À Quincieux, les Mardis artistiques ont trouvé un lieu aussi inattendu que parlant : Monoprix. Chaque semaine, le rituel s’invente entre les rayons et la rue, au plus près des vies ordinaires, pour faire surgir un spectacle vivant où l’intime se frotte au quotidien. Dans cette ville du Rhône, le théâtre contemporain s’empare d’un décor familier, et le public redécouvre ce qu’il croyait connaître par cœur : les courses du mardi, les petites habitudes, les regards qui pèsent, les gestes qui sauvent. À l’affiche, « Le mardi à Monoprix » devient la pièce-pivot d’un événement artistique qui dépasse la représentation : il parle d’identité, d’amour filial, de dignité, et de ce courage discret qui consiste à se tenir droit, même sous les néons du magasin.
Ce projet s’adresse à tous, y compris aux ados, et il n’enjolive rien. Il embrasse la complexité des liens familiaux et la violence feutrée du jugement social, mais aussi l’humour qui désamorce, la tendresse qui sauve, la rencontre artistique qui déplace le regard. Avec l’écriture sensible d’E. Darley et le travail scénique de Ph. Drevon, ces mardis deviennent autant d’occasions de se parler sans crier, de débattre sans posture, de faire communauté sans mot d’ordre. C’est la force d’une création théâtrale située : ici, à Quincieux, la culture locale s’exprime dans une économie de moyens et une intensité rare, comme si le théâtre trouvait enfin son point d’appui : au milieu de la vie, tout simplement.
Sommaire
Les Mardis artistiques à Monoprix à Quincieux : un rituel de théâtre contemporain au cœur du quotidien
Le principe est simple et redoutablement efficace : faire du mardi un temps ritualisé où l’on se donne rendez-vous pour partager un spectacle vivant au sein d’un territoire, en l’occurrence Quincieux, et dans un lieu qui n’a rien d’un théâtre, Monoprix. Ce choix n’a rien d’anecdotique ; c’est un geste artistique. Les rideaux rouges laissent place aux portes automatiques, et l’accueil du public s’invente dans une proximité déconcertante. On s’y sent à la fois chez soi et déplacé, ce qui crée la disponibilité nécessaire pour écouter une histoire qui, elle aussi, parle d’habitudes et de déplacements.
Un fil narratif discret relie chaque rendez-vous : Marie-Pierre, femme trans revenue s’occuper de son père veuf, traverse le quartier où elle a grandi, règle le ménage, le repassage, puis la liste des courses. Le mardi, on file au magasin. Là, une petite foule les observe. Les chariots grincent, les mots pèsent, mais la détermination tranquille de Marie-Pierre tient bon. La mise en scène capte cette tension ordinaire, sans la souligner au marqueur, et c’est précisément cette sobriété qui la rend puissante.
Ce rituel hebdomadaire, pensé comme un marqueur de culture locale, convoque plusieurs registres. L’action s’ancre dans un décor reconnaissable, tandis que la langue du texte, elle, décale le quotidien pour y faire apparaître la poésie des gestes. Le spectateur passe de l’observation à l’identification, puis à l’interrogation : qu’est-ce qu’être regardé quand on ne correspond pas aux attentes du monde ? Et comment aimer quand les mots ne suffisent pas ? Ces questions universelles s’incarnent dans un cadre ultra concret, ce qui donne au projet son efficacité dramaturgique.
Au fil des semaines, les Mardis artistiques deviennent un point de ralliement. Les habitués croisent des curieux, des lycéens rencontrent des retraités, et la discussion prend le relais du spectacle : dans le hall, sur le trottoir, autour d’un café. On y parle d’identité, mais aussi de pères et de filles, de la pudeur qui empêche de dire l’amour, des malentendus qui s’accumulent, et de cette manière qu’ont les villes de taille moyenne d’inventer des formes de solidarité par la pratique culturelle. Ici, la rencontre artistique est autant sur scène que dans la conversation qui suit.
Pour celles et ceux qui voudraient prolonger l’expérience par des résonances, on peut replacer l’initiative dans un mouvement plus large : le théâtre contemporain cherche des lieux d’adresse inattendus pour réinventer le lien au public. Des projets proches existent, confrontant l’histoire intime à l’espace public, à l’image de propositions telles que une relecture d’Adieu Monsieur Haffmann ou encore un laboratoire scénique autour de NEZ qui questionnent, chacun à leur manière, notre rapport à la mémoire et à l’identité.
