{"id":508,"date":"2026-01-16T07:09:28","date_gmt":"2026-01-16T07:09:28","guid":{"rendered":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/choeur-amants-theatre-verdun\/"},"modified":"2026-01-16T07:09:28","modified_gmt":"2026-01-16T07:09:28","slug":"choeur-amants-theatre-verdun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/choeur-amants-theatre-verdun\/","title":{"rendered":"\u00ab Ch\u0153ur des amants \u00bb : Une immersion passionn\u00e9e dans le th\u00e9\u00e2tre contemporain \u00e0 Verdun"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans une ville o\u00f9 l\u2019Histoire r\u00e9sonne partout, \u00ab <strong>Ch\u0153ur des amants<\/strong> \u00bb installe un souffle nouveau au c\u0153ur de <strong>Verdun<\/strong>. Le texte de Tiago Rodrigues, aujourd\u2019hui figure majeure du <strong>th\u00e9\u00e2tre contemporain<\/strong> en Europe, revient avec une version retravaill\u00e9e qui serre la gorge et dilate le c\u0153ur. Deux voix, un espace presque nu, une urgence qui cr\u00e9pite : une femme a manqu\u00e9 d\u2019air dans la nuit, l\u2019homme \u00e9coute, accompagne, raconte \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. La narration devient une partition, o\u00f9 chaque respiration compte. On guette le silence comme on guette un battement de vie. C\u2019est une <strong>immersion passionn\u00e9e<\/strong> dans ce qu\u2019il y a de plus fragile et de plus tenace chez les humains : aimer malgr\u00e9 la peur, parler quand la voix tremble, continuer quand la fin voudrait s\u2019inviter.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Verdun, cette pi\u00e8ce est un pari gagnant pour qui cherche un <strong>spectacle<\/strong> qui fait vibrer la <strong>sc\u00e8ne<\/strong> par la retenue. Le minimalisme sc\u00e9nographique d\u00e9multiplie la pr\u00e9sence des com\u00e9diens, et leur <strong>interpr\u00e9tation<\/strong> avance au cordeau. On pense au travail des musiciens de chambre : chaque nuance est audible, chaque inflexion a du sens. Il y a l\u00e0 un condens\u00e9 d\u2019<strong>arts vivants<\/strong> \u00e0 l\u2019\u00e9tat pur, une c\u00e9l\u00e9bration de la <strong>culture fran\u00e7aise<\/strong> au carrefour du sensible et du politique. Ni r\u00e9alisme plat, ni abstraction froide : une dramaturgie finement ourl\u00e9e o\u00f9 s\u2019embo\u00eetent dialogue int\u00e9rieur, aveux murmur\u00e9s et \u00e9lans amoureux. \u00c0 qui appartient la derni\u00e8re parole quand la mort r\u00f4de\u2009? La pi\u00e8ce r\u00e9pond par un ch\u0153ur \u00e0 deux voix, ferme et tendre, que Verdun accueille comme un rappel \u00e0 la joie fragile d\u2019exister.<\/p>\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_85 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Sommaire<\/p>\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/choeur-amants-theatre-verdun\/#%C2%AB_Choeur_des_amants_%C2%BB_a_Verdun_recit_lyrique_et_urgence_de_vivre_sur_la_scene_contemporaine\" >\u00ab Ch\u0153ur des amants \u00bb \u00e0 Verdun : r\u00e9cit lyrique et urgence de vivre sur la sc\u00e8ne contemporaine<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/choeur-amants-theatre-verdun\/#Deux_voix_un_meme_chant\" >Deux voix, un m\u00eame chant<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/choeur-amants-theatre-verdun\/#Dramaturgie_et_interpretation_la_mecanique_secrete_dun_duo_qui_respire\" >Dramaturgie et interpr\u00e9tation : la m\u00e9canique secr\u00e8te d\u2019un duo qui respire<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/choeur-amants-theatre-verdun\/#Les_ingredients_dune_interpretation_qui_marque\" >Les ingr\u00e9dients d\u2019une interpr\u00e9tation qui marque<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/choeur-amants-theatre-verdun\/#Scenographie_depouillee_emotions_pleines_lumiere_son_et_espace_en_50_minutes_intenses\" >Sc\u00e9nographie d\u00e9pouill\u00e9e, \u00e9motions pleines : lumi\u00e8re, son et espace en 50 minutes intenses<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-6\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/choeur-amants-theatre-verdun\/#Reperes_pratiques_et_echos_sceniques\" >Rep\u00e8res pratiques et \u00e9chos sc\u00e9niques<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-7\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/choeur-amants-theatre-verdun\/#Verdun_ville-pont_des_arts_vivants_resonances_locales_et_circulations_culturelles\" >Verdun, ville-pont des arts vivants : r\u00e9sonances locales et circulations