4 juin 2026

Le Théâtre de Lorient en voyage à Saint-Gérand pour présenter « Elle pas princesse, lui pas… »

le théâtre de lorient se déplace à saint-gérand pour présenter la pièce originale « elle pas princesse, lui pas... », une performance théâtrale captivante à ne pas manquer.

À Saint-Gérand, la scène ne se contente pas d’un salut lointain depuis Lorient : elle fait le trajet, s’installe au cœur du bourg, déplie ses projecteurs et convie tout le monde à se rassembler. Le Théâtre de Lorient embarque ainsi le public pour un voyage culturel où l’art ne flotte plus dans les hautes sphères, mais se pose en voisin bienveillant. Avec « Elle pas princesse, lui pas héros », la troupe apporte une pièce de théâtre qui parle aux enfants dès 7 ans, aux ados qui doutent, aux parents qui cherchent les bons mots, et aux grands-parents qui gardent mémoire des récits d’hier. On rit, on réfléchit, on se surprend à revoir nos certitudes sur les rôles imposés aux filles et aux garçons. Et si la représentation changeait concrètement nos habitudes de regard ?

Une date, une salle des fêtes, des gradins montés en un clin d’œil, et voilà la magie des arts de la scène qui s’active. En Bretagne, la culture circule, de la Salle Marie Dorval au Studio Joseph Ponthus, des places urbaines aux villages ruraux. Cette circulation n’est pas un simple déménagement de décors : c’est une promesse tenue, celle d’un théâtre qui vient à vous sans perdre en précision ni en chaleur humaine. Aux manettes, un texte de Magali Mougel – récompensée par un grand prix dramatique en 2024 – et une direction signée Julie Guichard, fidèle à l’énergie mobile de sa compagnie. Tandis que l’acteur et l’actrice s’échauffent en coulisses, la communauté se retrouve dans la même lumière. Reste une question palpitante : à Saint-Gérand, qu’est-ce que le théâtre fait bouger, exactement ?

Itinérance du Théâtre de Lorient à Saint-Gérand : un voyage culturel qui rapproche

Quand le Théâtre de Lorient met les roues sur la route de Saint-Gérand, il ne transporte pas qu’un plateau, des projecteurs et des pendrillons. Il transporte un imaginaire commun, celui d’une région où l’on croit que l’art se partage aussi bien dans une grande salle à l’italienne que dans une salle des fêtes. À première vue, l’itinérance pourrait sembler un simple choix logistique. Elle est surtout une philosophie : rapprocher, faire entrer en résonance, créer un pont entre des publics qui n’avaient pas prévu de se rencontrer. Ici, l’équipe artistique ne « descend » pas vers les spectateurs, elle « se joint » à eux, comme on rejoint un cercle de voisins déjà en conversation.

Ce mouvement s’inscrit dans de vrais dispositifs territoriaux. Dans le sillage du pacte culturel de Pontivy Communauté, l’idée est limpide : renforcer l’égalité d’accès à la culture, au-delà des centres urbains. Le théâtre en voyage culturel, c’est un antidote contre le sentiment d’éloignement. C’est aussi une manière de redessiner la carte mentale de la Bretagne intérieure : désormais, Saint-Gérand n’est plus un simple point sur la départementale, c’est une étape vivante de la tournée, attendue, préparée, célébrée.

Les rencontres n’y ont rien d’abstrait. Prenez Maëlle, professeure des écoles, qui raconte comment ses élèves ont découvert la scénographie en observant le montage du plateau. En une heure, ils ont compris la différence entre une face, des coulisses et des perches lumineuses. Ou encore Yann, technicien lumière, qui, en deux anecdotes, démystifie la magie des changements à vue. Ces micro-histoires, récoltées en marge des représentations, construisent une mémoire affective : longtemps après la dernière note de musique et le tout dernier salut, on se souvient que le théâtre a, un soir, modifié la respiration de la commune.

Ce type de spectacle voyageur a aussi un effet de loupe sur les métiers de plateau. Là où, en grande salle, les métiers se devinent au loin, ici, ils se donnent à voir au plus près. Les spectateurs distinguent la précision de l’acteur lorsqu’il module sa voix pour une acoustique plus sèche, la souplesse de la régie qui adapte un plan de feux à une charpente basse, ou la dextérité de l’équipe costumes qui prévoit un dressing mobile mais solide. Cette proximité nourrit une confiance mutuelle : on ne consomme plus l’art, on le cohabite.

