Au cœur de Dinan, le Théâtre des Jacobins s’agite déjà : câbles qui serpentent, rires de bénévoles, pancartes fraîchement sérigraphiées. Tout annonce le retour du Théâtre en Rance, fidèle à la semaine de l’Ascension, avec une édition 34 qui assume plus que jamais son credo : « Notre exigence fait notre renommée ». Quatre jours où le spectacle vivant déploie ses ailes, huit créations amateures affûtées tout au long de l’année, des lectures qui bousculent, des ateliers où les mots transpirent, et, grande première, un pas vers le professionnel avec une pièce dansée et signée. Ici, la préparation est une science collective et une joie contagieuse.
La tonalité est donnée par une équipe qui ne laisse rien au hasard. Sélection des troupes dans tout le Grand Ouest, logistique des deux plateaux au sein du même théâtre, apéros-concerts gratuits sur le parvis et journée entière dédiée aux élèves de l’école de théâtre : la promesse est claire, populaire et affûtée. Dinan s’affirme comme un phare régional où la culture respire à pleins poumons, où les arts de la scène s’embrassent et se répondent, où le festival théâtre prouve que l’exigence peut rimer avec ambiance chaleureuse. Du 13 au 16 mai 2026, le public retrouvera ce goût du partage qui fait la force d’un événement né de cinq compagnies locales et devenu, au fil des décennies, une signature accueillante et têtue.
Sommaire
« Notre exigence fait notre renommée » : dans la préparation minutieuse de l’édition 34 à Dinan
À Dinan, la préparation du Théâtre en Rance commence bien avant le premier lever de rideau. La commission des pratiques sillonne le Grand Ouest pour repérer des spectacles au plus près du public, en quête d’écritures nerveuses, de rythmes maîtrisés et de jeux habités. « Nous voyons des dizaines de propositions pour retenir celles qui allient souffle artistique et faisabilité technique », confie, dans les coulisses, Pierre Guillo, président de l’association, rappelant que l’exigence n’est pas un slogan mais une méthode.
Cette méthode se nourrit d’échanges nourris et d’essais à blanc. La répétition d’accueil dans le deuxième plateau, installé à l’étage du Théâtre des Jacobins, met tout le monde d’accord sur les temps de montage, les contraintes de décor et les transitions. Rien ne doit casser l’élan du public, toujours invité à circuler d’un espace à l’autre avec fluidité. Une scène recréée de toutes pièces, avec son, lumière et machinerie, offre aux compagnies un terrain de jeu à la fois exigeant et stimulant.
En 2026, l’équipe raconte volontiers l’histoire d’Anne-Lise, comédienne d’une troupe rennaise, dont la scénographie pensée pour une grande scène a dû se réinventer le temps d’une traversée par la Rance. Elle a troqué un mur modulable pour une frise lumineuse transportable, gagnant en précision ce qu’elle perdait en ampleur brute. Résultat : un texte mis au premier plan, un rythme resserré, un public happé. C’est ainsi que se fabrique la renommée du festival : par des ajustements minutieux qui renforcent l’essentiel.
Pourquoi cette rigueur plaît-elle tant aux spectateurs ? Parce qu’elle respecte leur attente d’un théâtre vivant, au sens plein. Les œuvres retenues partagent cette qualité rare : faire oublier le dispositif. Même sur un plateau transformé en 45 minutes, les corps, les voix et la lumière racontent sans béquille. D’une comédie contemporaine à une pièce plus poétique, l’éventail est large tant que le cœur bat vrai. La préparation y est la complice discrète d’un jaillissement sensible.
Rien n’est laissé au hasard dans la relation au public non plus. L’accueil s’affine chaque année, de la billetterie au placement en salle, en passant par le parvis où se tissent les premières conversations autour d’un apéro-concert gratuit. À l’heure du dîner, des musiciens mettent le sourire au bord des lèvres, avant que chacun ne retourne en salle avec une curiosité avivée. On vient pour un spectacle et l’on reste pour l’expérience d’ensemble.
Et si l’exigence n’était qu’un autre mot pour hospitalité bien pensée ? L’équipe, composée d’une vingtaine de bénévoles et de six techniciens intermittents, prouve qu’on peut viser haut sans perdre le sens de l’accueil. Chaque artiste se sait attendu, chaque spectateur se sait considéré. De cette alchimie naît une fidélité rare, qui fait du Théâtre en Rance une halte immanquable du printemps breton. Au bout du compte, la préparation devient une promesse tenue : tout est prêt pour que la scène, et rien que la scène, prenne le dessus.