culturelles<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-8\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/choeur-amants-theatre-verdun\/#Regarder_ecouter_partager\" >Regarder, \u00e9couter, partager<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-9\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/choeur-amants-theatre-verdun\/#Prolonger_lecho_apres_la_representation_pratiques_dialogues_et_pistes_pour_les_curieux\" >Prolonger l\u2019\u00e9cho apr\u00e8s la repr\u00e9sentation : pratiques, dialogues et pistes pour les curieux<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-10\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/choeur-amants-theatre-verdun\/#Quelques_pistes_concretes_pour_preparer_ou_prolonger\" >Quelques pistes concr\u00e8tes pour pr\u00e9parer ou prolonger<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-11\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/choeur-amants-theatre-verdun\/#A_qui_sadresse_%C2%AB_Choeur_des_amants_%C2%BB%E2%80%89\" >\u00c0 qui s\u2019adresse \u00ab Ch\u0153ur des amants \u00bb\u2009?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-12\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/choeur-amants-theatre-verdun\/#Combien_de_temps_dure_la_representation%E2%80%89\" >Combien de temps dure la repr\u00e9sentation\u2009?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-13\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/choeur-amants-theatre-verdun\/#Pourquoi_voir_la_piece_a_Verdun%E2%80%89\" >Pourquoi voir la pi\u00e8ce \u00e0 Verdun\u2009?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-14\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/choeur-amants-theatre-verdun\/#Faut-il_connaitre_Tiago_Rodrigues_pour_apprecier%E2%80%89\" >Faut-il conna\u00eetre Tiago Rodrigues pour appr\u00e9cier\u2009?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-15\" href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/choeur-amants-theatre-verdun\/#Peut-on_prolonger_lexperience_par_dautres_spectacles%E2%80%89\" >Peut-on prolonger l\u2019exp\u00e9rience par d\u2019autres spectacles\u2009?<\/a><\/li><\/ul><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"%C2%AB_Choeur_des_amants_%C2%BB_a_Verdun_recit_lyrique_et_urgence_de_vivre_sur_la_scene_contemporaine\"><\/span>\u00ab Ch\u0153ur des amants \u00bb \u00e0 Verdun : r\u00e9cit lyrique et urgence de vivre sur la sc\u00e8ne contemporaine<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il suffit d\u2019un plateau d\u00e9pouill\u00e9, de deux pr\u00e9sences, d\u2019une tension sans artifice. \u00ab <strong>Ch\u0153ur des amants<\/strong> \u00bb s\u2019ouvre par une suffocation nocturne, une alarme intime o\u00f9 l\u2019oxyg\u00e8ne se fait rare. La <strong>dramaturgie<\/strong> se tient sur ce fil, sans jamais c\u00e9der au spectaculaire : la peur de perdre et le d\u00e9sir de tenir se transforment en parole nette, pr\u00e9cise, presque musicale. \u00c0 <strong>Verdun<\/strong>, ce d\u00e9pouillement prend une saveur particuli\u00e8re. La ville habitu\u00e9e aux comm\u00e9morations commandait une proposition capable d\u2019embrasser le tragique sans imposer le pathos. Tiago Rodrigues r\u00e9pond avec un r\u00e9cit \u00e0 deux voix qui ne dramatise pas le r\u00e9el, il l\u2019\u00e9claire, le polit, l\u2019offre en \u00e9clats sensibles.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le texte, \u00e9crit en 2007, a grandi avec son auteur. Sa reprise r\u00e9cente, enrichie en exp\u00e9riences et en silences, donne \u00e0 entendre des strates nouvelles. On croit reconna\u00eetre ces couples crois\u00e9s au quotidien, alternant taquineries, tendresses, petites irritations et gestes qui sauvent. Les mots s\u2019entrelacent, parfois se r\u00e9p\u00e8tent, comme si chacun cherchait \u00e0 reformuler l\u2019instant pour mieux l\u2019habiter. Cet ent\u00eatement de la parole devient une fa\u00e7on de faire tenir le monde. C\u2019est du <strong>th\u00e9\u00e2tre contemporain<\/strong> dans sa forme la plus directe : peu d\u2019objets, pas de d\u00e9corum, tout pour la voix et le regard.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la salle, \u00c9lo\u00efse, professeure de lettres, s\u2019installe au troisi\u00e8me rang. Elle a lu des critiques enthousiastes venues de Paris et de Lisbonne, mais elle d\u00e9couvre surtout l\u2019\u00e9trange douceur de ces com\u00e9diens qui parlent comme on respire. Elle se surprend \u00e0 caler sa propre respiration sur la leur. Lorsque la femme raconte son moment d\u2019\u00e9touffement, \u00c9lo\u00efse recense mentalement les gestes de secours, mais la sc\u00e8ne ne propose pas un tutoriel : elle propose un partage d\u2019exp\u00e9rience. Le th\u00e9\u00e2tre, ici, ne donne pas des solutions, il offre une place \u00e0 l\u2019\u00e9motion commune.