4 juin 2026

L’univers captivant du théâtre contemporain : Découvrez ‘Le château des Carpathes’ à Forbach

plongez dans l'univers fascinant du théâtre contemporain avec la pièce 'le château des carpathes', présentée à forbach. une expérience culturelle unique à ne pas manquer !

Le château des Carpathes s’avance à Forbach comme un mirage gothique sous lumière contemporaine, emporté par le souffle de la trompette d’Airelle Besson et l’œil précis d’Émilie Capliez. Sur la scène du Le Carreau Scène Nationale de Forbach, l’adaptation du roman de Jules Verne fait vibrer un triangle inattendu : Transylvanie rustique, opéra italien et futurisme technologique. À l’horizon de la saison, la date à cocher est claire : la représentation de janvier avant l’embarquement vers 2026, quand le spectacle fera halte à Forbach le 27/01/2026. Le public, dès 12 ans, suit une narratrice qui traverse murs, brumes et souvenirs, pendant qu’un mystérieux château — peut-être désert, peut-être hanté — déplie ses ombres. Surtitré en allemand, le projet parle à toutes les oreilles et à toutes les générations, comme une veillée où l’on raconte des choses incroyables… mais véridiques.

Dans cette Traverse, un voyageur — Franz de Télek — se heurte aux rumeurs villageoises et à la légende du baron de Gortz. Amour, disparition, illusions scéniques : Capliez orchestre une dramaturgie bondissante qui ouvre des portes entre théâtre, musique et imaginaire scientifique. Aux spectateurs qui ont fréquenté les grandes maisons — Comédie Française, Odéon-Théâtre de l’Europe, La Colline – Théâtre National, Le Rond-Point, Théâtre National de Strasbourg, Théâtre du Soleil, La Villette — la création offrira un parfum familier et pourtant neuf : la précision d’un théâtre-cinéma en direct, d’où émergent des apparitions comme tirées d’un rêve lucide. Avant d’y entrer, prenons le temps d’observer les rouages de ce dispositif qui sait créer du suspense sans jamais perdre le sourire.

L’univers de Jules Verne revisité : un thriller gothique pour Forbach, entre opéra et science

On oublie parfois que Jules Verne, grand maître de l’aventure, aimait aussi l’étrange. Dans Le château des Carpathes, l’auteur déplace la boussole vers le fantastique : un village reculé (Werst), une demeure supposée inhabitée, des phénomènes qui défient l’explication. L’adaptation d’Émilie Capliez, co-directrice de la Comédie de Colmar, prend ce matériau et le serre comme un ressort dramatique : la pièce, d’environ 1 h 30, condense trois cents pages, conserve le mystère et accélère la tension. La narratrice — présence scénique continue — nous guide d’une piste à l’autre, un peu comme une enquêtrice poétique qui aurait l’oreille absolue pour les énigmes.

Dans la salle du Le Carreau Scène Nationale de Forbach, la rumeur court : le château, perché sur la colline, serait désert. Vraiment ? Les habitants de Werst, superstitieux, s’agrippent à leurs croyances, et pourtant l’arrivée de Franz de Télek change la donne. Le voyageur connaît le baron de Gortz, propriétaire fantôme dont le nom fait trembler les volets. Au fil de scènes nerveuses, le destin d’un amour brisé croise la machinerie d’un rêve technologique, tandis qu’un chant d’opéra — fil rouge émotionnel — se mêle au jazz d’Airelle Besson. L’alliage surprend autant qu’il convainc : l’opéra apporte l’emphase du cœur, le jazz sculpte l’instant, et le théâtre canalise cette énergie.

Capliez soigne la respiration du récit : un village, une colline, une demeure, certes, mais surtout un puzzle où chaque pièce se révèle à la faveur d’une lumière, d’un bruit de trompette, d’un glissement de décor. L’esthétique évoque parfois une boîte noire où l’illusion est reine, parfois un cabinet scientifique à ciel ouvert. Pour Forbach, cette mise en scène s’inscrit dans une région qui a l’habitude des croisements : public familial, jeunes spectateurs, amateurs de polars scéniques, tout le monde y trouve son compte grâce au surtitrage en allemand et à l’ouverture esthétique.