Commission artistique et repérages dans le Grand Ouest
La commission parcourt la Bretagne et les régions voisines, croisant programmations associatives et festivals, privilégiant les rencontres avec les équipes. L’objectif est de repérer les arts de la scène qui parlent d’aujourd’hui sans didactisme, avec une justesse d’interprétation. Des références circulent, des débats s’ouvrent, des retours d’expérience s’échangent sur la durée, afin d’aboutir à une sélection qui honore la diversité des écritures.
Ces repérages, parfois nocturnes, racontent aussi l’écosystème du spectacle vivant. Les compagnies évoquent leurs tournées, leurs fragilités logistiques et leurs trouvailles scénographiques. Cette écoute nourrit la cohérence de l’édition 34, qui assume des variations de tons et d’esthétiques sans se perdre. Résister à la tentation du « thème » unique, c’est faire confiance aux œuvres et au public, et créer le frisson d’une découverte à chaque créneau.
La clé de voûte reste la cohérence entre ambition artistique et cadre technique. À Dinan, ce cadre est exigeant et agile. Il s’adapte quand il le faut, mais il ne ment jamais sur le temps ni l’espace. Cette honnêteté, au fond, est une forme de respect. Elle scelle la signature d’un festival qui a choisi sa voie et qui l’honore ensemble, sur scène et en salle, jour après jour.
Pour clore ce premier volet, une vérité simple s’impose : à Dinan, on construit l’exceptionnel avec des gestes précis. C’est cette mécanique humaine, chaude et attentive, qui transforme une programmation en expérience mémorable.
L’architecture technique ouvre justement la porte au second grand pilier du festival : la magie du double plateau.
Le double plateau du Théâtre des Jacobins : une logistique ciselée au service du spectacle vivant
Le Théâtre des Jacobins offre un terrain de jeu unique avec ses deux plateaux qui se répondent. Au rez-de-chaussée, le grand plateau accueille les formes qui respirent large ; à l’étage, un espace scénique recréé chaque année, avec toute la technique nécessaire, favorise l’immersion et la proximité. Cette configuration, rare pour un festival théâtre piloté par une association, impose un tempo soutenu et un art du contretemps.
Entre deux représentations, l’équipe coordonne un ballet précis : démontage millimétré, éclairage re-mémorisé, plateau reconfiguré pour la troupe suivante. Dans les loges, les comédiens ajustent costumes et accessoires tandis que la régie murmure les top-lights. Ce dialogue constant entre les espaces permet de proposer davantage de spectacles dans un même laps de temps, sans sacrifier la qualité d’écoute ni la lisibilité scénique.
Pour illustrer cette exigence technique, Lucie, bénévole depuis dix ans, raconte sa « bible » des changements à vue. Pages plastifiées, post-it fluo, minuteur fixé au poignet : rien n’est laissé à l’approximation. Un décor doit pouvoir entrer par une porte latérale étroite, un praticable doit se monter sans vis supplémentaires, un micro HF doit être testé deux fois. Ce « souci du détail » n’est pas une manie, c’est une grammaire.
Dès l’appel à troupes, les paramètres sont énoncés clairement. Chacun sait que la beauté d’un spectacle se joue aussi dans sa capacité à respecter l’espace et le temps partagés. Cette clarté change tout : les équipes arrivent préparées, anticipent, adaptent, et parfois trouvent mieux que leur première idée. L’outil change l’œuvre, mais il peut la sublimer si l’on accepte le jeu.
Critères de sélection techniques et artistiques
Pour être retenu, un spectacle doit conjuguer densité artistique et agilité matérielle. Ces repères, affinés d’année en année, structurent l’accueil et sécurisent l’expérience du public. Ils sont autant de garde-fous que d’invitations à la créativité.
- Qualité d’interprétation : présence, écoute, rythme et précision du jeu.
- Écriture scénique claire : dramaturgie lisible, transitions maîtrisées.
- Scénographie adaptable : décors modulables, faible empreinte au sol, entrée facile.
- Montage rapide : installation et démontage en temps contraint, autonomie technique.
- Sound & light efficaces : mémoire lumière concise, fiches techniques fiables.
- Relation au public : adresse sensible, énergie du plateau, cohérence du propos.