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La dur\u00e9e ramass\u00e9e (une cinquantaine de minutes) participe \u00e0 l\u2019intensit\u00e9. Le temps n\u2019est pas contraint\u2009; il est concentr\u00e9. Tout ce qui est dit a sa n\u00e9cessit\u00e9. Pas de redites vaines ni d\u2019effets d\u00e9coratifs, seulement ce qui \u00e9claire la ligne de cr\u00eate entre la vie et la mort. C\u2019est aussi une pi\u00e8ce accessible d\u00e8s l\u2019adolescence, parce qu\u2019elle parle d\u2019un amour qui tr\u00e9buche sans se briser. Rares sont les \u0153uvres qui donnent autant en si peu de temps, sans abuser du pathos ni du commentaire.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 ceux qui voudraient prolonger l\u2019aventure, le paysage culturel voisin offre de beaux contrepoints. Du c\u00f4t\u00e9 de Metz, on peut cartographier d\u2019autres \u00e9critures de plateau avec le <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-contemporain-lorry-metz\/\">th\u00e9\u00e2tre contemporain \u00e0 Lorry-Metz<\/a>, tandis que la sc\u00e8ne mosellane r\u00e9v\u00e8le des p\u00e9pites comme les <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-contemporain-talange-shahada\/\">cr\u00e9ations \u00e0 Talange<\/a>. Ces r\u00e9f\u00e9rences soulignent l\u2019\u00e9vidence : \u00ab Ch\u0153ur des amants \u00bb appartient \u00e0 un \u00e9cosyst\u00e8me vivant, en mouvement, qui relie les territoires par la force du r\u00e9cit et des corps.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette travers\u00e9e, \u00e0 Verdun, sonne comme un rappel\u2009: la puissance du plateau n\u2019a pas besoin d\u2019artifices pour bouleverser. Le th\u00e9\u00e2tre est un art d\u2019air et de souffle. Et dans ce <strong>spectacle<\/strong>, chaque souffle s\u2019entend.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Deux_voix_un_meme_chant\"><\/span>Deux voix, un m\u00eame chant<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La polyphonie \u00e0 deux voix est l\u2019invention la plus simple et la plus efficace de la pi\u00e8ce. Elle permet le va-et-vient entre souvenir et pr\u00e9sent, entre pr\u00e9cision clinique et vibrato affectif. Quand l\u2019un reprend, l\u2019autre \u00e9coute\u2009; quand l\u2019une h\u00e9site, l\u2019autre relance. Il n\u2019y a pas de hi\u00e9rarchie, seulement un accord. On sort convaincu que la conversation est peut-\u00eatre la plus belle forme d\u2019amour. Voil\u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 finale de cette premi\u00e8re \u00e9tape : l\u2019unisson ne nie pas les diff\u00e9rences, il les harmonise.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Dramaturgie_et_interpretation_la_mecanique_secrete_dun_duo_qui_respire\"><\/span>Dramaturgie et interpr\u00e9tation : la m\u00e9canique secr\u00e8te d\u2019un duo qui respire<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La <strong>dramaturgie<\/strong> de Tiago Rodrigues ressemble \u00e0 une horloge fine o\u00f9 les engrenages seraient des silences. \u00ab <strong>Ch\u0153ur des amants<\/strong> \u00bb ne raconte pas seulement une peur nocturne\u2009; il diss\u00e8que les r\u00e9actions, les micro-d\u00e9cisions, les inflexions du ton. Les deux interpr\u00e8tes se passent la parole comme on se passe un verre d\u2019eau \u00e0 quelqu\u2019un qui manque d\u2019air. Cette pr\u00e9cision nourrit une <strong>interpr\u00e9tation<\/strong> \u00e0 la fois retenue et vibrante, proche de la confidence mais tendue comme une corde de violon. Le metteur en sc\u00e8ne travaille le volume et la nuance, du pianissimo \u00e0 un mezzo forte discret, pour \u00e9viter l\u2019emphase tout en gardant la fi\u00e8vre.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On peut d\u00e9crire l\u2019architecture de la pi\u00e8ce comme une suite de variations. Un motif s\u2019installe \u2014 l\u2019\u00e9touffement, la peur \u2014 puis se d\u00e9cline : alors qui appelle\u2009? qui rassure\u2009? qui \u00e9coute\u2009? Chaque variation r\u00e9v\u00e8le une facette du couple, un angle mort qui devient angle vif. La sensation que quelque chose d\u2019irr\u00e9versible a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 \u00e9vit\u00e9 hante les r\u00e9pliques, sans effet de manche. C\u2019est le pr\u00e9sent qui int\u00e9resse Rodrigues, ce pr\u00e9sent dense o\u00f9 chaque mot peut sauver, consoler, ou faire mal si l\u2019on tient trop fort.