4 juin 2026

Le Crieur Public : Une Plongée dans le Théâtre Contemporain à Dijon

découvrez le crieur public, un spectacle captivant qui explore le théâtre contemporain à dijon. plongez dans une expérience culturelle unique au cœur de la scène dijonnaise.

À midi sonnant, place de la Laïcité, une cloche fend l’air et rassemble des passants qui ne se connaissaient pas une minute plus tôt. Le Crieur Public de Dijon, porté par la Cie Les Écorchés, transforme le bitume en scène et les trottoirs en gradins improvisés. Dans la filiation du personnage urbain popularisé au début des années 2000 et nourri d’un clin d’œil aux codes policiers de Fred Vargas, cette action théâtrale tisse un fil collectif entre doléances, déclarations d’amour et petites annonces. En 2025, la formule est désormais bien installée : chaque premier samedi du mois, la ville prête son souffle aux mots de ses habitants, de 7 à 107 ans, récoltés par des boîtes déposées chez des commerçants et lieux culturels, ou reçus par courriel. Ce rendez-vous propose un théâtre sans rideaux ni billets, mais avec un protocole réglé comme un chœur antique. C’est léger, caustique parfois, et toujours précis dans son écoute. Au-delà de la performance, la démarche raconte une autre manière de vivre le théâtre contemporain à Dijon, en friction avec la vie réelle, à deux pas du Théâtre Dijon Bourgogne et des scènes complices de la métropole. On n’applaudit pas seulement un texte : on applaudit un voisin qui ose confier le sien.

Le Crieur Public à Dijon : théâtre à ciel ouvert et mémoire des quartiers

À Dijon, Le Crieur Public n’est pas un personnage folklorique, mais une dramaturgie ambulante. Son terrain de jeu : la place de la Laïcité. Son rythme : midi pile, le premier samedi du mois. Son matériau : les mots confiés par les habitants, récoltés dans des boîtes réparties en ville (Bibliothèque Mansart, ABC, théâtre Mansart, Minoterie, MJC Montchapet, Association Le Fil, cafés Chez Nous, Le Saint-Nicolas, BamJam…) ou envoyés à [email protected]. L’histoire locale flirte ici avec une mémoire plus large : en 2004, un crieur lançait ses premiers appels place de la Croix-Rousse. À Dijon, la Cie Les Écorchés a troqué la nostalgie contre un présent très vivant, où l’art retourne au cœur du quotidien. Des exemples fusent : une voisine remercie anonymement le boulanger qui a gardé son parapluie, un collégien fait part d’une trouille bleue avant son exposé, un retraité dit sa joie d’avoir adopté un chat trop bavard.

Camille, comédienne au verbe délicatement acide, conduit la séquence avec tact. Elle sait ponctuer, relancer, canaliser les élans. Si un message frôle l’injure, elle en détourne la charge, rappelle la règle d’or — la bienveillance — et redonne la parole au public. C’est là que le théâtre surgit : improvisation maîtrisée, adresse directe, cloche comme accessoire, chapeau haut-de-forme comme costume, et une redingote qui claque dans le vent pour styliser l’instant. De cette liturgie profane se dégage une archive sentimentale de la ville, une “mémoire des petites choses” qui, cumulée, devient un récit collectif.

Ce que l’on ose confier au Crieur

Le spectre des messages est large, et c’est ce qui fait la saveur du dispositif. La diversité n’est pas un hasard : les points de collecte couvrent des quartiers variés, des cafés aux bibliothèques. Le résultat tient à la fois du journal mural, du stand-up, et du bulletin municipal revu par un poète.

  • Pensées et aphorismes, parfois signés “Anonyme de Montchapet”.
  • Déclarations enflammées ou timides, lues sans ironie, avec juste ce qu’il faut de sourire.
  • Coups de cœur pour un spectacle, un commerçant, un banc public à l’ombre parfaite.
  • Coups de gueule sur un abribus cassé, reformulés sans virulence.
  • Petites annonces et avis de recherche (“perdu bonnet jaune dans le tram”).
  • Messages personnels : “Papa, j’ai réussi mon code.”

Cette mosaïque crée un espace où l’on se reconnaît. Les habitants repartent avec un sentiment d’appartenance concrète — pas une “communauté” abstraite, mais un groupe de témoins réunis par l’instant. Au fil des mois, certains reviennent, déposent et écoutent. Le rituel se renforce, au bénéfice de l’urbanité.