Cette liste s’éprouve dans le réel. Certaines compagnies transforment, par exemple, un canapé encombrant en tapis de jeu graphique, gagnant en mobilité ce qu’elles perdent en réalisme. D’autres réduisent un bouquet sonore trop luxurieux à un motif leitmotiv qui signe la représentation. Le parti pris est clair : la contrainte devient dramaturgie.
Pour celles et ceux qui souhaitent approfondir la réflexion sur les modèles de scène et leurs révolutions, une réflexion sur la scène nationale éclaire les dynamiques de plateau et de diffusion, utile pour situer Dinan dans une cartographie plus large du spectacle vivant. À l’échelle locale, cette expertise se traduit par un confort accru pour le public et une précision renforcée pour les artistes.
Le double plateau n’est pas un gadget : il est la condition de l’abondance sans la dispersion. Il permet d’articuler créations courtes et formats plus amples, de ménager des respirations avec les apéros-concerts, et de composer une dramaturgie de festival qui alterne intensités. En somme, une architecture qui pense l’attention du spectateur sur la durée.
En coulisses comme en salle, l’expérience prend ainsi une forme musicale : un temps fort, un contrepoint, une coda, puis un nouveau thème. Cette partition partagée prépare le terrain pour une audace 2026, l’ouverture au professionnel qui viendra dialoguer avec les pratiques amateures.
Cette articulation des espaces est aussi la rampe idéale pour accueillir la grande nouveauté de l’année : une pièce dansée et signée, entre radio rétro et énergie chorégraphique.
Amateurs en lumière et audace professionnelle : un festival théâtre fidèle et inclusif
La 34e édition fait un pas inédit vers le monde professionnel en invitant, le samedi soir, un spectacle de danse signé. Sur scène, deux femmes préparent l’ouverture d’un bistrot en écoutant la radio, glissant des chansons populaires des années 1960 à 1980 vers des mouvements chorégraphiés, pendant que les paroles sont traduites en langue des signes. L’inclusivité n’est pas ici un appendice, mais la colonne vertébrale de l’écriture scénique.
Ce geste n’efface pas l’ADN du festival : il le prolonge. Le reste de la programmation demeurera consacré aux créations amateures, avec des textes contemporains, de l’humour, de la poésie et des sujets qui interrogent l’époque. L’écologie, la solitude, la place des femmes et les frottements du quotidien trouvent sur les plateaux un écho vif. On ne construit pas l’édition 34 autour d’un thème unique, mais autour d’une boussole : la qualité du théâtre proposé.
Dans la cour pavée du théâtre, le public passe de la chanson à la scène comme on traverse un pont. Les apéros-concerts, gratuits, plantent une ambiance décontractée, avant que la salle n’offre sa concentration. Ce balancement, presque respiratoire, fait partie de la marque de fabrique du festival. C’est une façon de dire : les arts se répondent, l’écoute se prépare, l’émotion circule.
Pour ouvrir des fenêtres, le festival assume aussi ses dialogues au long cours. Des lectures publiques s’invitent en journée, des ateliers d’écriture ouvrent la voix et la voie, et des rencontres avec les équipes prolongent les émotions. On repart souvent avec un texte griffonné dans la poche, un nom de troupe à suivre, et l’envie de revenir le lendemain. C’est l’expérience d’un lieu qui respire la culture au quotidien.
Cette attention aux trajectoires se reflète jusque dans la curiosité internationale des spectateurs, friands d’explorer ce qui se trame ailleurs. À ceux-là, une passerelle vers d’autres esthétiques peut séduire, comme un détour par le Nord et l’Asie via le regard croisé sur de grandes scènes internationales. Ce type de lecture nourrit les attentes et relativise les moyens, montrant que l’audace n’est pas l’apanage des temples nationaux.
La programmation, quant à elle, ne cherche pas l’unanimité. Elle préfère le dialogue, parfois la friction douce. Un solo poétique répond à une comédie acérée, une fable écologique se faufile entre deux éclats de rire. L’idée est de multiplier les portes d’entrée pour que chacun se sente attendu. En filigrane, une conviction : le théâtre n’est pas un miroir complaisant, mais une surface vivante où l’on accepte d’être un peu déplacé.