Pourquoi cela fonctionne-t-il si bien à Quincieux ? Parce que la ville met en synergie les arts de la scène, les commerçants, les associations et les établissements scolaires. Ce réseau organique donne au mardi une densité particulière, presque un « jour de marché dramaturgique » où la communauté s’assemble. La vraie question devient alors : que se passe-t-il le mercredi, quand on repart avec ces images en tête ? La réponse se lit dans les discussions qui perdurent et dans l’élan collectif à revenir la semaine suivante. C’est le signe des projets qui transforment.
- Accessibilité : un lieu du quotidien abaisse les barrières symboliques d’entrée au théâtre.
- Régularité : le mardi crée l’habitude, favorise la fidélité du public et la curiosité.
- Proximité : au contact direct des interprètes, le public devient partenaire, pas simple spectateur.
- Dialogue : les échanges informels prolongent la pièce, construisent des repères communs.
On comprend dès lors que ces mardis ne sont pas qu’un dispositif de diffusion ; ils façonnent une manière de vivre la ville par la scène, une esthétique du lien et une politique de la relation. Voilà leur empreinte la plus précieuse.
« Le mardi à Monoprix » : identité, regard et amour filial, une confidence scénique à hauteur d’humain
Le cœur battant des Mardis artistiques, c’est ce monologue d’une justesse rare. Marie-Pierre, autrefois Jean-Pierre, revient chaque mardi voir son père veuf. Elle nettoie, repasse, prépare la sortie vers Monoprix. Ce trajet, qui pourrait n’être qu’une routine, devient la matrice dramaturgique d’un combat silencieux : rester soi au regard des autres. Les silences du père, lourds d’un amour empêché, cristallisent une tension dont chacun devine la fragilité. Tout l’enjeu est là : survivre aux mots qui manquent.
Le dispositif scénique s’appuie sur une économie de signes. Un rouge à lèvres déployé sans emphase, une paire de boucles d’oreilles, un pas ajusté : le texte insiste sur ces « actes simples » par lesquels une femme habite sa journée. Loin des clichés, la pièce convoque la finesse : elle observe comment la féminité se dépose dans le réel, par touches, au niveau du geste et de l’image. Le résultat, c’est une émotion contenue, évidemment politique, mais jamais démonstrative.
Destiné à un large public, le spectacle n’escamote pas la violence sociale : vexations, mises à distance, regards insistants. Or, il en parle sans hausser la voix, ce qui renforce l’effet miroir. On rit même parfois. Ce rire, salvateur, désamorce la gêne et place le spectateur dans une position active : et moi, que ferais-je dans l’allée centrale, au bras du père ? La force du texte est d’ouvrir ces questions sans punir, en invitant au discernement.
Le rôle du père est déterminant. Veuf, il apprend à composer avec l’incompréhension, la peur, puis la fierté qui demeure pourtant innommée. Leur duo dessine une topographie de l’amour filial où l’affection circule malgré la pauvreté des mots. Cette pudeur tient le public en équilibre entre sourire et larmes, et la salle respire à l’unisson sur les derniers instants du mardi. La dignité, au fond, c’est peut-être cette manière de tenir bon à deux.
Portée par une interprétation tout en retenue, la pièce trouve son intensité dans la précision. On pense à d’autres solos marquants, où la voix unique parvient à convoquer un monde entier. La justesse de jeu et la rythmique du texte signent une écriture de l’adresse directe, à la fois intime et collective. Lorsque les applaudissements retombent, une question demeure, presque chuchotée : qu’est-ce qui, dans nos vies, mérite d’être tenu malgré les regards ?