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour le spectateur, tout se joue dans le d\u00e9tail sensible. La fa\u00e7on d\u2019avancer d\u2019un pas, de basculer le poids du corps, de reprendre son souffle, \u00e9tablit un paysage. La lumi\u00e8re ne fait pas que souligner\u2009; elle scande une temporalit\u00e9. Elle isole une joue, une main, un genou, comme un photographe saisirait un instant d\u2019intimit\u00e9. Ce frottement du corps et de la lumi\u00e8re donne \u00e0 la salle l\u2019impression d\u2019\u00eatre invit\u00e9e dans la chambre, au plus pr\u00e8s de l\u2019\u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Les_ingredients_dune_interpretation_qui_marque\"><\/span>Les ingr\u00e9dients d\u2019une interpr\u00e9tation qui marque<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voici ce que beaucoup emporteront en m\u00e9moire apr\u00e8s Verdun :<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Le tempo<\/strong>\u2009: une progression sans h\u00e2te, mais sans flottement, qui capte l\u2019attention sans lever la voix.<\/li><li><strong>Le partage<\/strong>\u2009: deux r\u00e9cits qui se r\u00e9pondent sans se chevaucher, comme une partition \u00e0 deux pupitres.<\/li><li><strong>Le regard<\/strong>\u2009: les yeux des acteurs interrogent la salle, convoquent un t\u00e9moin, jamais un juge.<\/li><li><strong>Le silence<\/strong>\u2009: des pauses o\u00f9 chacun respire, comme autant de micro-sauvetages.<\/li><li><strong>Le pas de c\u00f4t\u00e9<\/strong>\u2009: une pointe d\u2019humour qui d\u00e9samorce, qui remet l\u2019\u00e9motion \u00e0 temp\u00e9rature humaine.<\/li><\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale, cette \u00e9criture sobre r\u00e9sonne avec d\u2019autres tentatives d\u2019\u00e9pure. On peut la confronter au travail men\u00e9 \u00e0 la <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/micro-folie-theatre-longwy\/\">Micro-Folie de Longwy<\/a>, et, pour prendre la mesure des tonalit\u00e9s possibles, observer les contrastes avec le <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-contemporain-talange-shahada\/\">th\u00e9\u00e2tre de Talange<\/a> ou le <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-contemporain-lorry-metz\/\">th\u00e9\u00e2tre contemporain \u00e0 Lorry-Metz<\/a>. Les g\u00e9ographies changent, mais une m\u00eame question demeure : comment dire l\u2019intime \u00e0 voix haute sur une <strong>sc\u00e8ne<\/strong> partag\u00e9e\u2009?<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le duo d\u2019acteurs de \u00ab <strong>Ch\u0153ur des amants<\/strong> \u00bb r\u00e9pond par une \u00e9conomie de moyens. Ils posent de la tendresse l\u00e0 o\u00f9 d\u2019autres poseraient des cris. Ils posent du rythme l\u00e0 o\u00f9 d\u2019autres installeraient du bruit. C\u2019est cette modestie ambitieuse qui fait la force du <strong>spectacle<\/strong>. On ne voit pas l\u2019effort, mais on en ressent les effets, longtemps apr\u00e8s les applaudissements.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour qui d\u00e9couvre Tiago Rodrigues, quelques ressources vid\u00e9o donnent \u00e0 saisir cette grammaire sc\u00e9nique sans la figer.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces fragments ne remplacent pas l\u2019exp\u00e9rience de salle, mais ils en donnent une cartographie affective. Ils montrent la partition des regards, l\u2019\u00e9conomie des gestes, la fa\u00e7on dont la voix coud les morceaux de temps. Et ils donnent envie de v\u00e9rifier, de pr\u00e8s, comment tout cela respire en direct \u00e0 <strong>Verdun<\/strong>. Le pari, ici, est tenu haut la main\u2009: une \u00e9criture qui \u00e9coute, une parole qui soigne. Voil\u00e0 l\u2019ultime secret de la section\u2009: l\u2019art de ne pas en rajouter pour en dire plus.