Et qu’en est-il du répertoire ? L’itinérance n’est pas incompatible avec l’exigence artistique. Au contraire, elle l’aiguise. En Bretagne, la tradition des artistes en déplacement rappelle les troupes foraines et l’énergie des comédiens ambulants. Mais elle s’ancre aussi dans une réalité contemporaine : pour être vivant, le théâtre doit accepter de s’ajuster aux lieux, non pour se compromettre, mais pour s’amplifier. À Saint-Gérand, ce pari se gagne dans le regard rieur d’un enfant qui chuchote « c’est pour moi », comme dans la discussion riche d’un parent qui découvre un thème inattendu. Conclusion de ce premier mouvement : quand la création artistique prend la route, l’émotion met le clignotant du bon côté.

Pacte culturel et maillage territorial : l’art comme service de proximité

Le pacte culturel de Pontivy Communauté n’est pas un slogan. Il propose une méthode : partir des besoins locaux, planifier les escales, et garantir que chaque commune puisse accueillir un événement digne de ce nom. Cette approche donne un relief particulier à l’escale du Théâtre de Lorient à Saint-Gérand : on ne « débarque » pas un soir au hasard, on arrive parce qu’un réseau d’acteurs (élus, médiateurs, associations, bibliothécaires) a préparé le terrain. D’où l’impression de fête qui accompagne souvent la venue d’une troupe : affiches en vitrine, ateliers en amont, relais dans les écoles, et même, parfois, un petit marché local thématisé à la sortie du spectacle.

Ce maillage transforme l’accueil en co-création. La salle des fêtes devient, le temps d’une soirée, une micro-cité culturelle où chacun a un rôle. Les plus jeunes distribuent les programmes, les anciens racontent un souvenir de « la dernière venue », et les nouveaux habitants découvrent qu’ils ont, là, un rendez-vous à ne pas manquer. On mesure ainsi aisément l’impact : le théâtre n’est plus un événement isolé, il est un fil rouge. Et quelle meilleure preuve que cet engouement : « On revient quand ? », demandent déjà les enfants. Réponse : bientôt, parce que l’itinérance aime les promesses tenues.

Découvrir « Elle pas princesse, lui pas héros » : une pièce de théâtre vive et tendre

À Saint-Gérand, la curiosité a un nom que les enfants retiennent d’un souffle : « Elle pas princesse, lui pas héros ». On y suit deux figures qui refusent les cases trop étroites. Eux n’ont pas envie d’être recouverts de paillettes ou de capes. Ils préfèrent choisir leurs gestes, inventer leurs couleurs, et surtout, démêler ce qui, dans les histoires que l’on raconte aux enfants, relève de l’habitude plus que du désir. D’un point de vue scénique, la pièce de théâtre installe une partition où l’humour sert de boussole et la tendresse nourrit le rythme. Est-ce une comédie ? Oui, par sa vivacité et ses pointes malicieuses. Et c’est bien plus encore, parce qu’elle veille à garder un cœur battant, sans jamais écraser la nuance.

Le texte est signé Magali Mougel, autrice à la plume précise, distinguée par un grand prix de littérature dramatique en 2024. La mise en scène, souple et inventive, est portée par Julie Guichard, attentive aux respirations d’un spectacle qui se joue aussi bien à Lorient qu’au Faouët – où la création itinérante a ému dès la première – et désormais à Saint-Gérand. Sur scène, un acteur et une actrice se passent le relais avec une gourmandise de jeu réjouissante. Ils jonglent avec des accessoires reconnaissables (un sac à dos, des baskets, une couronne en papier pas tout à fait dorée) et des images qui détournent les clichés : plutôt que la princesse en robe figée, une enfant qui grimpe aux branches ; plutôt que le super-héros musclé, un garçon qui parle de peur et de douceur sans honte.

Cette dramaturgie s’illumine pour les 7-77 ans, parce qu’elle sonde l’expérience intime : qui n’a jamais senti qu’on attendait de lui un costume trop petit ? En mélangeant adresse directe et scènes chorales, la représentation ménage des espaces pour les rires, mais aussi des temps de suspension. Ainsi, quand l’acteur s’interrompt pour regarder le public comme on regarderait un ami qui hésite, un silence frappe, doux mais parlant. C’est peut-être là que tout se joue : dans cette permission donnée de décaler un peu la consigne, pour y glisser la personne qu’on est vraiment.

Le décor épouse l’itinérance : léger, modulaire, pensé pour la proximité. Une frise lumineuse suffit parfois à créer un palais de fortune ; quelques chaises assemblées deviennent une cabane courageuse. La musique, complice, enveloppe l’ensemble d’une pulsation qui n’envahit jamais le texte. On sort de là avec l’impression d’avoir vécu une histoire qui, si elle parle de stéréotypes, parle surtout de liberté. Et c’est bien pour cela que les parents remercient la troupe, parfois avec une émotion non feinte : « On cherchait ces mots, vous nous les avez prêtés ce soir ».

