À Bordeaux, l’Opéra se mue en laboratoire de sortilèges scéniques. Sous le titre fédérateur « Joy », un triptyque fait palpiter la scène du Grand-Théâtre du 22 au 30 avril, avec trois entrées au répertoire qui font rimer audace et élégance. Au cœur de la soirée, la création mondiale de L’Amour sorcier signée par le duo Iratxe Ansa et Igor Bacovich transforme la scène en rituel sensuel, où la danse dialogue avec une musique incandescente et une chorégraphie ancrée dans la tradition autant que dans le présent le plus moderne. Les artistes s’emparent du ballet-pantomime de Manuel de Falla (1915) pour en offrir une vision débarrassée de toute anecdote, tendue vers l’enchantement d’un public large, curieux et prêt à se laisser happer par un spectacle total.
Le pari est clair : faire de l’Opéra de Bordeaux un aimant pour les regards européens grâce à un langage chorégraphique puissant, « très ancré dans le sol » et capable de mobiliser une vingtaine de danseurs en un seul souffle. À côté des signatures d’Alexander Ekman et de Justin Peck, déjà connues du public bordelais, la flamboyance d’Ansa & Bacovich porte le plateau comme une braise, sans folklore obligé. Pas de voix flamenca au programme, mais un tissage sonore et visuel qui vise l’universalité. Et pour 2026, année du 150e anniversaire de la naissance de de Falla, quel plus vif hommage que d’entendre sa partition revivre sans poussière, éclatante, comme si elle venait d’être composée la veille ?
Sommaire
« L’Amour sorcier » à l’Opéra de Bordeaux : conte de fées contemporain et rituel scénique
Il y a des œuvres qui résistent au temps parce qu’elles savent se réinventer. L’Amour sorcier, né comme « gitanerie musicale » au début du XXe siècle, revient ici non pas comme une relique, mais comme une fable dansée repensée pour notre regard. La trame est simple et magnifique : une femme détourne l’emprise d’un fantôme afin de reconquérir sa liberté amoureuse. Plutôt que d’appuyer une lecture psychologique, Iratxe Ansa et Igor Bacovich assument une approche de « conte de fées » : gestes nets, symboles clairs, images scéniques qui se gravent dans la rétine. À l’écran mental du spectateur, les figures s’attachent non par le discours, mais par un magnétisme chorégraphique.
Le groupe – une vingtaine d’interprètes – devient le véritable protagoniste. Les tableaux s’ouvrent comme des portes successives, où l’onde du collectif, précise, compacte, pulse autour de quatre personnages phares. Le duo chorégraphique façonne un vocabulaire physique « terrien », nourri de contrepoids, de frictions, de torsions épaules-hanches. Cette danse, qui colle au plateau pour mieux bondir, n’hésite jamais : elle procède par vagues, comme une incantation. L’enchantement naît de cette persistance des motifs, de ce retour obsédant d’un bras qui fend l’air, d’une hanche qui allume une spirale, d’une marche qui conquiert l’espace en diagonale.
Ce qui frappe aussi, c’est l’aisance avec laquelle Ansa & Bacovich articulent le grand format. Là où certains chorégraphes se perdent dans les masses, le tandem organise des essaims de duos et de trios, puis resserre l’œil du public sur un visage, une main, un pli de costume. Une économie du détail dans le grand angle : tel est le secret pour que chaque spectateur, où qu’il soit assis, sente le battement du plateau. La musicalité gestuelle prend appui sur l’acoustique de la salle et sur la respiration collective ; les silences deviennent autant de relais d’énergie que les explosions orchestrales.
Scéniquement, tout concourt à rendre lisible l’enjeu : un fantôme n’est pas seulement une figure narrative, c’est un état du corps, une densité de présence, une façon d’habiter la pénombre. Les concepteurs plastiques invitent une matière « entre chiens et loups » : tissus qui fument, lumières à la lisière, couleurs nocturnes qui s’ouvrent par strates. Ici, pas de littéralité appuyée ; plutôt une dramaturgie d’atmosphères, une série de climats où la musique de de Falla agit comme un catalyseur de gestes.