Rendez-vous Lieu Collecte des messages
Samedi 1er novembre 2025 – 12:00 Place de la Laïcité Boîtes en ville + e-mail
Samedi 6 décembre 2025 – 12:00 Place de la Laïcité Boîtes en ville + e-mail
Premier samedi de chaque mois Centre et quartiers (tournées ponctuelles) Bibliothèques, MJC, cafés partenaires

En miroir, d’autres expériences en France rappellent que le théâtre au coin de la rue foisonne : de une relecture du Château des Carpathes à les Harmonies contemporaines, la création s’invente hors des plateaux. À Dijon, la cloche du Crieur est un diapason urbain : elle accorde des voix qui ne se seraient jamais rencontrées.

Écouter la ville : dramaturgie participative et liens avec le Théâtre Dijon Bourgogne

Si la cloche appelle, c’est la dramaturgie qui retient. Le Crieur ne se contente pas de lire ; il agence les messages, ménage des respirations, compose un rythme. Dans la constellation des scènes locales — Théâtre Dijon Bourgogne (TDB), L’Écrin Théâtre à Talant, Le Maquis – Scène Culturelle —, cette forme agit comme un sas démocratique. Elle prépare des publics à l’écoute, aiguise l’oreille, et invite à explorer d’autres propositions comme le Festival Théâtre en Mai du TDB ou le Tremplin Théâtre Dijon qui repère de nouvelles énergies. Les compagnies complices s’y croisent : Cie Le Rocher des Doms, Compagnie Esquimots, Cie Théâtre des Trois Clés… autant de sensibilités qui, parfois, s’invitent autour de la cloche pour des clins d’œil scéniques.

Le principe de la participation est exigeant : il faut que chacun se sente légitime, et qu’aucune voix n’écrase les autres. La Cie Les Écorchés a élaboré un protocole clair, où l’ordre de lecture, la tonalité, la durée et la relance du public font système. À ce titre, l’initiative rejoint des démarches de théâtre engagé sur l’addiction qui privilégient la parole située, ou encore des projets choraux tels que le projet Valentina, qui travaille la pluralité des points de vue.

Ministère des Rapports Humains | Le Crieur Public au cœur de l’écosystème

“Ministère des Rapports Humains” : l’expression circule entre bénévoles. Elle dit bien ce que produit la performance : un service public de l’écoute comique. Ce ministère officieux se connecte à l’institutionnel — le TDB déploie des actions au long cours, L’Écrin accueille des formes hybrides, Le Maquis privilégie la proximité — et à l’indépendant — ateliers, collectifs, compagnies émergentes. Les passerelles se multiplient : un auteur découvert au Tremplin teste un texte en version “criée”, une metteuse en scène de la Compagnie Esquimots glisse une saynète entre deux annonces, la Cie Théâtre des Trois Clés propose une lecture éclaire entre deux cloches, tandis que la Cie Le Rocher des Doms mène une balade urbaine avant la criée.

  • Préfiguration : le Crieur comme avant-scène de spectacles programmés.
  • Transmission : micro-ateliers avec Les Ateliers du Théâtre pour aider à l’écriture des messages.
  • Décentralisation : sorties dans les quartiers, relais avec les MJC.
  • Connexion nationale : échos à des projets à Chaillot autour des arts brésiliens.
Structure Apport au Crieur Bénéfice pour le public
Théâtre Dijon Bourgogne Synergie avec Festival Théâtre en Mai et actions hors-les-murs Parcours spectateur cohérent, de la place publique à la salle
L’Écrin Théâtre Accueil d’expérimentations participatives Découverte de formes nouvelles, débat citoyen
Le Maquis – Scène Culturelle Proximité, ancrage de quartier Accessibilité, convivialité, fidélisation

Les résonances dépassent la métropole. Qu’il s’agisse de revisiter La Cerisaie ou d’inventer un opéra rock à Pontarlier, la question est la même : comment faire dialoguer la cité et la scène ? À Dijon, la cloche répond : par la joie.