On pourrait dire que la pièce tient en trois questions : qui manipule qui ? que voit-on réellement ? et pourquoi croit-on si facilement ce que l’on espère ? Les réponses ne sont pas livrées sur un plateau ; elles se devinent à travers la brume sonore et lumineuse. Cette dramaturgie du doute, héritière d’E.T.A. Hoffmann, insuffle à la représentation une délicieuse inquiétude, sans jamais effacer le plaisir de l’enquête. Le théâtre devient un laboratoire des perceptions, et c’est là que la Transylvanie de Verne se raccorde à nos obsessions de 2025 : images, sons, apparitions, tout se recompose en temps réel.

  • À voir : la rencontre entre récit gothique et invention scénique, sans perdre le fil de l’émotion.
  • À écouter : les motifs récurrents au cornet et à la trompette, signatures d’Airelle Besson.
  • À sentir : le frisson d’une enquête où l’explication technique n’annule jamais la poésie.
  • À partager : une séance accessible dès 12 ans, idéale pour un public intergénérationnel.
Élément Détail
Lieu Le Carreau Scène Nationale de Forbach
Date repère 27 janvier 2026 (passage annoncé à Forbach)
Public Dès 12 ans, surtitré en allemand
Durée Environ 1 h 30
Mise en scène Émilie Capliez
Musique Airelle Besson, jazz et textures live
Source Jules Verne, roman gothique et scientifique

Si l’on aime les spectacles capables de tisser l’intime et le merveilleux, on sortira de Werst le cœur battant, avec l’impression d’avoir mené sa propre expédition.

La musique d’Airelle Besson : un moteur dramatique entre jazz, opéra et frisson

Dire que la musique « accompagne » la pièce serait en deçà de la vérité. La trompettiste et compositrice Airelle Besson insuffle un souffle narratif à part entière, une façon de sculpter l’espace et le temps avec des notes. Dans Le château des Carpathes, sa partition agit comme une boussole : thèmes récurrents, silences tendus, éclats lyriques qui flirtent avec l’opéra. Dans une scène, la trompette semble résonner depuis un balcon invisible, comme un écho d’aria perdu ; dans une autre, un motif syncopé précipite la course de Franz de Télek vers le secret du château. Le spectateur est happé par ce mix entre jazz contemporain et chant romanesque, une alliance qui rappelle certaines audaces vues à La Villette ou au Le Rond-Point.

La beauté du dispositif tient à la relation vivante entre plateau et fosse : le son devient décor, la musique dessine des couloirs, des cachettes, des trompe-l’oreille. On croit entendre un chœur lointain — est-ce l’opéra italien que Verne convoque fantomatiquement ? ou une rumeur du village ? Cette porosité sied à Capliez, qui a déjà prouvé sa dextérité à transformer un univers graphique en épopée musicale. La musique, ici, renforce la dramaturgie tout en offrant une rampe d’accès sensible aux plus jeunes, un peu comme un fil d’Ariane sonore.

Pour mieux apprécier cette signature, on peut comparer quelques démarches actuelles du théâtre musical. Entre les recherches exposées dans une approche harmonique du théâtre contemporain et les trajectoires d’artistes hybrides, la tendance est à la dissolution des frontières. Dans cette perspective, la partition de Besson ne se contente pas de soutenir le texte ; elle le questionne, le relance, parfois le contredit pour mieux révéler l’ambiguïté du récit. On retrouve ce type de tension fructueuse dans des créations présentées à l’Odéon-Théâtre de l’Europe ou à La Colline – Théâtre National, où les dramaturgies musicales déplacent l’écoute du spectateur.

Un exemple concret : une séquence de poursuite silencieuse dans le couloir du château. La lumière baisse, l’ombre gagne, et la trompette n’attaque pas un thème triomphant ; elle chuchote un ostinato presque imperceptible, qui fait monter l’angoisse à petits pas. À l’inverse, une scène d’évocation amoureuse laisse surgir une nappe lyrique, proche d’un récitatif, comme si la mémoire de l’opéra réveillait les murs. Les spectateurs attentifs y verront un clin d’œil à la tradition du « théâtre total » chère à certaines maisons, du Théâtre du Soleil à la Comédie Française.