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Scenographie_depouillee_emotions_pleines_lumiere_son_et_espace_en_50_minutes_intenses\"><\/span>Sc\u00e9nographie d\u00e9pouill\u00e9e, \u00e9motions pleines : lumi\u00e8re, son et espace en 50 minutes intenses<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La sc\u00e8ne est presque vide, et pourtant elle d\u00e9borde. C\u2019est le paradoxe heureux de \u00ab <strong>Ch\u0153ur des amants<\/strong> \u00bb. Une chaise, un rectangle de lumi\u00e8re, peut-\u00eatre un banc : l\u2019essentiel. La sc\u00e9nographie ne discute pas avec le texte, elle lui ouvre un passage. Les com\u00e9diens peuvent glisser d\u2019un \u00e9tat \u00e0 l\u2019autre sans obstacle, et le spectateur se d\u00e9place mentalement avec eux. La mise en espace \u00e9pouse la notion de chambre, de veille nocturne, sans jamais reconstituer un d\u00e9cor r\u00e9aliste. Le <strong>th\u00e9\u00e2tre contemporain<\/strong> s\u2019autorise cette abstraction concr\u00e8te : le lit n\u2019est pas n\u00e9cessaire quand l\u2019id\u00e9e du lit, la fatigue, l\u2019inqui\u00e9tude, s\u2019inscrivent dans le corps.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La lumi\u00e8re, c\u2019est l\u2019autre acteur silencieux. Elle d\u00e9limite les zones de pr\u00e9sence, joue sur les volumes, rapproche ou \u00e9loigne les visages. Parfois, elle devient une respiration lente qui suit le flux du r\u00e9cit. \u00c0 Verdun, cette pr\u00e9cision de l\u2019\u00e9clairage trouve un alli\u00e9 dans l\u2019acoustique des lieux, qui capte les micro-sons : un souffle, un frottement de tissu, une micro-h\u00e9sitation. Le son n\u2019envahit pas l\u2019espace, il le sculpte \u00e0 bas bruit. Quand la peur monte, un l\u00e9ger changement de couleur suffit\u2009; nul besoin de signal d\u2019alarme.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette ma\u00eetrise de la technique au service de la sensation s\u2019accorde parfaitement \u00e0 la dur\u00e9e courte du <strong>spectacle<\/strong> (environ 50 minutes) et \u00e0 son accessibilit\u00e9 (d\u00e8s 14 ans). Le public adolescent, souvent somm\u00e9 d\u2019aimer les r\u00e9cits tonitruants, d\u00e9couvre ici qu\u2019un murmure bien plac\u00e9 peut d\u00e9placer des montagnes intimes. Des enseignants s\u2019y projettent, imaginant un \u00e9change apr\u00e8s la repr\u00e9sentation\u2009: comment dire \u00ab j\u2019ai eu peur pour toi \u00bb\u2009? comment dire \u00ab je te tiens \u00bb\u2009? Le plateau, alors, agit comme une bo\u00eete \u00e0 outils affective.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Reperes_pratiques_et_echos_sceniques\"><\/span>Rep\u00e8res pratiques et \u00e9chos sc\u00e9niques<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour situer la proposition dans un paysage plus large, voici un tableau r\u00e9capitulatif utile aux curieux :<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>\u00c9l\u00e9ment<\/th>\n<th>D\u00e9tail<\/th>\n<th>Contexte<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Titre<\/strong><\/td>\n<td>\u00ab Ch\u0153ur des amants \u00bb<\/td>\n<td>Texte et mise en sc\u00e8ne de Tiago Rodrigues<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Dur\u00e9e<\/strong><\/td>\n<td>Environ 50 minutes<\/td>\n<td>Intensit\u00e9 concentr\u00e9e, sans entracte<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>\u00c2ge conseill\u00e9<\/strong><\/td>\n<td>D\u00e8s 14 ans<\/td>\n<td>Id\u00e9al pour l\u2019\u00e9ducation artistique et l\u2019\u00e9change<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Sc\u00e9nographie<\/strong><\/td>\n<td>Plateau d\u00e9pouill\u00e9<\/td>\n<td>Lumi\u00e8re et son au service de l\u2019intime<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Ville<\/strong><\/td>\n<td>Verdun<\/td>\n<td>Inscrit dans la vitalit\u00e9 des <strong>arts vivants<\/strong> du Grand Est<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comparer \u00e9claire. On peut, par exemple, observer le jeu de tensions d\u2019un autre duo dans <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/ma-femme-carriere-theatre\/\">Ma femme a une carri\u00e8re<\/a>, o\u00f9 la r\u00e9ussite envahit l\u2019espace domestique. Ou bien retrouver un r\u00e9alisme po\u00e9tique, frontal et sportif, dans <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/bal-trap-theatre-saulny\/\">Bal-Trap \u00e0 Saulny<\/a>. Dans un autre registre, le cheminement collectif propos\u00e9 par le <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-contemporain-nievroz\/\">th\u00e9\u00e2tre contemporain \u00e0 Ni\u00e9vroz<\/a> rappelle que chaque territoire fabrique sa propre acoustique du vrai.