Villeurbanne a toujours aimé mettre ses scènes au défi, et c’est exactement ce que propose Lundy Grandpré, collectif lyonnais dirigé par Lucile Genin et Akène Lenoir. Entre danse, théâtre et installations, la compagnie s’empare de la ville comme d’un plateau à ciel ouvert. Leurs créations s’écritent au présent, au contact des publics, des gymnases, des parvis et des scènes mythiques où se croisent la ferveur du Théâtre national populaire et la curiosité des riverains de la Maison du livre, de l’image et du son. Les rendez-vous s’additionnent, les partenaires aussi, et le souffle du contemporain s’amplifie.
Quand la soirée d’ouverture du festival FASSIL annonce le spectacle WOD au Centre des Humanités de l’INSA Lyon à Villeurbanne, l’enthousiasme est palpable. Un danseur/crossfiteur et un danseur/sociologue y interrogent la normalisation des corps et l’injonction à la performance. Sur le parvis dès 18h30, la foule se rassemble, mêlant étudiants, habitués du Le TNP et familles de Villeurbanne. Dans ce sillage, la compagnie déploie des “jardins” de pratiques : performances, sérigraphies, ateliers, tisanes—autant de rhizomes qui prolongent l’expérience scénique. Ce foisonnement créatif, qui résonne jusqu’aux Célestins, Théâtre de Lyon, au Théâtre de la Croix-Rousse et au Festival Les Invites, donne l’image précise d’une ville où l’art dialogue avec le quotidien, sans chichis, avec panache.
Sommaire
Villeurbanne en scène: cartographie vivante autour de Lundy Grandpré et des lieux complices
Si Villeurbanne vibre, c’est qu’un réseau de lieux, d’équipes et de publics s’y entremêle avec une précision d’orfèvre. La carte est éloquente : Le TNP (alias le Théâtre national populaire) incarne l’exigence du répertoire et de la création, tandis que la Maison du livre, de l’image et du son (MLIS) nourrit l’appétit des curieux par ses médiations et ses archives vivantes. À quelques pas, Le Rize, avec sa vocation de mémoire et d’urbanité, s’ouvre aux écritures du réel—un terrain idéal pour une compagnie qui interroge le corps social. Le Festival Les Invites transforme pour sa part l’espace public en scène XXL, où une déambulation peut devenir manifeste. Et quand les passerelles s’étirent vers les Célestins, Théâtre de Lyon ou le Théâtre de la Croix-Rousse, on comprend que l’écosystème dépasse les frontières administratives au profit d’une respiration métropolitaine.
Le collectif Lundy Grandpré s’inscrit dans cette géographie avec un flair certain. Plutôt que de cloisonner la danse et le théâtre, il les fait dialoguer dans des dispositifs agiles. Un gymnase, une salle des fêtes, un parvis : chaque espace peut devenir scène si l’on y fabrique de l’attention. Cette attention, les artistes la travaillent par la répétition, la proximité et la surprise. Dans un quartier où des spectateurs poussent la porte d’A Thou Bout d’Chant pour un concert intimiste, puis rejoignent une performance au Centre des Humanités, il est naturel de croiser les disciplines et de multiplier les formats. Résultat : les publics ne se segmentent pas, ils se rencontrent—et c’est toute la ville qui s’éduque à l’inattendu.
La dynamique se nourrit aussi d’échos nationaux. À Dijon, les audaces de la Compagnie Les 26 000 Couverts rappellent combien la rue et le plateau partagent un même appétit pour l’imprévu. À l’échelle du pays, des expériences contemporaines s’empilent et se répondent : on le mesure en naviguant entre des propositions variées—par exemple, des créations repérées du côté de la scène contemporaine de Faulquemont ou des inventions vues à Arnay, terre de théâtre. Ces jalons créent des ponts qui aident à situer les partis pris de Villeurbanne dans une cartographie plus large.
Repères et circulations entre lieux de référence
Pour orienter la promenade urbaine, il est utile de penser la complémentarité : un lieu patrimonial, un espace d’expérimentation, une agora populaire. De cette triangulation naît une programmation qui refuse le ronronnement. On aperçoit souvent des partenariats agiles : une lecture au Le Rize qui fait écho à une performance aux Célestins, Théâtre de Lyon, un atelier à la MLIS nourri par des extraits de répétitions du côté du Le TNP. La circulation est esthétique, mais aussi logistique : horaires pensés, billets au juste prix, médiation au coin de la rue.
- Points d’ancrage : TNP, MLIS, Le Rize, Célestins, Théâtre de la Croix-Rousse.