Inclusion et accessibilité : une dynamique concrète
Accueillir un spectacle traduit en langue des signes n’est pas seulement un signal. C’est l’occasion d’améliorer l’accessibilité globale, de l’accueil du public aux informations de billetterie, en passant par la médiation. Les équipes s’outillent, se forment, testent des formats de rencontres après spectacle avec interprétariat, pour que chacun trouve sa place. L’inclusion devient ainsi un travail patient, qui transforme les habitudes.
Au-delà, l’ouverture à un projet professionnel crée un effet miroir stimulant. Les compagnies amateures dialoguent, s’observent, se défient gentiment. Elles gagnent en ambition sans perdre leur liberté, dans une émulation bienveillante. C’est, au fond, une manière d’habiter l’exigence : se donner les moyens d’aller plus loin, ensemble.
Dans cette perspective, on peut aussi se nourrir de propositions engagées venues d’ailleurs, comme ces spectacles autour de la sororité qui interrogent nos manières de faire corps. À Dinan, cette curiosité ne relève pas de la coquetterie : elle irrigue la programmation et l’accueil, et rend le public plus attentif aux nuances du plateau.
Ce chapitre inclusif est d’autant plus fort qu’il s’appuie sur une tradition de transmission, fil vivant du festival depuis ses débuts.
Transmission et jeunesse : l’école de théâtre, les ateliers et la fabrique des publics à Dinan
Le jour d’ouverture, le Théâtre des Jacobins appartient aux jeunes comédiens de l’école de l’association. Enfants et adolescents y présentent leurs créations, souvent drôles, parfois mélancoliques, toujours habitées d’une précision qui surprend. Le public découvre des récits au présent, sans apprêt, lancés avec l’assurance fragile de la jeunesse, qui ose et ne triche pas.
Cette journée n’est pas un simple lever de rideau. Elle est la preuve que le festival se construit toute l’année : ateliers hebdomadaires, interventions en milieu scolaire, « Premiers Émois » pour les tout-petits, et « Renc’Arts » estivaux qui emportent le théâtre hors les murs. La ville entière devient alliée, du centre ancien aux quartiers plus éloignés, pour faire circuler la curiosité et la confiance. L’enjeu est double : former des artistes en herbe et tisser des publics exigeants, donc attentifs.
La pédagogie choisie alterne exercices d’improvisation, travail de texte et chantiers de mise en scène. On y apprend à écouter, à respirer, à se risquer. Ces savoir-faire dépassent la scène : ils aident à prendre la parole, à gérer une émotion, à construire un récit. Pour les groupes qui désirent s’initier à l’impro, l’inspiration peut venir d’ailleurs, comme cet atelier d’improvisation à Montoir qui illustre combien le jeu favorise la cohésion et la spontanéité.
Dans la salle, les familles croisent des spectateurs fidèles, des curieux de passage et des professionnels de la médiation. Ce mélange crée une énergie rare : on applaudit l’audace plus que la perfection, la prise de risque plus que la joliesse. Les jeunes repartent avec des retours concrets, qui saluent une intention, une écoute, une trouvaille de jeu. Cette reconnaissance vaut plus que tout trophée : elle donne envie de continuer.
Pour organiser la circulation du public et offrir des points de repère, le festival propose un déroulé clair sur ses quatre jours. Sans enfermer les artistes, ce canevas ménage des plages de respiration et des espaces de rencontre. Il s’articule autour des temps scolaires, des restitutions, des spectacles du soir et des apéros-concerts.
| Jour | Matin | Après-midi | Soir | Parvis |
|---|---|---|---|---|
| Mercredi 13/05 | Restitutions école de théâtre (enfants) | Lectures publiques et ateliers d’écriture | Création amateure 1 (plateau principal) | Apéro-concert gratuit |
| Jeudi 14/05 | Rencontres scolaires | Création amateure 2 (plateau étage) | Création amateure 3 (plateau principal) | — |
| Vendredi 15/05 | Ateliers de jeu et médiation | Création amateure 4 (plateau étage) | Création amateure 5 (plateau principal) | Apéro-concert gratuit |
| Samedi 16/05 | Focus jeunes (adolescents) | Création amateure 6 et 7 (alternance) | Spectacle de danse signé (professionnel) | Apéro-concert gratuit |
Au-delà du calendrier, l’essentiel est ailleurs : la confiance posée dans la capacité des plus jeunes à faire théâtre, à habiter une parole et à emporter une salle. Le geste éducatif est ici politique au meilleur sens du terme : il agrandit le cercle, soutient les élans, et donne à chacun une place. Pour les familles qui cherchent des repères culturels aux vacances printanières, un détour par cette sélection de spectacles pendant les vacances de Pâques prolonge l’inspiration et prépare la venue à Dinan.