Le public bordelais, déjà coutumier de signatures internationales, retrouve une direction artistique ouverte qui, depuis plusieurs saisons, accueille des écritures hybrides. La venue d’Iratxe Ansa (dont la trajectoire parcourt Stuttgart, Lyon, La Haye) et d’Igor Bacovich étire cette ambition : faire du ballet un creuset où la tradition croise l’hyper-présent. Dans ce chassé-croisé, la forme prend de la vitesse, et l’on se surprend à retenir sa respiration devant un unisson, à sourire devant un clin d’œil de scène, à frissonner devant un ralenti d’ensemble.
En sortie de salle, la question fuse : qu’avons-nous vu ? Un classique revisité, certes, mais surtout un rite de passage scénique où l’intime atteint à l’universel ; c’est précisément là que ce « conte de fées contemporain » touche juste.
Une fête de danse contemporaine dans un écrin néoclassique
Le Grand-Théâtre, avec ses ors et ses balcons, devient un écrin paradoxal : la danse la plus actuelle s’y déploie sans s’excuser. Les colonnes, les marbres, les perspectives : tout dialogue avec une écriture du mouvement qui revendique la porosité des styles. C’est cette friction, précisément, qui accroche l’œil. Et si le contemporain révélait mieux que tout autre la puissance poétique d’une maison d’opéra ?
Pour contextualiser, n’hésitez pas à parcourir un aperçu du ballet contemporain vu depuis d’autres scènes, ce qui éclaire les ponts esthétiques qui rapprochent les compagnies et les publics aujourd’hui. On y mesure combien le terme « contemporain » ne décrit pas une mode, mais une manière d’écouter le monde avec le corps.
Ce premier moment de la soirée place donc la barre haut : un spectacle qui parle clair, sans renoncer à l’ambiguïté poétique, et qui donne envie de revenir le lendemain pour vérifier si l’on a rêvé, ou si l’on a bel et bien vu la scène respirer.
La musique de Manuel de Falla face au présent : de la gitanerie à l’universalité
On connaît l’empreinte de la partition d’El amor brujo : des rythmes qui mordent, des ostinatos qui chauffent le plancher, une dramaturgie musicale qui tient autant du sortilège que de la célébration. Dans sa première vie, l’œuvre sollicitait un petit orchestre et une voix flamenca, sculptant une identité hispanique assumée. La nouvelle lecture imaginée pour l’Opéra de Bordeaux part d’un acte fort : conserver la pulsation et la teinte couleur braise de la musique, mais laisser la voix hors plateau. Non par dédain, mais par stratégie artistique : ouvrir la porte à toutes les oreilles, quels que soient leur pays, leurs habitudes d’écoute, leur mémoire sonore.
Cette décision clarifie les perspectives. Sans chant, l’oreille se tourne vers l’architecture instrumentale : cordes qui se tendent comme un arc, vents qui ciselent l’air, percussions qui allument des étincelles rituelles. La texture devient une carte topographique pour les danseurs, un relief lisible qu’ils escaladent et redescendent, un terrain de jeu aux prises nettes. On sent dans l’écriture musicale cette modernité de 1915 qui, déjà, rêvait d’aujourd’hui : syncopes, contre-chants, liaisons harmoniques qui ouvrent des fenêtres sur la nuit.
2026 offre un cadre symbolique : 150 ans depuis la naissance de Manuel de Falla. Plutôt que de commémorer, la scène propose de célébrer en action. Entendre l’orchestre se déployer dans la salle, c’est éprouver physiquement ce que la musique a de plus précieux : elle autorise à la fois la mémoire et la transformation. Dans les gestes réglés d’Ansa & Bacovich, les attaques orchestrales déclenchent des embrasements collectifs, tandis que les phrases plus sourdes inspirent des frôlements, des « presque rien » qui pèsent lourd dans la balance des émotions.
Le mythe du fantôme, transposé en matière sonore, devient un motif rythmique. Ici un pizzicato qui rase les murs, là une montée chromatique qui se glisse entre deux respirations du chœur dansant. Tout s’agence pour que la scène, comme un cœur, s’accélère et se calme. Le résultat : une sensation de rituel sans surcharge, une liturgie païenne où chacun se retrouve à hauteur d’épaule, prêt à partager le secret d’un geste.
Ce parti pris musical produit un effet de loupe sur la chorégraphie. Sans la ligne vocale, les danseurs deviennent les « chanteurs » de la soirée ; leurs trajectoires, leurs contretemps et leurs suspensions portent les paroles que l’on n’entend pas. C’est aussi une manière de rappeler que la tradition n’est pas un musée : elle n’existe que si elle se prête au présent, si elle accepte d’autres costumes, d’autres accents, d’autres éclats.