- Rituels : ateliers du samedi, répétitions publiques, cafés-rencontres.
- Débordements : performances in situ, parvis activés, jardins scéniques.
- Connexions : créations à Dijon en miroir, invitations croisées avec la rue.
| Lieu | Type d’expérience | Public visé | Signature |
|---|---|---|---|
| Le TNP (Théâtre national populaire) | Grande forme, débats | Spectateurs réguliers et néophytes | Exigence & accessibilité |
| Maison du livre, de l’image et du son | Médiation, archives vivantes | Familles, scolaires, curieux | Transmission & ressources |
| Le Rize | Rencontres, mémoire urbaine | Habitants, associations | Ville & récits croisés |
| Célestins, Théâtre de Lyon | Créations, coproductions | Publics métropolitains | Dialogue régional |
| Théâtre de la Croix-Rousse | Formes plurielles | Amateurs de découvertes | Écriture du présent |
Au cœur de cette boussole, Lundy Grandpré déploie un art de la rencontre. La suite logique : se glisser dans une salle, ou dans un gymnase, pour découvrir comment un spectacle peut bousculer nos réflexes.
WOD de Lundy Grandpré: le corps à l’épreuve, entre sociologie et sueur scénique
WOD, pour “workout of the day”, plonge dans l’univers du crossfit afin de questionner la normalisation des corps et l’obsession de la performance. Sur le plateau, un danseur/crossfiteur et un danseur/sociologue composent une partition qui oscille entre effort mesuré et geste poétique. Les pas deviennent séries, les séries deviennent récit, et bientôt, la salle respire au rythme des halètements. Ce n’est pas un biopic du sport ; c’est une enquête incarnée sur ce que nos muscles racontent de nous, de nos désirs d’efficacité, de nos peurs de décevoir. La dramaturgie convoque le code du gymnase : chronos, répétitions, mots d’ordre, autant de signaux reconfigurés en matière chorégraphique.
La soirée d’ouverture du FASSIL au Centre des Humanités (INSA Lyon, Villeurbanne) fit salle comble, avec un point de rendez-vous à 18h30 sur le parvis, avant un lever de rideau à 19h. Ce choix n’a rien d’anodin : l’université comme maison de la pensée, le parvis comme sas de décompression, l’horaire comme promesse d’un after partagé. Le public se retrouve à parler charge mentale, métriques de performance et bonheur. Peut-on vider sa tête comme on vide une barre ? La scène répond par des métaphores physiques : la fatigue devient narration, la transpiration, cartographie.
Thématiques et dispositifs à l’œuvre
Ce spectacle s’inscrit dans une constellation de théâtres qui posent des questions aiguës au présent. L’attention au corps, aux addictions aux chiffres, aux routines qui rassurent, fait écho à d’autres projets engagés. En France, une veine croissante du théâtre explore les angles morts : on pense à des démarches sur l’addiction, évoquées par des formats voisins comme un théâtre engagé sur l’addiction, ou à des réinterprétations contemporaines de classiques, tel un adieu à La Cerisaie qui craque notre héritage pour mieux faire entendre le présent.
- Axes de recherche : performance vs. vulnérabilité, norme vs. singularité, métrique vs. sens.
- Écritures scéniques : partition physique, témoignages, données transformées en geste.
- Réception : engagement du public, discussions post-spectacle, ateliers d’initiation.
- Échos : liens avec d’autres créations contemporaines en région et au-delà.
| Élément | Description | Effet sur le public | Suivi |
|---|---|---|---|
| Workout chorégraphié | Séries physiques structurées | Immersion sensorielle | Échauffements participatifs |
| Témoignages sociologiques | Paroles récoltées et rejouées | Identification | Débats en bord de scène |
| Scénographie de gymnase | Chronos, tapis, marquages | Repères familiers | Visites de “plateau” |
| Musique pulsée | Beat et silence alternés | Tension dramatique | Playlist partagée |
Cette grammaire du corps renvoie aux scènes complices de la métropole, des Célestins, Théâtre de Lyon à Le TNP. Un réseau où WOD circule d’autant mieux qu’il capte l’air du temps sans moraliser. À ce titre, il se compare à des objets hybrides croisés ailleurs, du côté d’un opéra rock surprenant à Pontarlier ou de fictions élastiques comme Le Château des Carpathes revisité, qui prouvent la plasticité du théâtre d’aujourd’hui.
Quand l’adrénaline retombe et que les spectateurs sortent, un constat demeure : WOD traite du corps pour mieux parler de la société. C’est cette porosité qui lui donne sa force et qui installe Villeurbanne comme une place forte du débat scénique.