Au sortir de cette journée inaugurale, on garde souvent l’image d’un chœur : celui d’une ville qui, pendant quelques heures, se laisse guider par ses plus jeunes. C’est peut-être là que tout commence, et que le festival trouve sa source.
Cette énergie collective ne tient pourtant pas seule : elle s’appuie sur une organisation bénévole et des partenaires fidèles, qui rendent l’ambition possible.
Bénévoles, budget et partenaires : l’aventure collective qui fait la renommée du Théâtre en Rance
Derrière chaque lever de rideau se tiennent des prénoms qui ne passent jamais à l’affiche. Une vingtaine de bénévoles coordonnent l’accueil du public, la billetterie, la logistique, la restauration des compagnies et le fléchage entre les deux plateaux. À leurs côtés, six techniciens intermittents veillent à la précision des régies, orchestrant lumière et son comme un duo de chambre. C’est une mécanique de haute couture avec des mains nues.
Cette alliance se nourrit d’une clarté financière assumée. L’association Théâtre en Rance porte un budget annuel d’environ 350 000 €, soutenu par la Ville de Dinan, Dinan Agglomération, la Région Bretagne et le Département des Côtes-d’Armor. Ce socle public n’empêche pas l’ingéniosité : partenariats locaux, mécénat discret, mutualisations techniques et sobriété logistique garantissent l’équilibre.
Dans un contexte où le coût des déplacements pèse sur les troupes, cette vigilance est d’autant plus précieuse. Un article de fond sur les coûts pour le théâtre amateur met en perspective les réalités budgétaires de la création itinérante. À Dinan, l’accueil prend en charge ce qui peut l’être, soigne la préparation technique pour éviter les surcoûts, et optimise les temps pour réduire les longues attentes.
Côté public, la politique tarifaire confirme la volonté d’ouverture. Le billet est à 8 €, l’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans, et le pass festival à 30 € encourage les parcours curieux. On peut ainsi picorer ou s’immerger, revenir plusieurs soirs, construire son propre récit. Il s’agit de faire de la sortie au théâtre une habitude joyeuse, pas un luxe exceptionnel.
La restauration des compagnies témoigne aussi d’une attention concrète. Soupes maison, pains locaux, fruits de saison et menus adaptés aux contraintes alimentaires : le soin mis à table raconte celui mis sur scène. Les artistes repartent avec l’envie de revenir, et les spectateurs sentent, dès le parvis, que tout a été pensé pour eux. Cette hospitalité, discrète et joyeuse, tisse la renommée du festival, plus sûrement que n’importe quelle campagne d’affichage.
Enfin, l’alliance avec des scènes amies et des regards extérieurs renforce l’écosystème. Des échanges d’informations, des invitations croisées, et la curiosité pour des aventures artistiques d’autres territoires, comme l’hommage vibrant d’une troupe wallonne à ses maîtres, entretiennent un réseau patient. L’enjeu n’est pas la course aux chiffres, mais la qualité des circulations : de l’idée à la scène, du plateau au public, du rire à la réflexion.
Au terme de ce panorama, une évidence surgit : la réussite du Théâtre en Rance tient à des équilibres. Entre rigueur et chaleur, économie et audace, amateurs et professionnels. C’est cette tenue de route qui permet à Dinan d’accueillir, année après année, un public fidèle et des artistes prêts à se réinventer.
Et parce qu’un festival reste un désir qui se partage, voici les informations pratiques et les questions qui reviennent souvent chez les spectateurs.
Infos pratiques et repères publics : billetterie, accès et expériences à vivre pendant l’édition 34
Le 34e festival Théâtre en Rance se tient du 13 au 16 mai 2026 au Théâtre des Jacobins, en plein centre de Dinan. La billetterie propose des tarifs accessibles : 8 € le spectacle, gratuit pour les moins de 18 ans, et un pass à 30 € pour profiter de l’ensemble du parcours. Les réservations se font en ligne sur le site de l’association et sur place durant le festival, sous réserve de disponibilité.
Se rendre au théâtre est simple : parkings à proximité, dessertes de bus locales et cheminements piétons agréables dans la ville historique. Les horaires sont pensés pour permettre les transitions entre les deux plateaux, les apéros-concerts et les temps de restauration. Les bénévoles orientent le public, renseignent et conseillent un chemin de soirée selon les envies et les curiosités.