Parce que cette œuvre dialogue avec d’autres démarches scéniques, on pourra prolonger l’exploration en consultant des analyses sur la transformation des scènes publiques, comme cette réflexion autour de la révolution vibrante des scènes nationales, ou en découvrant comment des autrices et metteur·es en scène pensent la sororité : un écho éclairant se lit dans une réflexion scénique sur la sororité. Au fond, « Elle pas princesse, lui pas héros » appartient à une grande famille : celle qui, par la scène, réajuste les regards quotidiens.

Enfin, on n’oublie pas que l’itinérance engage des choix esthétiques courageux. Jouer près du public, c’est accepter les respirations inattendues, les réactions spontanées, les « oh ! » d’un enfant, les « ah ! » d’un grand-père. Ce frisson est une part de la signature : le vivant, ici, ne se négocie pas. Dernière note à retenir : sous ses airs simples, ce spectacle est une mécanique fine, délicatement huilée, qui n’attend qu’une chose à Saint-Gérand : la rencontre.

Le rire comme boussole, la nuance comme cap

Le rire fédère. Ici, il ne moque pas ; il ouvre, il invite. Les élans comiques servent de passerelle vers des questions plus vastes : comment accueillir la singularité, comment refuser un rôle assigné sans rejeter ceux qui l’aiment ? À Saint-Gérand, cette passerelle sera peut-être la plus belle image de la soirée : une communauté qui rit ensemble découvre qu’elle peut aussi penser ensemble. Et c’est là, dans ce double mouvement, que l’art devient un geste civique.

Publics, médiation et échos locaux : la représentation comme moment partagé

La venue d’un spectacle itinérant transforme la commune en laboratoire convivial. Avant le lever de rideau, des médiatrices rencontrent les professeurs, les bibliothécaires, les associations. À Saint-Gérand, on a vu des classes venir avec des carnets de bord : « Qu’est-ce qu’un stéréotype ? », « Quels personnages voudrais-tu inventer ? ». Après la représentation, les carnets se couvrent de croquis, de mots griffonnés, parfois d’un « merci » timide. C’est le signe d’un théâtre qui dépasse ses 60, 70 ou 80 minutes pour habiter la semaine suivante. Et si c’était précisément cela, la réussite d’une représentation : continuer de faire vibrer les conversations autour de la table familiale ?

La médiation s’invente au plus près. Un exemple parmi d’autres : Lina, collégienne, confie qu’elle se présente « comme elle veut » depuis qu’elle a entendu l’héroïne dire qu’on a le droit de ne pas aimer le rose. Une broutille ? Non, un micro-changement qui déclenche un sourire sur une photo de classe et, parfois, évite une moquerie. Dans ces moments, la salle des fêtes devient plus qu’un lieu : elle devient un abri symbolique. Aux côtés de l’équipe du Théâtre de Lorient, les relais locaux orchestrent des temps d’échange où l’on parle simplement, où l’acteur explique son trajet et où un parent raconte sa joie d’avoir « vu son enfant se redresser dans le siège ».

Pour ancrer ces échanges, voici quelques formats qui fonctionnent particulièrement bien lors du passage à Saint-Gérand :

  • Ateliers « images qui collent » : décortiquer les clichés de contes et les réécrire ensemble en trois tableaux courts.
  • Rencontre « métier d’acteur » : de l’échauffement à la diction, une heure pour sentir ce que c’est que jouer avec sa voix et son corps.
  • Club familles « ça discute » : questions-réponses après le spectacle avec l’équipe artistique et une médiatrice.
  • Exposition minute « costumes de fortune » : montrer comment trois objets du quotidien suffisent à inventer un personnage.
  • Lectures complices à la bibliothèque : extraits d’autres textes jeunesse qui bousculent les rôles.

Ces propositions rendent tangible l’idée que la culture n’est pas un luxe mais une ressource. Elles se combinent à une communication claire : horaires accessibles (souvent 19 h, pour ménager le dîner), billetterie simple, tarifs pensés pour les familles. Le maillon décisif, c’est la compréhension que l’on peut entrer dans la salle sans prérequis. On vient pour la curiosité, on repart avec un bagage de mots nouveaux.