Mode d’emploi : comment confier un message au Crieur

Écrire, ce n’est pas sorcier ; confier son billet non plus. Voici la méthode de Camille, testée en plein vent et approuvée par les passants pressés. D’abord, repérer un point de dépôt — il y en a dans des lieux où l’on passe sans y penser : une bibli, une MJC, un café. Ensuite, écrire au propre et signer si on le souhaite. Enfin, déposer la note ou envoyer un courriel. Rien de plus, et pourtant, quelle bascule : vos mots deviendront jeu, chœur, matière à sourire, parfois à réfléchir.

Les étapes efficaces (et sans stress)

  1. Choisir l’angle : remerciement, blague, annonce, plaidoyer, souvenir court.
  2. Écrire en 3 lignes maximum : une phrase par idée, pas de jargon.
  3. Lire à voix haute pour vérifier la musique.
  4. Déposer dans une boîte ou envoyer à [email protected].
  5. Venir écouter le premier samedi, midi sonnant, place de la Laïcité.

Pour celles et ceux qui aiment se faire accompagner, Les Ateliers du Théâtre proposent des sessions de micro-écriture : on y teste une chute, on affine le rythme, on s’inspire de textes coups de poing comme le Couvent de Sœur Joconde ou d’aventures romanesques revisitées comme une relecture du Château des Carpathes. Les compagnies amies — Cie Théâtre des Trois Clés, Compagnie Esquimots — viennent parfois animer un échauffement vocal avant la criée. L’idée : se décoincer l’intonation, apprivoiser la respiration, apprêter le mot.

  • Conseil tempo : 20 à 40 secondes à la lecture.
  • Conseil ton : privilégier l’adresse au “vous” pour embarquer la foule.
  • Conseil image : un détail concret vaut mieux qu’une abstraction.
  • Conseil bienveillance : on cible les situations, pas les personnes.
Point de dépôt Quartier Horaires indicatifs
Bibliothèque Mansart Université Mar–Sam, 10:00–18:00
MJC Montchapet Montchapet Lun–Ven, 14:00–19:00
Café Chez Nous Centre Tous les jours, 08:00–20:00
Café Le Saint-Nicolas / BamJam Centre / Dijon Nord Selon établissements
Théâtre Mansart / Minoterie / ABC Différents pôles Selon programmation

Et si l’on n’est pas disponible un samedi ? Pas de panique : certaines criées se déclinent en “tournées-escales” dans les quatorze quartiers. On guette l’annonce au préalable, et l’on confie son mot dans la boîte la plus proche. C’est simple, accessible, et contagieux : la preuve, des échos surgissent aussi bien d’une création itinérante à Arnay que d’un anniversaire à Landivisiau qui célèbre ses fidèles spectateurs — partout, la parole partagée crée des lieux.

Résonances contemporaines : quand les cris deviennent scène

Le Crieur ne se contente pas d’exister ; il fait école. La forme participe d’un mouvement plus vaste où l’on brouille la frontière entre spectateurs et acteurs. Les dramaturgies “hors cadre” se multiplient : balades théâtrales, lectures rapides, rituels civiques revisités. À Dijon, l’écho trouve ses amplificateurs naturels : L’Écrin Théâtre, qui invite des formats témoins ; Le Maquis – Scène Culturelle, qui joue la carte de la proximité ; le Théâtre Dijon Bourgogne, qui réinjecte ces énergies dans ses grands plateaux — notamment au Festival Théâtre en Mai où la ville devient annexe de plateau.

Ce qui frappe, c’est la plasticité. Un message intime peut basculer vers une fable urbaine ; un avis de recherche devient un solo burlesque. Ailleurs, d’autres artistes poursuivent l’exploration : des passerelles se dessinent vers des formes puissamment physiques nées au Brésil à Chaillot, ou vers des réécritures comme La Cerisaie revisitée. Le crieur, lui, garde la boussole de la clarté et du rythme, inventant un “stand-up citoyen” où la blague n’efface jamais le soin des mots.

Du trottoir à la salle, une dramaturgie en ricochet

Camille raconte souvent cette anecdote : un “coup de gueule” sur une piste cyclable mal signalée a déclenché une mini-enquête de quartier, puis une rencontre publique animée par un régisseur lumière du TDB. Résultat : un texte bref, poli, a nourri un débat outillé, qui a lui-même inspiré une performance collective à L’Écrin Théâtre. Ce ricochet dit tout : le trottoir n’est pas l’opposé de la salle, il en est la source vivifiante. Quant aux publics, ils circulent — on le voit le samedi à midi, et on le retrouve le soir, billets en poche.