Jardins et performances: écologie scénique et hospitalité urbaine
Hors plateau, Lundy Grandpré cultive des terrains inattendus. “Jardins et performances” propose d’occuper des lieux culturels sur des temps longs, en y semant des jardins médicinaux et des pratiques satellites : performances, sérigraphies, ateliers, tisanes, soirées. Une poétique de la lenteur qui tranche avec le rythme des saisons de théâtre ; ici, l’ancrage prime. On y apprend à nommer les plantes, à fabriquer des affiches à l’encre végétale, à goûter une infusion qui réveille des souvenirs. La performance devient alors une étape parmi d’autres d’un parcours d’hospitalité, où l’on peut simplement passer, discuter, s’asseoir, revenir.
Ces “rhizomes” font écho aux expériences passées du collectif : des invitations au Centre National de la Danse, des passages par le Carreau du Temple, des soirées LGBTQIA+ comme “Garçon Sauvage/Intérieur Queer” à Lyon. Au fil des saisons, la compagnie a peaufiné sa méthode : écouter un lieu, détailler ses ressources, encourager ses communautés à se revaloriser. Dans ce contexte, Villeurbanne est une terre promise : Le Rize comme boîte noire des mémoires, la Maison du livre, de l’image et du son comme foyer de transmission, et les rendez-vous dehors lors du Festival Les Invites comme manière de proclamer que la culture se vit sans billet d’entrée.
Hospitalité et fabrique du commun
La force du dispositif tient à la simplicité apparente de ses gestes. Une table de sérigraphie près de la cafétéria, une distribution de tisanes à la sortie d’une répétition publique, un micro ouvert où l’on raconte sa plante totem. Ce sont autant de points de contact dont la somme fabrique une communauté. Inviter un chœur amateur d’A Thou Bout d’Chant à prêter sa voix à une soirée “jardin” devient une évidence. Là encore, Villeurbanne joue l’interconnexion : on traverse la ville comme on traverse un poème.
- Actions lentes : herbiers participatifs, ateliers d’infusions, cartes sensibles.
- Moments vifs : performances flash, lectures chorales, DJ sets doux.
- Complicités : bibliothécaires de la MLIS, médiateurs du Rize, voisins jardiniers.
- Rayonnement : résonances avec des scènes contemporaines à Silly-Nied et des projets “Valentina”.
| Module | Durée | Ressources | Effets attendus |
|---|---|---|---|
| Jardin médicinal | Résidence longue | Pépinière, bénévoles | Appropriation du lieu |
| Sérigraphie publique | 2 à 3 jours | Atelier mobile, encres végétales | Visibilité, fierté collective |
| Atelier tisanes | 1 à 2 heures | Herbes locales, verres consignés | Écologie du quotidien |
| Soirée rhizome | 1 soirée | DJ, chœur invité, scénographie légère | Joie partagée, fidélisation |
Au fond, ces jardins sont des laboratoires de confiance. Le public y goûte l’art autrement, sans protocole intimidant, et s’y attache durablement. C’est peut-être là que naissent les spectateurs de demain.
Transmission, ateliers et publics: comment Villeurbanne se forme au théâtre contemporain
Ce qui frappe dans l’écosystème villeurbannais, c’est la circulation des savoirs. Entre la Maison du livre, de l’image et du son, Le Rize, les écoles et les conservatoires, une pédagogie informelle s’invente. Lundy Grandpré y contribue en transformant ses répétitions en séances ouvertes, ses bord-de-scènes en causeries concrètes, et ses dispositifs scéniques en outils pédagogiques. On ne descend plus la théorie vers les publics ; on remonte l’expérience vers la pensée. Résultat : les lycéens aiment déchiffrer la scénographie, les familles s’emparent des protocoles, les seniors partagent des récits de corps au travail.
Dans cette logique, A Thou Bout d’Chant devient un partenaire précieux pour croiser voix parlées et chantées. Un cycle peut naître : écoute active d’une performance, atelier d’écriture, restitution chantée. La même semaine, une masterclass au Théâtre de la Croix-Rousse interroge l’adresse au public, tandis qu’une visite des coulisses aux Célestins, Théâtre de Lyon révèle l’ingénierie des machineries. Cette plasticité pédagogique se renforce par des ressources numériques : playlists, bibliographies, micro-vidéos qui prolongent l’expérience.