  • Repères d’écoute : motifs, ostinati, silences et ruptures.
  • Dialogues son/plateau : quand la musique contredit la scène, l’attention se redouble.
  • Transmission : excellent support pour un public jeune et curieux.
  • Références : opéra italien, modernité jazz, échos de musiques de chambre.
Élément musical Effet scénique Perception du public
Motif récurrent à la trompette Signature d’un personnage ou d’un lieu Repère narratif, suspense renforcé
Silence tendu Suspension du temps Concentration maximale, respiration commune
Éclat lyrique proche de l’opéra Montée émotionnelle Empathie, mémoire affective activée
Rythme syncopé Accélération de l’action Engagement physique, battement cardiaque

Pour aller plus loin dans les croisements musique-théâtre, on peut jeter un œil à des expériences liées au Grand Est, comme les écritures scéniques strasbourgeoises autour de Marceau ou des chemins de création à Strasbourg, qui montrent combien l’écoute transforme la perception d’un plateau.

Cette dimension musicale, plus qu’un ornement, est la clef qui ouvre le château sans briser sa serrure : elle guide, égare et fascine, dans le même souffle.

Illusions, lumières et narration : la boîte à mystères d’Émilie Capliez

Dans le registre des illusions, Émilie Capliez joue à front renversé : elle montre pour mieux dissimuler, et dissimule pour mieux révéler. La scénographie de Le château des Carpathes est un terrain de jeu pour les sens : portes qui s’ouvrent sur des brumes, fenêtres-écrans, voix qui se déplacent dans l’espace comme des spectres dociles. Cette manière de « peindre l’inaudible » et d’« entendre l’invisible » rappelle autant la mécanique des grands plateaux — on pense à l’ingéniosité du Théâtre National de Strasbourg — que l’art des troupes-laboratoires, tel le Théâtre du Soleil. L’illusion est ici une discipline athlétique : elle demande précision, souffle et écoute.

Le texte de Verne lorgne vers la science, et la mise en scène s’empare de cette soif de connaissance. On observe des effets qui paraissent surnaturels, puis l’on comprend qu’une technologie discrète est à l’œuvre. Ce n’est jamais un gadget : l’enjeu est dramaturgique. Une présence réapparaît ? Peut-être n’était-ce qu’une image. Une voix semble venir des coulisses ? Peut-être s’agissait-il d’une projection sonore. Cette friction nourrit le vertige, à la manière d’un récit d’E.T.A. Hoffmann.

La narratrice, omniprésente, fait le lien entre enquête et émotions. Elle tire un fil qui nous amène du village à la montagne, de la montagne au château, du château au cœur des personnages. Cette parole au long cours évite les lourdeurs explicatives : elle danse, interroge, contredit la scène, un peu comme dans certaines narrations modernes vues à La Colline – Théâtre National ou à l’Odéon-Théâtre de l’Europe. Le public n’est jamais abandonné, mais jamais sur-protégé non plus. On y gagne en liberté.

Pour s’orienter dans l’esthétique de la pièce, on peut convoquer des repères : le gothique pour la dramaturgie, l’opéra pour l’ampleur, la science pour la logique, et le jazz pour l’imprévu. La rencontre de ces quatre axes dessine un « carré magique » qui tient la scène en haleine. Et si l’on cherche des cousins, on peut explorer des spectacles exposés à une saison contemporaine riche en illusions ou relire un essai comme le musée imaginaire du théâtre contemporain pour saisir comment nos regards apprennent à douter.

  • Illusions maîtrisées : images, sons, lumières, tout devient piste narrative.
  • Narration vivante : une voix qui guide sans asséner.
  • Technologie discrète : l’outil n’écrase jamais l’acteur.
  • Clins d’œil : références gothiques et romantiques assumées.
Outil scénique Usage Effet sur le récit
Projection lumineuse Créer des silhouettes fantomatiques Installe le doute sur la présence
Spatialisation sonore Déplacer la voix dans l’espace Renforce l’idée d’une maison vivante
Rideaux et cadres mobiles Changer de lieu en un geste Accélère la narration
Musique live Réagir à l’action en direct Crée de l’imprévu, aiguise l’écoute

Pour contextualiser, on peut revoir des entretiens d’artistes qui jouent ce mélange du romanesque et du dispositif scénique. Les maisons comme La Manufacture des Oeillets ou les festivals qui aiment les écritures mixtes, tel le Festival d’Avignon, ont préparé le terrain d’un public curieux et joueur. Et à Forbach, le plateau se fait loupe : la pièce invite à regarder plus près… sans oublier de rêver plus loin.