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce panorama n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 la singularit\u00e9 de <strong>Ch\u0153ur des amants<\/strong>. Au contraire, il souligne la force du choix minimaliste. Quand il ne reste que la voix et la lumi\u00e8re, alors tout devient lisible\u2009: la peur, la tendresse, la gratitude. Ce d\u00e9pouillement est un luxe rare dans notre \u00e9poque satur\u00e9e d\u2019images. Il autorise le retour au sens premier du mot \u00ab \u00e9couter \u00bb\u2009: pr\u00eater l\u2019oreille, attention soutenue, disponibilit\u00e9 enti\u00e8re. Dernier mot pour cette section\u2009: la sobri\u00e9t\u00e9, c\u2019est la puissance au ralenti.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Verdun_ville-pont_des_arts_vivants_resonances_locales_et_circulations_culturelles\"><\/span>Verdun, ville-pont des arts vivants : r\u00e9sonances locales et circulations culturelles<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parler de \u00ab <strong>Ch\u0153ur des amants<\/strong> \u00bb \u00e0 <strong>Verdun<\/strong>, c\u2019est parler d\u2019une ville qui sait accueillir les r\u00e9cits du risque et de la r\u00e9paration. Ici, le patrimoine ne paralyse pas : il fertilise. La programmation de janvier illustre cette curiosit\u00e9 tous azimuts. On passe d\u2019une performance circassienne muscl\u00e9e avec \u00ab Sawdust Symphony \u00bb \u00e0 un th\u00e9\u00e2tre de boulevard comme \u00ab La Soupi\u00e8re \u00bb, puis \u00e0 des formats populaires, ateliers ou rencontres, qui tissent un lien transversal avec la population. Cette coexistence raconte quelque chose d\u2019essentiel : les <strong>arts vivants<\/strong> ne forment pas des chapelles, ils partagent un m\u00eame d\u00e9sir de pr\u00e9sence.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce flux, \u00ab <strong>Ch\u0153ur des amants<\/strong> \u00bb joue la carte de la d\u00e9licatesse. Il propose une halte, une chambre d\u2019\u00e9cho o\u00f9 chacun peut mesurer ce qui compte. La ville y gagne un espace de confidence, un moment de beaut\u00e9 sans majuscules. Ceux qui suivent les saisons du Grand Est savent que cette dynamique d\u00e9passe Verdun. Longwy s\u2019essaie \u00e0 de nouvelles m\u00e9diations, Metz abrite des \u00e9critures fougueuses, Talange confirme des fid\u00e9lit\u00e9s d\u2019artistes. Tout cela circule, et le public circule avec. La <strong>culture fran\u00e7aise<\/strong> se tresse ici au quotidien, loin des annonces tonitruantes.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019un week-end, on peut composer son propre diptyque : une soir\u00e9e de murmures avec \u00ab Ch\u0153ur des amants \u00bb, puis une parenth\u00e8se collective et participative le lendemain avec <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/fugue-theatre-contemporain-mjc\/\">Fugue en MJC<\/a>. Ou bien, pour les curieux des \u00e9critures du temps et du d\u00e9part, embarquer vers <a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-contemporain-adieu\/\">une variation autour d&rsquo;Adieu<\/a>, qui interroge la disparition d\u2019une autre mani\u00e8re. Et pourquoi ne pas r\u00eaver d\u2019\u00e9changes europ\u00e9ens, \u00e0 l\u2019image d\u2019<a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/theatre-madrid-seniors\/\">un s\u00e9jour th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Madrid pour seniors<\/a>, preuve que la circulation des \u0153uvres n\u2019a pas d\u2019\u00e2ge\u2009?<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette effervescence n\u2019emp\u00eache pas de garder les pieds sur terre : les spectateurs aiment aussi savoir quand venir, comment r\u00e9server, que pr\u00e9voir. La programmation de janvier \u00e0 Verdun, avec ses contrastes \u2014 \u00ab Sawdust Symphony \u00bb autour du 21, \u00ab La Soupi\u00e8re \u00bb le 24, un loto convivial le 25 \u2014, montre une chose simple : il y a toujours une porte d\u2019entr\u00e9e, que l\u2019on vienne en famille, entre amis, ou en solo. \u00ab Ch\u0153ur des amants \u00bb s\u2019inscrit dans ce patchwork avec une proposition plus courte et plus dense, parfaite pour une soir\u00e9e en semaine ou un samedi o\u00f9 l\u2019on veut \u00eatre boulevers\u00e9 sans rentrer trop tard.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Regarder_ecouter_partager\"><\/span>Regarder, \u00e9couter, partager<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le th\u00e9\u00e2tre ne se consomme pas, il s\u2019habite. \u00c0 Verdun, l\u2019habitude s\u2019installe : on vient, on s\u2019assoit, on se laisse faire. Puis, au bar, les discussions recommencent le spectacle. On compare les versions vues ailleurs, on \u00e9change des recommandations r\u00e9gionales (\u00ab va voir \u00e7a \u00e0 Metz, regarde plut\u00f4t \u00e7a \u00e0 Talange \u00bb), on raconte ce que la pi\u00e8ce a remu\u00e9. Ces trajets sont pr\u00e9cieux. Ils fabriquent une communaut\u00e9 de spectateurs, et c\u2019est peut-\u00eatre le plus beau r\u00f4le d\u2019un th\u00e9\u00e2tre aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour se pr\u00e9parer, rien ne remplace un \u00e9clairage vid\u00e9o, sans perdre le plaisir de la d\u00e9couverte.