Pour approfondir votre écoute, laissez-vous guider par des enregistrements et des analyses disponibles en ligne. Une recherche vidéo suffit à ressentir comment les chefs d’orchestre sculptent cette matière brûlante, chacun avec sa palette. Le plaisir est double : on reconnaît un thème, puis on le redécouvre en situation de scène, comme si le plateau révélait une face cachée de la partition.
La modernité musicale, quand elle se marie avec une grammaire du corps exigeante, accouche d’images physiques inoubliables. On en ressort persuadé qu’une note peut soulever quinze danseurs d’un seul coup de cymbales. Et c’est précisément cet équilibre, poétique et organique, qui fait résonner la soirée bien après le salut.
Du mythe gitan au conte universel
Faire basculer un récit d’un folklore situé vers un imaginaire partageable par tous, c’est tout l’enjeu. La présence/absence de la voix flamenca signe ce virage, mais ce n’est qu’un point de départ. Les rythmes restent ardents, la couleur demeure incandescente, toutefois la scène s’autorise d’autres figures symboliques : cercles qui s’ouvrent et se ferment, lignes qui se croisent, diagonales qui fracturent l’espace avant de le recoudre. Le fantôme n’est ni un cliché ni un prétexte ; c’est une force à déplacer ensemble. Cette universalité-là n’efface rien ; elle amplifie.
Et si vous préparez une escapade culturelle plus large, jetez un œil aux suggestions de spectacles pendant les vacances de Pâques ; vous y trouverez des idées pour prolonger l’écoute et le regard au-delà d’une seule soirée bordelaise.
Le langage Ansa & Bacovich : une chorégraphie incantatoire, un groupe en fusion
La rencontre avec le public bordelais ne doit rien au hasard. Le directeur de la danse, Éric Quilleré, repère le couple hispano-italien lors d’un concours à Biarritz, y reconnaît une « signature » capable d’embrasser un large groupe et de l’emmener loin. Cette intuition trouve dans L’Amour sorcier un terrain idéal : vingt danseurs comme autant d’étincelles coordonnées, quatre figures centrales comme des phares, et un usage virtuose du plateau qui alterne prises de vitesse et suspensions rituelles.
L’écriture des deux chorégraphes s’amuse des frontières. Un contretemps à jardin se répercute en canon jusqu’à cour ; un effondrement collectif devient une vague qui se relève d’un seul souffle. On reconnaît dans cette mécanique l’ADN de créateurs passés par des compagnies qui ont révolutionné le langage scénique. Pourtant, rien d’ostentatoire : la virtuosité se fait au service d’une narration lisible, d’un « fil » qui guide l’œil sans le contraindre. La magie opère quand l’unisson fuse après une dispersion soigneusement organisée ; on se surprend alors à sourire devant tant de précision joyeuse.
Au studio, la dynamique se construit sur la confiance. On imagine les consignes : « Plus près du sol », « Respirez ensemble », « Laissez la musique traverser le buste avant les pieds ». Les interprètes répondent par des essais, des reprises, des micro-ajustements. Le résultat sur scène porte ces heures patientes : le moindre regard compte, le moindre déplacement de poids raconte quelque chose. À la clé, un rituel chorégraphique qui ne dit pas son nom, mais qui agit : le public se cale sur une pulsation commune, prêt à accueillir la suite.
Pour vous guider dans ce bain d’images et de rythmes, voici quelques repères à glisser dans votre programme de salle.
- Le motif du cercle : il ouvre le groupe, le répare, le protège. Observez comment il revient, accélère, se fragmente.
- La diagonale « fleuve » : elle coupe le plateau et crée l’élan. Les entrées/sorties s’y faufilent comme des affluents.
- Les mains « phares » : paumes orientées, doigts réunis, elles signent les invocations du rituel.
- Le silence actif : quand la musique se retire, c’est le moment où la scène respire le plus fort.
- Le quatuor des figures : suivez leurs « orbites » ; leurs rencontres dessinent la fable.
La clarté du propos n’empêche pas l’ambiguïté poétique. C’est même sa condition de possibilité. On ne plaque pas un commentaire psychologique sur le fantôme ; on lui prête un poids, une trajectoire, une température. On ne « joue » pas l’amour ; on en propose des vecteurs physiques : le soulèvement du sternum, la ligne du cou, la vitesse du pas. Voilà comment la chorégraphie dit plus que les mots.