Entrer dans ce château-là, c’est accepter qu’une ombre s’adresse à nous en plein jour : on en sort avec une boussole dans la poche, et quelques secrets de plus.

Forbach, la Lorraine et le réseau des scènes : une boussole pour spectateurs curieux

Le passage du spectacle à Forbach n’est pas un hasard : le Le Carreau Scène Nationale de Forbach s’est imposé comme un carrefour où circulent les écritures inventives. En Lorraine, la curiosité du public n’est plus à prouver, et l’on voit chaque saison des propositions qui réconcilient l’exigence et l’accessibilité. En 2025, d’autres rendez-vous — danse, théâtre d’objet, œuvres engagées — dessinent une cartographie cohérente autour de Forbach. Ce maillage conversationne avec l’écosystème national : Comédie Française, Odéon-Théâtre de l’Europe, Théâtre National de Strasbourg, La Colline – Théâtre National, Le Rond-Point, La Villette… Les spectacles voyagent, et les idées aussi.

Pour prendre la mesure de cette circulation, on peut observer comment certaines créations venues d’Alsace ou de Lyon rencontrent les publics lorrains. Des articles consacrés à des artistes lyonnais en tournée ou à un théâtre engagé autour de l’addiction donnent un aperçu de ces courants. À Strasbourg, l’empreinte du Théâtre National de Strasbourg nourrit toute une génération de créateurs qui aiment l’alliage musique/jeu, comme l’atteste un récit de direction et de solitudes. Ce contexte rend parfaitement lisible l’arrivée du Château des Carpathes à Forbach : la région est prête à ces frottements esthétiques.

Et puis il y a les routes du spectateur, celles qu’on trace au fil des saisons. En Lorraine, on croise des spectacles qui, par échos ou contrepieds, dialoguent avec la pièce d’Émilie Capliez. On pense à des formes hybrides vues en novembre, ou à des projets venus du cirque et de la danse qui questionnent, eux aussi, le réel. Cette pluralité fabrique un public agile — tantôt enquêteur, tantôt rêveur —, exactement ce qu’il faut pour arpenter les couloirs de Werst.

Pour celles et ceux qui aiment préparer leur venue, voici une proposition de « navigation culturelle ». L’idée n’est pas de cocher des cases, mais de sentir des résonances. Explorer une exposition à La Villette, goûter une pièce documentaire au Le Rond-Point, glaner un classique à la Comédie Française, puis revenir à Forbach pour l’éclosion d’une fable techno-gothique : l’itinéraire a du panache. Et si vous cherchez des textes à croiser, jetez un regard aux expériences locales, comme un théâtre de proximité à Charmois ou une réécriture grecque à Boucheporn : les correspondances surgissent là où on les attend le moins.

  • Réseau : circulation des œuvres entre régions et grandes maisons nationales.
  • Public : curiosité intergénérationnelle, apte aux formes hybrides.
  • Contexte : Lorraine/Alsace comme laboratoire d’expériences scéniques.
  • Cap : Forbach comme point d’ancrage et tremplin de découvertes.
Lieu/Institution Rôle dans l’écosystème Lien avec la création
Le Carreau Scène Nationale de Forbach Accueil, diffusion et accompagnement public Étape clé du voyage du spectacle
Théâtre National de Strasbourg Formation, dramaturgie, recherche Culture de l’hybridation scène/musique
Festival d’Avignon Vitrine internationale Références et croisements d’esthétiques
Comédie Française / Odéon-Théâtre de l’Europe Patrimoine et modernité Contexte des adaptations exigeantes

Au bout du compte, Forbach n’est pas un point sur la carte : c’est un carrefour de vents favorables. Le château des Carpathes n’y vient pas par hasard, il y trouve une rose des vents faite pour lui.