Formes d’apprentissage par la pratique
La compagnie ne cherche pas à “expliquer” ses œuvres, mais à partager ses méthodes. Les participant·es expérimentent alors ce que signifie “mesurer son effort”, “cadrer un geste”, “écrire une contrainte”. Les dispositifs simples—un ruban adhésif au sol, un minuteur, une liste d’actions—déclenchent des fictions. Certains ateliers s’articulent aussi avec des projets extérieurs repérés : des inspirations prises à Beinheim avec un chat sur scène peuvent devenir un prétexte pour raconter sa propre ville, son propre trottoir, sa propre salle des fêtes.
- Outils partagés : minuteurs, listes, partitions physiques, carnets d’observation.
- Approches : “faire avant de dire”, “dire après avoir fait”, “montrer ce qui reste”.
- Réseaux : médiathèques, maisons de quartier, associations sportives.
- Perspectives : passerelle vers des scènes comme Le TNP et les Célestins, Théâtre de Lyon.
| Atelier | Compétence | Âge | Lieu associé |
|---|---|---|---|
| Échauffement du regard | Observation, attention | 12+ | MLIS, bibliothèques |
| Partition du quotidien | Écriture gestuelle | 15+ | Le Rize, gymnases |
| Corps & métrique | Temporalité, endurance | 16+ | Centres sportifs |
| Rhizome sonore | Chant parlé | Tout public | A Thou Bout d’Chant |
En somme, la transmission n’est pas un supplément d’âme ; c’est la matrice. Ce que les participants retiennent ne tient pas à l’“explication”, mais à la pratique partagée et à la joie d’en être.
Dialogues et inspirations: synergies avec Le TNP, les Célestins et la scène française
À Villeurbanne, la conversation va bon train entre institutions et artistes. Le TNP offre l’ampleur du plateau et la densité du débat citoyen ; les Célestins, Théâtre de Lyon, une tradition d’exigence et d’invention ; le Théâtre de la Croix-Rousse, la préférence pour les écritures à hauteur de public. Dans ce triangulaire, Lundy Grandpré apporte son sens du geste concret et de l’écoute de terrain. Les collaborations peuvent prendre mille formes : prêt de studio, séances partagées, coproductions, croisements de publics avec des tarifs “passe-frontières”. La richesse vient des frottements : confronter une pièce physique à un répertoire classique, faire converser une scénographie minimaliste avec une machinerie ambitieuse, proposer un “jardin” dans un foyer historique.
Ce mouvement s’inscrit aussi dans un dialogue national. Des scènes de l’Est aux rivages atlantiques, on remarque une constellation de projets qui inventent, ensemble, une grammaire du présent. Pour mesurer l’étendue des pratiques, on peut s’arrêter sur des repères : des reprises d’œuvres patrimoniales en mode contemporain, à l’image d’initiatives autour d’Adieu à La Cerisaie, des projets ancrés dans des territoires singuliers comme Faulquemont et son théâtre contemporain, des pièces itinérantes qui viennent titiller le public d’Arnay. Ces liens ne sont pas décoratifs ; ils permettent de calibrer les ambitions, de comparer les formats, d’apprendre les uns des autres.
Échos, filiations et coups de théâtre
On aime aussi observer les voisinages esthétiques. À Dijon, l’audace spectaculaire de la Compagnie Les 26 000 Couverts rappelle que le théâtre peut sortir du cadre avec élégance. Ailleurs, des formes hybrides, entre concert et fiction, ouvrent la porte à des dialogues inattendus : un détour par un opéra rock à Pontarlier peut donner des idées sur la gestion de l’énergie scénique ou du rapport aux fans. Et pourquoi ne pas explorer des fictions à la croisée des genres comme Le Château des Carpathes réinventé, pour penser la dramaturgie de l’étrangeté ?
- Partenariats locaux : Le TNP, Célestins, Croix-Rousse, MLIS, Le Rize.
- Rayonnement : invitations croisées, festivals, itinérances.
- Recherche : moteurs esthétiques communs, ateliers partagés.
- Réciprocité : rencontres publiques, documentation ouverte.
| Partenaire | Format | Bénéfice | Exemple |
|---|---|---|---|
| Le TNP | Coproduction | Plateau majeur | Débat citoyen post-représentation |
| Célestins, Théâtre de Lyon | Accueil en saison | Visibilité métropolitaine | Rencontres d’artistes |
| Théâtre de la Croix-Rousse | Masterclass | Publics de proximité | Atelier “adresse au public” |
| Le Rize | Résidence | Ancrage mémoriel | Collecte de récits |
La conversation continue et se nourrit de chaque alliance. L’important n’est pas la signature, mais la circulation d’idées, de gestes et de publics—la vraie monnaie du théâtre vivant.