Envie d’un avant-goût des coulisses ? Une recherche vidéo sur le duo chorégraphique permet d’apercevoir la fabrique des gestes, l’atelier du rythme et de la confiance scénique.
Pour que votre soirée soit simple à organiser, repérez d’un seul coup d’œil les repères pratiques : horaires, tarifs, et dynamique du programme « Joy » où la pièce côtoie Ekman et Peck.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Période | Du 22 au 30 avril |
| Horaires | 20 h chaque soir ; le samedi 25 : 15 h et 20 h |
| Lieu | Grand-Théâtre, Opéra de Bordeaux |
| Tarifs indicatifs | De 10 € à 50 € |
| Programme | Joy (Alexander Ekman), L’Amour sorcier (création mondiale), Hurry Up, We’re Dreaming (Justin Peck) |
Dernier repère : si la pièce est un rituel, le public en est l’assemblée. L’énergie du plateau cherche une écoute nerveuse ; offrez-la-lui, et la soirée vous rendra le double.
Un triptyque nommé « Joy » : Alexander Ekman, Ansa & Bacovich, Justin Peck
Le titre « Joy » annonce bien plus qu’une humeur : une dramaturgie en trois temps. Alexander Ekman ouvre souvent les soirées comme un champagne bien frappé : précision rythmique, humour décalé, sens du tableau qui gifle l’œil. Sa pièce éponyme installe une jubilation, une clarté de jeu, un goût du détail percussif. C’est un point de départ idéal pour préparer la salle à la concentration lyrique que réclame L’Amour sorcier.
Le cœur de la soirée, on l’a dit, appartient à la création mondiale d’Ansa & Bacovich. Entre ces deux pôles s’insère Justin Peck avec Hurry Up, We’re Dreaming, une traversée onirique qui sait suspendre le temps, dilater l’espace, colorer la nuit. Les lignes nettes de Peck, sa gourmandise pour les ensembles généreux et l’épure des duos, tressent un rêve éveillé qui prépare le terrain du rituel. Ainsi, « Joy » n’est pas un empilement de pièces, mais un arc : amusement, rêverie, incantation.
Ce montage dit l’ambition de l’Opéra de Bordeaux : proposer un programme qui donne à tous un motif d’adhésion. On vient pour rire et s’étonner, on reste pour frissonner, on repart avec l’impression d’avoir traversé un paysage complet. Mieux, ce fil dramaturgique dialogue avec l’architecture du Grand-Théâtre : l’escalier vous met dans l’humeur d’Ekman, la salle vous installe dans la nuit de Peck, le plateau vous convie au bûcher lumineux d’Ansa & Bacovich.
Ceux qui souhaitent nourrir leur curiosité trouveront des résonances sur d’autres scènes. À Paris, par exemple, le panorama 2026 des grandes scènes met en lumière cette vitalité chorégraphique qui court les capitales ; on peut s’en faire une idée en consultant des sélections de pièces et spectacles majeurs en 2026. Le voyageur culturel mesurera à quel point Bordeaux s’inscrit dans ce réseau et y imprime une couleur singulière.
Un détour par l’histoire récente du répertoire rappelle combien les relectures enflammées séduisent le public. Si la figure de la souveraine antique vous intrigue, une exploration du ballet consacré à Cléopâtre montre comment un mythe peut se réinventer par la danse, sans perdre sa puissance d’évocation. Même geste ici : même goût du risque, même désir d’équilibre entre forme et fièvre.
Pour goûter pleinement la soirée, quelques conseils simples font la différence.
- Arrivez tôt pour respirer l’architecture du Grand-Théâtre et vous mettre au diapason du lieu.
- Lisez le programme de salle comme une carte : repérez les thèmes, suivez-les d’une pièce à l’autre.
- Pendant Ekman, laissez rire les yeux ; pendant Peck, fermez-les une seconde pour écouter l’espace ; pendant L’Amour sorcier, suivez les mains, elles parlent.
- Après le salut, prenez cinq minutes dans le foyer : repassez la soirée au ralenti, vous y verrez plus clair.
Trois écritures, un même appétit d’images. Le plaisir de « Joy » est de sentir ces styles dialoguer sans s’annuler, jusqu’à produire une nuit de scène qui tient chaud longtemps.
