme on referme un roman : en sachant qu\u2019on y retournera. \u00c0 Dijon, le th\u00e9\u00e2tre ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 la sortie. Il commence souvent l\u00e0.<\/p>\n\n<script type=\"application\/ld+json\">\n{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@type\":\"FAQPage\",\"mainEntity\":[{\"@type\":\"Question\",\"name\":\"Pourquoi ce spectacle ru00e9sonne-t-il particuliu00e8rement u00e0 Dijon ?\",\"acceptedAnswer\":{\"@type\":\"Answer\",\"text\":\"Parce que la ville cultive une u00e9coute attentive du thu00e9u00e2tre contemporain et articule les propositions scu00e9niques avec des actions de mu00e9diation. 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Le public s\u2019y sent partie prenante : discussions apr\u00e8s la repr\u00e9sentation, ateliers, passerelles avec d\u2019autres \u00e9v\u00e9nements font de la salle un v\u00e9ritable espace civique.<\/p>\n<h3><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Faut-il_connaitre_le_livre_de_Svetlana_Alexievitch_pour_apprecier_la_piece\"><\/span>Faut-il conna\u00eetre le livre de Svetlana Alexievitch pour appr\u00e9cier la pi\u00e8ce ?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n<p>Non. L\u2019adaptation donne toutes les cl\u00e9s. Conna\u00eetre l\u2019ouvrage enrichit l\u2019exp\u00e9rience, mais le ch\u0153ur d\u2019actrices, l\u2019adresse au public et la clart\u00e9 dramaturgique suffisent \u00e0 entrer dans l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<h3><span class=\"ez-toc-section\" id=\"A_partir_de_quel_age_peut-on_venir_voir_la_piece\"><\/span>\u00c0 partir de quel \u00e2ge peut-on venir voir la pi\u00e8ce ?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n<p>Le spectacle s\u2019adresse principalement aux adolescents et aux adultes, compte tenu des th\u00e9matiques. Pour des plus jeunes, des lectures et ateliers sp\u00e9cifiques \u00e0 Dijon permettent de pr\u00e9parer \u2014 ou d\u2019offrir \u2014 d\u2019autres premi\u00e8res exp\u00e9riences de th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<h3><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Comment_prolonger_lexperience_apres_la_representation\"><\/span>Comment prolonger l\u2019exp\u00e9rience apr\u00e8s la repr\u00e9sentation ?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n<p>En tenant un journal de spectateur, en participant \u00e0 une rencontre, et en explorant des r\u00e9f\u00e9rences voisines comme Les Crapauds fous de M\u00e9lody Mourey via le lien suivant : https:\/\/aleadespossibles.fr\/crapauds-fous-melody-mourey\/.<\/p>\n<h3><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Quapporte_la_forme_chorale_a_ce_sujet\"><\/span>Qu\u2019apporte la forme chorale \u00e0 ce sujet ?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n<p>Elle \u00e9vite l\u2019isolement h\u00e9ro\u00efque, rend la parole collective et fait entendre les nuances. On \u00e9coute des femmes qui se relaient, se contredisent parfois, et c\u2019est dans cette polyphonie que le r\u00e9el prend sa densit\u00e9.<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une ville se reconna\u00eet au bruit des pas qu\u2019on y entend le soir. \u00c0 Dijon, ces jours-ci, on marche vers les th\u00e9\u00e2tres. 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