Prolonger l’expérience au-delà de la soirée peut aussi passer par des inspirations glanées ailleurs : des portraits d’artistes et des analyses des enjeux actuels, par exemple en explorant les enjeux dramaturgiques contemporains, ou en piochant des idées de spectacles pendant les vacances. Ces ressources, loin d’éloigner Saint-Gérand, ancrent la commune dans une cartographie culturelle plus vaste, où la curiosité locale dialogue avec les grandes tendances nationales.

Le mot de la fin, ici, n’en est pas un : c’est une invitation. Si la médiation a un secret, c’est la constance. Revenir, encore, rappeler que le théâtre est là, au coin de la place, qu’il vous attend et qu’il sait vous faire une place. C’est ainsi que se tisse un « nous » durable autour des arts de la scène.

Au prochain rendez-vous, on parie que les enfants deviendront guides pour leurs parents ? C’est souvent ce qui arrive : ceux qui ont découvert la scène la présentent ensuite aux autres, comme on montre une cabane secrète. L’expérience devient contagieuse, au meilleur sens du terme.

Coulisses techniques et scènes d’accueil : du Studio Joseph Ponthus à la salle des fêtes

La poésie a besoin de câbles et de gaffer. Derrière l’évidence d’un plateau fluide, les coulisses s’activent avec une précision d’horloger. Le Théâtre de Lorient connaît cette musique : entre la Salle Marie Dorval, la Salle Marguerite Duras et le Studio Joseph Ponthus, les équipes ont appris à adapter un plan de feux, à repositionner des accroches, à revisiter l’implantation pour chaque lieu. On se souvient d’ailleurs d’un changement d’accueil entre deux salles lorientaises pour raisons techniques : un rappel utile que la création vit avec ses contraintes, et que l’intelligence d’équipe consiste à transformer ces contraintes en ressorts de jeu.

À Saint-Gérand, la salle des fêtes offre une topographie claire : un plateau frontal, une jauge variable, un plafond qui impose d’éviter les ponts trop lourds. Le dispositif d’« Elle pas princesse, lui pas héros » y trouve son aise, justement parce qu’il a été pensé pour circuler. Décor pliable, accessoires compacts, sonorisation agile, régie lumière resserrée : la fiche technique raconte une vigilance constante aux réalités de terrain. Et pourtant, la scène garde du souffle. Comment ? Grâce à des partis pris visuels qui jouent la carte du signe fort plutôt que du suréquipement. Une couronne en papier devient un manifeste, une ombre portée se mue en monde imaginaire.

Cette capacité d’adaptation ne signifie pas renoncer à l’exigence. Les temps de montage et de balances sont calibrés pour garantir le confort des interprètes et la qualité d’écoute des spectateurs. On vérifie les lignes de vue, on anticipe les sièges enfants, on assume un éclairage qui flatte la proximité. La prouesse, ici, tient à ce subtil équilibre : on ne surcharge pas la salle, on l’habite. On ne compense pas l’absence de grande machinerie, on réinvente le relief avec les moyens du bord. Cela tombe bien : l’itinérance aime la justesse plus que l’esbroufe.

Lieu Jauge indicative Atouts Contraintes techniques Format d’accueil
Salle des fêtes de Saint-Gérand 150–300 places Proximité public-scène, convivialité, accès familial Hauteur limitée, temps de montage serré Tournée itinérante, représentation à 19 h
Salle Marie Dorval (Lorient) Grande jauge Équipement complet, confort acoustique Calendrier dense, transferts matériels Dates en série, création et reprises
Studio Joseph Ponthus (Lorient) Petite à moyenne Intimité, travail au plateau précis Implantation compacte Laboratoire, étapes de recherche
Salle Marguerite Duras (Lorient) Moyenne Bon équilibre scène/salle Contraintes ponctuelles pouvant déplacer l’accueil Alternance selon besoins techniques

À l’échelle d’une tournée, ce tableau n’est pas qu’un comparatif. C’est une boussole. En le lisant, on comprend comment une équipe pense l’« espace-théâtre » comme une variable vivante. Certains soirs, on joue en frontal, d’autres on resserre pour accentuer l’intimité. Au fond, le plus bel outil de l’itinérance reste peut-être cette souplesse d’esprit : on cherche la meilleure version possible de la rencontre, ici et maintenant.

À noter enfin : la sécurité et l’accessibilité sont des priorités. Rampes pour les mobilités réduites, signalétique claire, attention portée aux enfants sensibles au volume sonore. Quand la technique sert l’accueil, elle devient invisible. C’est là que la poésie peut, tranquillement, reprendre ses droits.