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce type de contenu, \u00e0 dose choisie, aiguise l\u2019app\u00e9tit sans rassasier trop vite. Il rappelle qu\u2019une <strong>immersion passionn\u00e9e<\/strong> a besoin d\u2019un peu de myst\u00e8re pour durer. La section se referme ainsi\u2009: Verdun n\u2019est pas un d\u00e9tour, c\u2019est un rendez-vous.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Prolonger_lecho_apres_la_representation_pratiques_dialogues_et_pistes_pour_les_curieux\"><\/span>Prolonger l\u2019\u00e9cho apr\u00e8s la repr\u00e9sentation : pratiques, dialogues et pistes pour les curieux<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On sort de \u00ab <strong>Ch\u0153ur des amants<\/strong> \u00bb avec l\u2019envie de parler bas et d\u2019\u00e9couter longtemps. Comment faire durer cette sensation\u2009? D\u2019abord, compter sur l\u2019apr\u00e8s-spectacle : un temps de questions, parfois improvis\u00e9, souvent fertile. Les com\u00e9diens n\u2019expliquent rien, ils partagent des angles. Ils racontent l\u2019entra\u00eenement discret des respirations, la pr\u00e9paration presque sportive des silences. L\u2019\u00e9quipe technique explique comment un simple filtre de lumi\u00e8re repositionne un souvenir. Ces coulisses nourrissent la joie de revoir la pi\u00e8ce, autrement.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ensuite, glisser vers la lecture. Les textes de Tiago Rodrigues gagnent \u00e0 \u00eatre parcourus \u00e0 voix haute, par deux, chez soi. On comprend mieux l\u2019\u00e9criture en entendant sa musique. Une enseignante confie avoir propos\u00e9 \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves un exercice simple : \u00e9crire une sc\u00e8ne o\u00f9 l\u2019on raconte une peur d\u2019hier avec la tendresse d\u2019aujourd\u2019hui. Deux \u00e9l\u00e8ves, L\u00e9a et Samir, ont partag\u00e9 une lettre \u00e0 deux mains, l\u2019une commen\u00e7ant chaque phrase, l\u2019autre la finissant. Ils ont d\u00e9couvert la force d\u2019un ch\u0153ur, m\u00eame miniature. Le th\u00e9\u00e2tre rejaillit dans la vie quotidienne, et c\u2019est peut-\u00eatre le plus beau compliment.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les chemins de traverse ne manquent pas pour explorer les liens entre amour, hasard et choix. Quand la programmation l\u2019autorise, on peut poser \u00ab Ch\u0153ur des amants \u00bb en regard d\u2019<a href=\"https:\/\/aleadespossibles.fr\/amour-hasard-bourg-en-bresse\/\">Amour et hasard \u00e0 Bourg-en-Bresse<\/a>. On y mesure ce qu\u2019un duo sobre gagne en densit\u00e9 face \u00e0 des com\u00e9dies de situation plus foisonnantes. On se surprend \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer, parfois, le murmure au vacarme. Ce n\u2019est pas une opposition st\u00e9rile, c\u2019est un dialogue entre formes : la <strong>sc\u00e8ne<\/strong> a mille fa\u00e7ons de faire battre le c\u0153ur.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Quelques_pistes_concretes_pour_preparer_ou_prolonger\"><\/span>Quelques pistes concr\u00e8tes pour pr\u00e9parer ou prolonger<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pratiquer nourrit le regard. Voici un petit parcours d\u2019atelier, facile \u00e0 tester en classe, en compagnie, ou entre amis :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li><strong>Respirer comme un ch\u0153ur<\/strong>\u2009: deux personnes face \u00e0 face, yeux ouverts, respirations qui s\u2019accordent pendant une minute, sans parler. On \u00e9coute le temps.<\/li><li><strong>\u00c9crire \u00e0 deux<\/strong>\u2009: une phrase, chacun son tour, cinq minutes. Chercher l\u2019unisson sans effacer sa couleur.<\/li><li><strong>Monter la lumi\u00e8re<\/strong>\u2009: lampe de poche, angle de 45\u00b0, lire un passage. Remarquer ce que change la lumi\u00e8re sur la voix.<\/li><li><strong>Cartographier le silence<\/strong>\u2009: rep\u00e9rer, dans un texte court, trois endroits o\u00f9 le silence dirait plus que les mots.<\/li><li><strong>Partager un \u00e9cho<\/strong>\u2009: en une minute, chacun dit ce qu\u2019il emporte du <strong>spectacle<\/strong>. Pas d\u2019avis d\u00e9finitif, juste un \u00e9lan.