Mode d’emploi du spectateur : préparer sa visite, aiguiser son écoute, prolonger le mystère

Un bon spectacle, c’est une rencontre. Pour en profiter, on peut ritualiser sa venue. La veille, relire deux chapitres du roman de Jules Verne — ceux qui plantent le décor de Werst —, ou simplement écouter une playlist de trompette contemporaine. Le jour J, arriver un peu en avance au Le Carreau Scène Nationale de Forbach pour éprouver les lieux, sentir la salle respirer. On entre alors dans le château avec des yeux neufs. Pendant la représentation, on s’amuse à repérer les motifs sonores d’Airelle Besson : à quel moment réapparaissent-ils ? Lors d’une révélation ? d’un doute ? Cette chasse au trésor musicale aiguise l’attention sans nuire au plaisir de l’histoire.

Le spectacle étant surtitré en allemand et accessible dès 12 ans, c’est une excellente première pour des adolescents. On peut jouer avec eux à l’atelier du « vrai/faux » : à la sortie, lister trois choses vues et leur attribuer une cause technique ou fantastique. Surprise : il arrive qu’on se dispute gaiement, preuve que l’illusion a fonctionné. Pour nourrir ces prolongements, on peut glaner des références variées : des parcours qui relient musique et scène, comme ces harmonies scéniques, ou des approches plus sociales, tel un théâtre engagé autour des fragilités, afin de mesurer comment l’art touche le réel sans le surligner.

Les analogies peuvent également éclairer l’expérience. On pense à la précision artisanale d’ateliers observés à La Manufacture des Oeillets — lieu de création du Théâtre des Quartiers d’Ivry —, ou aux grands récits à tiroirs que l’on a savourés au Festival d’Avignon. Chaque spectateur possède son propre « dictionnaire des scènes ». L’important consiste à l’ouvrir pendant la représentation : un mot, une musique, une posture, et votre mémoire convoque une autre pièce, un autre décor. Le château devient alors la salle des archives de vos souvenirs.

Pour la logistique, rien de compliqué. Réserver tôt, vérifier la durée (1 h 30 environ), prévoir un retour en douceur après la représentation — pourquoi pas un chocolat chaud en ville pour prolonger l’échange ? Et pour les plus passionnés, consigner trois impressions dans un carnet. Vous serez surpris, en les relisant un mois plus tard, de la précision des images qui reviennent. Enfin, si la curiosité déborde, cap sur d’autres spectacles voisins, comme ceux repérés dans des saisons dédiées à la création, à l’image de cette programmation contemporaine. Le chemin ne s’arrête pas à la sortie du château.

  • Avant : lire un extrait, écouter une trompette, arriver en avance.
  • Pendant : suivre les motifs sonores, accepter de douter, regarder les ombres.
  • Après : débattre, noter trois images, relier avec d’autres expériences de théâtre.
  • Pour les ados : jeu « vrai/faux » et repérage des illusions techniques.
Étape Action concrète Bénéfice
Préparation Lire un passage de Verne, écouter un morceau d’Airelle Besson Mise en condition sensible
Accueil Repérer la salle, s’installer sans précipitation Confort et disponibilité
Jeu d’observation Identifier trois motifs visuels/sonores Aiguiser l’écoute et la mémoire
Débrief Discussion en groupe, carnet d’impressions Appropriation de l’expérience

Avec ces quelques gestes, on se donne la chance de sortir du château non pas indemne, mais grandi, avec une lampe-tempête qui n’éclaire que ce qui compte.

Lectures parallèles et résonances : du gothique de Verne aux scènes d’aujourd’hui

Le plaisir du Château des Carpathes, c’est aussi son pouvoir de résonance. On entend Verne, bien sûr, mais on perçoit d’autres voix : le romantisme noir, la fascination technologique, la mémoire de l’opéra. En 2025, ce cocktail n’a rien d’archaïque : il répond à nos vies saturées d’images et de sons, à nos doutes sur la réalité de ce que nous voyons. Le théâtre devient un atelier de vérification, un banc d’essai des perceptions. Sous cet angle, la pièce dialogue avec des créations qui interrogent la fabrique du regard — on peut lire, par exemple, une réflexion sur le musée imaginaire du théâtre qui éclaire ces questions.