Durant quatre jours, la ville vibre à l’unisson. Les commerces voisins jouent la carte du festival, les terrasses bruissent des commentaires d’après-spectacle, et les ruelles médiévales deviennent des couloirs de mémoire. On vient parfois pour un seul titre, on repart avec une envie de collectionner les expériences. Voilà sans doute la meilleure définition d’un festival théâtre : une séquence de temps ouverte, où chacun crée sa propre trajectoire.
Pour enrichir la découverte, quelques pistes de promenade et d’écoute accompagnent la venue. Des playlists de musiques des années 1960 à 1980, en clin d’œil à la pièce dansée et signée, prêtent une oreille complice au trajet jusqu’au théâtre. Des sélections de textes en lecture publique invitent à poursuivre la rencontre chez soi. Et, pour les amateurs de comédie musicale, une traversée patrimoniale à Saint-Malo peut se colorer d’un clin d’œil cinéphile, comme ces échos des Demoiselles de Rochefort qui relient danse, chant et joie de jouer.
Enfin, l’expérience se prolonge par l’échange. Après chaque représentation, un moment de discussion peut surgir, parfois informel, parfois annoncé. On y parle de jeu, de mise en scène, de peurs et de joies. Ces conversations, souvent modestes, sont le vrai trésor des soirées : elles fixent les souvenirs et ouvrent les prochains rendez-vous.
Conseils pour préparer sa venue et profiter de l’expérience
Selon que l’on vient en famille, en duo ou en solo, le parcours change. Les familles privilégient souvent la journée d’ouverture pour applaudir les jeunes et partager un apéro-concert avant la soirée. Les curieux « marathoniens » combinent deux spectacles par soir, en alternant les plateaux. Les flâneurs goûtent aux lectures publiques et s’offrent une seule pièce, choisie pour le plaisir de la surprise.
Pour s’inspirer avant de venir, on peut parcourir des retours de spectacles sensibles, tels que cette note sur un duo tendre et décalé, et s’amuser à comparer ses impressions. Puisque le théâtre se rêve autant qu’il se vit, la préparation du spectateur est déjà un acte artistique. Les bénévoles le savent bien : ils glissent volontiers un conseil, un souvenir de scène, une porte dérobée vers l’émotion.
En refermant ce guide pratique, un mot résonne : renommée. Elle n’est ni héritée ni acquise. Elle se cultive en équipe, dans la modestie de la répétition et la générosité de l’accueil, jusqu’à ce moment où la salle respire ensemble. C’est cela, au fond, que promet cette édition 34 : un art partagé, précisément préparé, intensément vécu.
Pour toute question complémentaire, les équipes sont joignables et prêtes à orienter chaque spectateur vers l’expérience qui lui ressemble.
Quelles sont les dates et le lieu du 34e Théâtre en Rance ?
Le festival se déroule du 13 au 16 mai 2026 au Théâtre des Jacobins, en centre-ville de Dinan. Deux plateaux (rez-de-chaussée et étage) s’enchaînent pour proposer une programmation dense et fluide.
Quels sont les tarifs et comment réserver ?
Le tarif est de 8 € par spectacle, gratuit pour les moins de 18 ans, avec un pass festival à 30 €. Les réservations s’effectuent en ligne sur le site de l’association Théâtre en Rance, ainsi qu’à la billetterie sur place dans la limite des places disponibles.
Le festival est-il accessible et inclusif ?
Oui. La 34e édition accueille un spectacle professionnel de danse signé (traduction en langue des signes) et renforce ses dispositifs d’accueil. Les bénévoles peuvent informer sur les accès, le placement et les besoins spécifiques.
Comment proposer un spectacle pour une prochaine édition ?
Les compagnies peuvent envoyer dossier, fiche technique et extraits vidéo à la commission des pratiques. Les critères privilégiés : qualité du jeu, écriture claire, scénographie adaptable et temps de montage réduit. Les repérages ont lieu toute l’année dans le Grand Ouest.
Peut-on venir en famille et avec des enfants ?
Absolument. La journée d’ouverture met à l’honneur les élèves de l’école de théâtre et des propositions tout public jalonnent la programmation. Les apéros-concerts gratuits sur le parvis sont aussi des moments conviviaux adaptés aux familles.