Pratique, coulisses et héritage : comment vivre l’enchantement moderne de « L’Amour sorcier »
Un rendez-vous artistique se vit mieux lorsque l’on connaît quelques secrets de fabrication. En coulisses, les chorégraphes parlent de « solliciter beaucoup les corps » : on comprend ce que cela veut dire en apercevant la respiration des interprètes au salut, ce mélange d’épuisement heureux et de lucidité. La musique a accéléré, les corps ont répondu, le plateau a vibré. Cette mobilisation vaut aussi pour l’équipe technique, qui doit faire coulisser les climats visuels avec la justesse d’un métronome.
L’héritage de de Falla plane, bien sûr, mais il n’est jamais pesant. Sa présence est celle d’un allié discret qui observe et sourit. En 1915, l’œuvre portait une identité ibérique très située ; en 2026, elle voyage de plain-pied. Cette bascule n’est pas une concession : c’est une extension. Elle autorise les artistes à fabriquer des images qui parlent au plus grand nombre, sans rien renier de la braise originelle. La preuve : on voit des spectateurs de tous âges s’emparer du récit, chacun y reconnaissant un combat avec ses propres fantômes.
La maison bordelaise, par ailleurs, pense sa place dans le jeu international. Entre projets croisés et invitations réciproques, l’Opéra consolide des ponts avec l’extérieur. Ces circulations profitent au public local : elles amènent sur le plateau des regards variés, des savoir-faire qui ne craignent pas les mélanges. La ville s’en trouve stimulée, des musées aux caves, du quai à la scène : tout appelle à la circulation des curieux.
Pour planifier votre venue, sachez que la soirée se cale à 20 h la plupart des jours, avec une double séance le samedi 25 (15 h et 20 h). Les tarifs, compris entre 10 € et 50 €, favorisent une découverte par paliers. C’est l’occasion parfaite pour proposer la sortie à un ami « pas très ballet » : la promesse d’un spectacle narratif, visuel et rythmique a de quoi convaincre les hésitants.
Et si vous élargissez votre itinéraire culturel, feuilletez des pistes comme ce tour d’horizon du théâtre en mode révérence, ou cette sélection de sorties scéniques un lundi de Pâques : autant de manières d’entretenir la flamme entre deux soirées au Grand-Théâtre et de placer la tradition dans un faisceau d’expériences actuelles.
Pour résumer l’esprit de la soirée, gardons trois maîtres-mots : ballet (la forme, majestueuse, qui tient la route), moderne (le regard, clair, qui assume son époque), enchantement (l’effet, durable, qui vous suit jusqu’au tram). Une alchimie simple à dire, complexe à fabriquer, et belle à partager.
Qu’est-ce qui distingue cette relecture de « L’Amour sorcier » ?
La création d’Iratxe Ansa et Igor Bacovich privilégie un conte universel à une lecture strictement folklorique : pas de voix flamenca, un groupe d’environ vingt danseurs, quatre figures centrales et une écriture ancrée au sol qui transforme la scène en rituel contemporain.
Le programme « Joy » s’adresse-t-il aux néophytes du ballet ?
Oui. L’arc de la soirée — jubilation (Ekman), rêverie (Peck), incantation (L’Amour sorcier) — offre plusieurs portes d’entrée. La narration lisible, l’énergie physique et la force visuelle facilitent l’accès aux spectateurs peu familiers de la danse.
Pourquoi retirer la voix flamenca d’origine ?
Ce choix vise l’universalité. En conservant la braise rythmique de la partition tout en ôtant la voix, la musique de Manuel de Falla devient une matrice ouverte, permettant à la chorégraphie de porter le « chant » et d’éviter un marquage culturel trop exclusif.
Quelles sont les informations pratiques essentielles ?
Le programme se joue du 22 au 30 avril au Grand-Théâtre, majoritairement à 20 h, avec deux séances le samedi 25 (15 h et 20 h). Les tarifs s’échelonnent entre 10 € et 50 €. Le lieu : l’Opéra de Bordeaux.
Comment prolonger l’expérience après la soirée ?
Consultez des parcours culturels complémentaires, par exemple des sélections de spectacles durant les vacances de Pâques ou des panoramas de scènes 2026, pour multiplier les résonances et nourrir votre regard sur la danse et le théâtre.