<\/li><\/ol>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On peut aussi tracer son itin\u00e9raire de spectateur curieux dans la r\u00e9gion. Explorer un format plus populaire, puis revenir aux \u00e9critures resserr\u00e9es. Chercher un d\u00e9tour par l\u2019Espagne, s\u2019int\u00e9resser aux sc\u00e8nes rurales, visiter un lieu hybride. Les options existent, dans un maillage o\u00f9 les acteurs culturels dialoguent naturellement. On le voit, \u00ab <strong>Ch\u0153ur des amants<\/strong> \u00bb ne s\u2019\u00e9teint pas avec les saluts : il devient un outil pour mieux \u00e9couter le monde.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dernier pas, et non des moindres\u2009: fixer un rendez-vous avec soi-m\u00eame. Apr\u00e8s la repr\u00e9sentation, marcher dix minutes en silence. \u00c9couter la ville. Noter une phrase, deux images. Le th\u00e9\u00e2tre, c\u2019est une m\u00e9moire en marche. Et Verdun, le temps d\u2019une soir\u00e9e, devient un carnet vivant.<\/p>\n\n<script type=\"application\/ld+json\">\n{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@type\":\"FAQPage\",\"mainEntity\":[{\"@type\":\"Question\",\"name\":\"u00c0 qui su2019adresse u00ab Chu0153ur des amants u00bbu2009?\",\"acceptedAnswer\":{\"@type\":\"Answer\",\"text\":\"u00c0 toute personne sensible aux ru00e9cits intimes et aux u00e9critures u00e9puru00e9es, du00e8s 14 ans. 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Les adolescents y trouvent une forme accessible, les adultes une densit\u00e9 \u00e9motionnelle rare.<\/p>\n<h3><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Combien_de_temps_dure_la_representation%E2%80%89\"><\/span>Combien de temps dure la repr\u00e9sentation\u2009?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n<p>Environ 50 minutes, sans entracte. Cette dur\u00e9e courte intensifie l\u2019\u00e9coute et la concentration du public.<\/p>\n<h3><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Pourquoi_voir_la_piece_a_Verdun%E2%80%89\"><\/span>Pourquoi voir la pi\u00e8ce \u00e0 Verdun\u2009?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n<p>Parce que la ville offre un contexte unique, entre m\u00e9moire et vitalit\u00e9 artistique. La r\u00e9ception locale met en valeur la sobri\u00e9t\u00e9 et la pr\u00e9cision de l\u2019interpr\u00e9tation.<\/p>\n<h3><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Faut-il_connaitre_Tiago_Rodrigues_pour_apprecier%E2%80%89\"><\/span>Faut-il conna\u00eetre Tiago Rodrigues pour appr\u00e9cier\u2009?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n<p>Non. La dramaturgie est claire et l\u2019interpr\u00e9tation guide le spectateur. Conna\u00eetre l\u2019auteur enrichit l\u2019exp\u00e9rience, mais n\u2019est pas indispensable.<\/p>\n<h3><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Peut-on_prolonger_lexperience_par_dautres_spectacles%E2%80%89\"><\/span>Peut-on prolonger l\u2019exp\u00e9rience par d\u2019autres spectacles\u2009?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n<p>Oui. Dans le Grand Est et au-del\u00e0, de nombreuses propositions dialoguent avec cette esth\u00e9tique, comme des cr\u00e9ations \u00e0 Talange, Lorry-Metz ou des parcours en MJC.<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans une ville o\u00f9 l\u2019Histoire r\u00e9sonne partout, \u00ab Ch\u0153ur des amants \u00bb installe un souffle nouveau au c\u0153ur de Verdun. Le texte de Tiago Rodrigues, &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":507,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_members_access_role":[],"_members_access_error":""},"categories":[3],"tags":[561,154,563,48,562],"class_list":["post-508","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-theatre-contemporain-classique-pieces","tag-choeur-des-amants","tag-immersion-theatrale","tag-spectacle-passionne","tag-theatre-contemporain","tag-verdun"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/508","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=508"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/508\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/507"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=508"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=508"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/aleadespossibles.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=508"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}