  • Rituel : la cloche comme ponctuation, la redingote comme costume.
  • Jeu : adresse directe, reparties, chœur vivant.
  • Critère : bienveillance, clarté, temps limité.
  • Effet : sentiment de communauté et désir de scène.
Forme Dispositif Impact
Criée urbaine Lecture de messages, cloche, place publique Rassemblement spontané, cohésion locale
Lecture performée Extraits d’œuvres contemporaines Découverte d’auteurs, désir de lecture
Concert-récit Texte + musique, style pop/rock Émulation intergénérationnelle

Les circulations ne s’arrêtent pas aux frontières régionales. Il n’est pas rare que des spectateurs découvrent la criée en revenant d’un opéra rock à Pontarlier, ou d’une proposition dialoguant avec la danse et la performance. Cette porosité maintient le théâtre en état d’invention permanente — la cloche, ici, marche au même pas que l’époque.

Cartographie théâtrale de Dijon et Bourgogne : itinéraires et ressources

Envie d’un week-end complet où la criée n’est qu’une escale ? Bon plan : samedi, midi place de la Laïcité, puis après-midi découverte à Le Maquis – Scène Culturelle, et soirée au Théâtre Dijon Bourgogne. Le lendemain, balade jusqu’à L’Écrin Théâtre pour une forme courte, et retour par un café-partenaire qui collectionne les boîtes à messages. En chemin, on croise des artistes de la Cie Le Rocher des Doms, une équipe de la Compagnie Esquimots, ou des comédiens de la Cie Théâtre des Trois Clés qui répètent dans un square. On enrichit sa culture locale tout en gardant l’oreille aux aguets, prêt à glisser un mot au Crieur le mois suivant.

Itinéraires inspirés par la criée

Pour aiguiller les curieux, voici quelques idées qui combinent découverte de la ville et plongée dans la création. Elles s’articulent autour de moments-phares — criée, lecture, spectacle — et tissent un petit récit urbain.

  • Parcours “voix en partage” : criée, atelier d’écriture express, lecture à L’Écrin.
  • Parcours “émergence” : criée, Tremplin Théâtre Dijon, rencontre d’artistes.
  • Parcours “classiques réinventés” : criée, focus sur La Cerisaie revisitée, discussion au café.
  • Parcours “horizons lointains” : criée, écho vers des arts brésiliens, retour sur place pour raconter ce que l’on a vu.
Jour Matin Après-midi Soir
Samedi Criée place de la Laïcité Visite au Maquis, café-partenaire Programmation TDB ou L’Écrin
Dimanche Balade urbaine commentée Atelier aux Ateliers du Théâtre Lecture performée

Les affinités se prolongent au-delà de la région : la route mène à une création à Arnay, à Valentina, ou à l’anniversaire complice d’une scène à Landivisiau. Chaque étape ajoute une strate au même récit : rendre la scène perméable à la vraie vie. Et si l’on cherche un digest lyrico-théâtral pour la route, on remonte vers des harmonies contemporaines qui font danser les mots autant que la musique. L’ultime conseil ? Garder sur soi un carnet et un stylo. La prochaine cloche n’est jamais très loin.

Où et quand a lieu la criée à Dijon ?

Chaque premier samedi du mois à midi, place de la Laïcité. Des tournées ponctuelles sillonnent aussi les quartiers, annoncées à l’avance par la Cie Les Écorchés.

Comment soumettre un message au Crieur Public ?

Deux options : déposer votre billet dans les boîtes réparties en ville (bibliothèques, MJC, cafés partenaires) ou l’envoyer par e-mail à [email protected]. Rédigez court, clair, bienveillant.

Le Crieur est-il lié aux institutions comme le Théâtre Dijon Bourgogne ?

Oui, par des passerelles et complicités : sensibilisation de publics, échos avec le Festival Théâtre en Mai, ateliers aux Ateliers du Théâtre, et collaborations informelles avec des compagnies locales.

Peut-on entendre son message s’il est anonyme ?

Bien sûr. L’anonymat est respecté et fréquent. Le Crieur filtre uniquement les contenus contraires à la bienveillance ou au cadre légal.

Les enfants peuvent-ils participer ?

Oui, de 7 à 107 ans ! Des billets d’enfants sont souvent parmi les plus savoureux. Des ateliers d’écriture rapides existent pour les accompagner.