On retrouve aussi l’idée d’un « double régime » : d’un côté, la croyance, de l’autre, l’explication. Capliez ne tranche pas ; elle s’amuse de la frontière. C’est tout l’art de faire cohabiter l’ombre et la raison. Cette cohabitation se lit ailleurs : dans des propositions qui saisissent la puissance du récit sans renoncer au documentaire, ou dans des spectacles de proximité, à l’instar de rencontres à Charmois, où l’on mesure comment un détail local éclaire le grand récit collectif. À l’échelle nationale, ce goût de l’hybridation court des scènes de La Villette à celles du Le Rond-Point, jusqu’à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, et garde en tête l’exigence dramaturgique d’un Théâtre National de Strasbourg ou la rigueur du répertoire à la Comédie Française.

Ces résonances ne sont pas seulement esthétiques : elles sont sensibles. On pourrait raconter « Le château des Carpathes » comme une histoire d’amour contrariée, tout autant que comme une expérience de hantise technologique. Cette double lecture nourrit le débat après la représentation. Faut-il choisir ? Non. Il suffit de laisser les deux voies ouvertes et de se promener de l’une à l’autre, comme on traverserait deux ailes d’un même édifice. Pour celles et ceux qui aiment agrandir le cadre, des ressources consacrées à des écritures fortes, telles que un focus sur une metteuse en scène à Lyon, donnent des clés pour penser la mise en scène comme une architecture de signaux.

Reste l’écho le plus intime : que conserve-t-on du spectacle, plusieurs semaines plus tard ? Une silhouette à la fenêtre, un thème de trompette, un prénom murmuré. À Forbach, cette phénoménologie du souvenir se mêle aux trajets du quotidien, aux affichettes croisées en ville, aux discussions improvisées dans un café. Le théâtre ne s’arrête pas au dernier noir. Il voyage avec nous, comme un message plié dans la poche. Et quand on repensera au château, il y aura peut-être une autre porte à pousser, encore. Car un bon spectacle ne se referme jamais tout à fait.

  • Double lecture : amour et technologie, récit et dispositif.
  • Échos nationaux : des grandes maisons aux scènes locales.
  • Souvenir : images et sons qui reviennent par surprise.
  • Ouverture : un spectacle qui appelle d’autres découvertes.
Fil de lecture Question clé Ce que le spectacle propose
Fantastique Que voit-on vraiment ? Illusions et doutes mis en scène
Technologie Comment l’image/son transforme le réel ? Dispositif discret et signifiant
Romance L’amour survit-il au temps ? Rémanences lyriques et mémoire d’opéra
Musique Peut-on « voir » avec les oreilles ? Motifs qui guident le regard

Au fond, ce château-là n’est pas qu’un lieu scénique ; c’est un miroir qui nous regarde passer, un peu plus attentifs qu’avant.

Quelle est la particularité de cette adaptation du Château des Carpathes ?

La mise en scène d’Émilie Capliez condense le roman en un spectacle d’environ 1 h 30, en mêlant gothique, science et musique live. La trompettiste Airelle Besson joue un rôle central : sa partition guide l’écoute et intensifie le suspense. Le tout est accessible dès 12 ans et surtitré en allemand, idéal pour un public intergénérationnel.

Où et quand voir le spectacle à Forbach ?

Le passage est annoncé au Le Carreau Scène Nationale de Forbach, avec une date repère au 27 janvier 2026. La saison 2025-2026 permet de découvrir cette création dans un écosystème régional très dynamique.

Faut-il avoir lu Jules Verne avant d’y aller ?

Ce n’est pas nécessaire. Lire quelques pages peut enrichir l’expérience, mais la narratrice et la dramaturgie claire rendent la pièce immédiatement accessible. On conseille simplement de se laisser guider par la musique et les images.

Le spectacle convient-il aux adolescents ?

Oui. Il est recommandé dès 12 ans. Les thèmes — mystère, enquête, illusions — captivent les jeunes spectateurs, et la musique live offre un point d’entrée ludique.

Quelles autres expériences découvrir pour prolonger la soirée ?

Parcourez des ressources sur les écritures musicales et les hybridations scéniques, par exemple des dossiers sur les harmonies au théâtre, des créations à Strasbourg ou des saisons contemporaines repérées en région Grand Est, accessibles via les liens intégrés dans l’article.