Ce qui fait modèle ici, c’est la manière dont l’écosystème se rend poreux. Villeurbanne s’écoute—et se répond.
Parvis, festivals et hors-les-murs: l’art de sortir du plateau
Villeurbanne a le goût des rassemblements. Le Festival Les Invites le prouve chaque année en ouvrant les façades et les squares à des formes qui s’ébrouent sans barrières. Dans cette esthétique du dehors, Lundy Grandpré a trouvé des affinités : on prépare une performance comme on prépare une fête de quartier—avec une scénographie légère, une temporalité souple, et une hospitalité assumée. Le parvis du Centre des Humanités en est un laboratoire : rendez-vous à 18h30, échauffement ludique, voisinage qui s’invite. On a vu des étudiants expliquer une consigne à leurs parents, des joggeurs devenir médiateurs improvisés, des enfants reconnaître un motif de danse qu’ils avaient appris à l’école.
Cette porosité trouve des relais complices. À Le Rize, une conférence-performance peut s’ouvrir sur un micro-cortège vers la MLIS, où l’on termine par une écoute musicale. Au Théâtre de la Croix-Rousse, une sortie de résidence se transforme en marche commentée vers une place voisine, où un mini-atelier attend les passants. Même logique lors d’une soirée aux Célestins, Théâtre de Lyon, où les foyers deviennent salon de conversation. Le fil conducteur : faire dialoguer les lieux, transformer la ville en plateau, accueillir celles et ceux qui n’avaient pas prévu de voir un spectacle ce soir-là.
Itinéraires d’un théâtre en mouvement
Il s’agit de dessiner des parcours. Non pas des itinéraires touristiques, mais des séquences sensibles. On commence sur un parvis — on écoute, on respire, on échange. On continue dans une salle — on voit, on pense, on ressent. On termine à la buvette — on discute, on rit, on projette. Ces passages deviennent des rituels, et les rituels, une communauté. Ce qui s’écrit alors est presque une carte sensible de Villeurbanne, avec ses chemins préférés, ses carrefours habités, ses points de vue.
- Rendez-vous clés : parvis du Centre des Humanités, MLIS, Le Rize.
- Moments charnières : échauffements publics, marches, afters chaleureux.
- Publics : étudiants, voisins, spectateurs réguliers, primo-visiteurs.
- Échos régionaux : inspirations grappillées vers Dijon et ses crieurs publics.
| Segment | Durée | Objectif | Ressources |
|---|---|---|---|
| Parvis en entrée | 20 min | Créer le commun | Médiateurs, sonorisation légère |
| Performance | 45–60 min | Expérience artistique | Plateau mobile, lumière |
| Chemin partagé | 10 min | Décompression | Accompagnement, repères urbains |
| After convivial | 30–40 min | Conversation | Buvette, playlists |
Ce théâtre qui déborde, ce théâtre qui marche, retrouve un geste fondateur : faire société. Et Villeurbanne, par sa géographie et son tempérament, lui offre une scène idéale.
Où voir la compagnie Lundy Grandpré à Villeurbanne ?
Les projets circulent entre des lieux phares comme Le TNP (Théâtre national populaire), la Maison du livre, de l’image et du son, Le Rize, ainsi que des partenaires métropolitains tels que les Célestins, Théâtre de Lyon et le Théâtre de la Croix-Rousse. Les rendez-vous en plein air s’inscrivent souvent dans le Festival Les Invites.
Qu’est-ce que le spectacle WOD ?
WOD est une création où un danseur/crossfiteur et un danseur/sociologue interrogent la normalisation des corps et l’injonction à la performance. Le dispositif emprunte au gymnase (chronos, séries) pour fabriquer une dramaturgie physique et sensible.
Comment participer aux ateliers ?
Des ateliers sont régulièrement proposés via la MLIS, Le Rize, des établissements scolaires ou des partenaires comme A Thou Bout d’Chant. Ils prennent la forme d’échauffements, de partitions du quotidien, de sérigraphies et d’ateliers tisanes liés au programme Jardins et performances.
La compagnie travaille-t-elle avec d’autres structures ?
Oui, des synergies existent avec des institutions locales (Le TNP, Célestins, Croix-Rousse) et des scènes nationales. Des ponts sont aussi tissés avec des initiatives contemporaines repérées à Faulquemont, Arnay, Pontarlier, Silly-Nied ou Dijon.
Où se renseigner sur les prochaines dates ?
Les agendas de Villeurbanne et des théâtres partenaires listent les programmations. Les festivals et lieux partenaires publient également les informations pratiques (horaires, accès, tarifs).