Résonances nationales et pistes pour prolonger l’expérience

Ce qui s’invente à Saint-Gérand ne reste pas à Saint-Gérand. Le geste d’itinérance du Théâtre de Lorient résonne avec une dynamique nationale : un mouvement qui veut des scènes plus poreuses, plus attentives aux usages des territoires. On le lit dans des dossiers qui racontent comment les institutions se réinventent, à l’image d’une révolution vibrante des scènes nationales. L’enjeu n’est pas de « faire simple » ; il est de faire juste. Un spectacle fort, mobile, hospitalier, voilà une équation qui parle à 2026 sans renier la tradition. On n’abandonne pas la rigueur, on la déplace.

Prolonger l’expérience peut passer par un voyage de spectateur : on découvre à Lorient une création plus technique, puis on suit la même équipe sur un plateau plus intime. On nourrit alors un regard comparatif : qu’est-ce que j’entends mieux en proximité ? Quel détail scénique change mon écoute ? Ces questions, d’apparence anodine, forment des compétences de spectateur éclairé. Elles rejoignent des débats d’aujourd’hui, où des artistes – de Melody Mourey à d’autres plumes – interrogent la dramaturgie et son rapport au public, comme on le voit dans cet article sur les enjeux dramaturgiques contemporains. La circulation des idées accompagne la circulation des troupes.

Et parce que le théâtre respire avec la vie quotidienne, on peut glaner des rendez-vous complice tout au long de l’année. Pendant les congés, par exemple, un guide culturel facilite le choix de sorties en famille : on pense à ces ressources qui listent des idées de spectacles pendant les vacances. Rien n’interdit de boucler la boucle : voir une œuvre à Saint-Gérand, puis, quelques semaines plus tard, prendre la route vers Lorient ou un autre bourg pour saisir comment la même pièce résonne dans une salle différente. C’est une forme de tourisme culturel de proximité, bas-carbone, intelligent.

Au-delà de la seule soirée, on peut enfin connecter « Elle pas princesse, lui pas héros » à des thématiques plus vastes : la place des récits féminins et masculins, l’héritage des contes, l’éducation aux images. Des propositions éditoriales et scéniques explorent ces axes et aident à nourrir la conversation familiale. L’important n’est pas de trancher une fois pour toutes, mais de rouvrir les possibles. Le théâtre, ici, n’assène pas ; il propose. Il n’accuse pas ; il questionne. Il n’isole pas ; il relie.

Dernier clin d’œil, comme une promesse de lendemain : la prochaine fois que vous traverserez la place de Saint-Gérand, vous verrez peut-être un enfant sauter une flaque avec une cape imaginaire. Il ne joue pas à être un héros, il joue à être lui-même. C’est un beau signe que la scène a laissé sa trace, à hauteur d’enfant, à hauteur de vivant. Voilà l’empreinte la plus fidèle des arts de la scène : une empreinte qui autorise chacun à marcher à son rythme.

Cartographie intime des souvenirs scéniques

Chacun repart avec son image préférée : une réplique, un regard complice, une lumière qui change. Si vous les collectionnez comme on collectionne des cartes postales, vous tisserez sans peine une géographie sentimentale des spectacles vus entre Lorient et Saint-Gérand. Cette géographie n’a pas besoin de frontières ; elle a besoin d’envie. Et l’envie, ici, ne manque pas.

À partir de quel âge le spectacle Elle pas princesse, lui pas héros est-il conseillé ?

L’œuvre est pensée pour être comprise et appréciée par les enfants dès 7 ans, tout en offrant plusieurs niveaux de lecture pour les adolescents et les adultes. L’humour et la tendresse en font une expérience familiale accessible.

Où a lieu la représentation à Saint-Gérand ?

La représentation se tient à la salle des fêtes de Saint-Gérand-Croixanvec, dans un format itinérant qui privilégie la proximité scène-public. Les horaires sont généralement fixés en début de soirée afin de faciliter la venue des familles.

Le spectacle parle-t-il uniquement aux enfants ?

Non. S’il s’adresse aux jeunes spectateurs, il propose aussi aux adultes une réflexion sensible sur les stéréotypes et la construction de soi. Beaucoup de parents témoignent de discussions riches après la séance.

Qui signe le texte et la mise en scène ?

Le texte est de Magali Mougel, autrice distinguée par un grand prix dramatique en 2024, et la mise en scène est de Julie Guichard. Ensemble, elles offrent un théâtre mobile, précis et chaleureux.

Comment se préparer à venir en famille ?

Prévoyez d’arriver un peu en avance, expliquez brièvement aux enfants le thème de la soirée, et conservez le programme pour reparler des personnages à la maison. Les dispositifs de médiation locaux proposent souvent un temps d’échange après le spectacle.