Cette proposition s’inscrit dans une constellation d’œuvres exigeantes qui circulent en région et au-delà, comme en témoignent des créations présentées ailleurs : on pense, par exemple, à Peau d’Homme, qui interroge les métamorphoses et les codes sociaux, ou encore à Creuser la Joie, où l’intime se heurte à la scène publique. Ces résonances ne diluent pas le propos ; elles le renforcent en le plaçant dans une histoire esthétique en mouvement.
| Élément dramaturgique | Fonction scénique | Effet sur le public |
|---|---|---|
| Le mardi comme repère | Installe un rituel narratif | Suscite l’attente et l’identification |
| Le parcours vers Monoprix | Cadre réaliste, lisible par tous | Crée la proximité et l’empathie |
| Les « gestes de femme » | Signes minimes, sens maximal | Déclenche une émotion retenue |
| Le père silencieux | Contrepoint affectif | Amène la réflexion sur l’amour filial |
| Le regard des autres | Pression sociale matérialisée | Interroge nos conduites collectives |
Pour qui découvre le texte pour la première fois, il est utile d’entendre la musicalité de l’adresse : la vidéo ci-dessus offre un point d’entrée sensible. À Quincieux, l’œuvre prend tout son relief dans la porosité avec le lieu, au plus près du réel. C’est là que la fable touche au concret.
Quincieux, culture locale et public complice : quand la scène se mêle au quartier
On ne naît pas « ville de théâtre » ; on le devient par capillarité. Quincieux a sa manière bien à elle d’infuser la pratique artistique dans la vie commune, et les Mardis artistiques en sont le révélateur. Loin de l’événement parachuté, on parle ici d’un patient tissage entre associations, mairie, commerçants, enseignants et spectateurs. Cette coalition souple permet au projet de dépasser le simple temps de la représentation pour irriguer la semaine entière.
Un exemple : Sonia, professeure de français au collège voisin, a fait des mardis un rituel pédagogique. Elle prépare ses élèves en amont, avec un travail sur le « regard » et l’énonciation, puis les fait revenir le lendemain en atelier de parole. Les mots qui sortent sont parfois maladroits, mais ils sont si précieux : ils fondent une éducation sensible à l’altérité. Parallèlement, Luc, bénévole d’association, documente le projet dans un carnet sonore diffusé en médiathèque. On vient y écouter les témoignages de spectateurs, ce qui prolonge la mémoire de chaque représentation.
Cette circulation élargit la base du public. Les familles qui ne fréquentaient pas de théâtre se sentent autorisées à tenter l’expérience : le lieu est connu, la temporalité stable, le prix accessible. L’accueil s’en trouve transformé : sourire au comptoir, mot de bienvenue au rayon fruits, discret guidage vers l’espace de jeu. L’ensemble compose un geste d’hospitalité qui, à force, devient signature. Certains soirs, on reconnaît des silhouettes revenues « pour voir la suite », même si la pièce n’a pas de suite à proprement parler ; c’est la chronique de la ville qui continue.
Ces résonances dialoguent aussi avec des propositions voisines dans la région et au-delà. Les parcours sont nombreux pour les curieux qui veulent s’aventurer plus loin : les passionnés d’histoires intimes pourront explorer Baiser d’Anna pour un autre face-à-face avec le sensible, tandis que les amateurs de rencontres pluridisciplinaires se laisseront tenter par les rencontres de théâtre à Hagondange. Tisser ces ponts, c’est reconnaître que la création théâtrale voyage de salle en salle et de ville en ville, fabriquant une géographie affective autant qu’artistique.
Le mardi à Quincieux n’efface pas le reste du calendrier culturel, il le dynamise. Dans le périmètre lyonnais, d’autres rendez-vous nourrissent la conversation, comme « La Machine de Turing » jouée dans le 2e arrondissement ou « Silence, On tourne ! » en tournée sur le territoire. Jusqu’à la fin de l’hiver 2026, ces propositions alimentent l’appétit d’un public curieux de découvrir diverses écritures et registres, du drame intime à la comédie burlesque.
Pour mieux accompagner la venue de publics variés, l’équipe de Quincieux a structuré un petit kit du spectateur, articulé autour de trois axes simples. Là encore, le but n’est pas d’expliquer la pièce, mais d’ouvrir des portes.
- Avant : une courte note envoyée par newsletter évoque le thème de la séance et propose une question ouverte à emporter.
- Pendant : un temps d’observation active est suggéré, par exemple repérer un geste précis qui vous a touché et savoir pourquoi.
- Après : un moment de parole libre, informel, dans le hall ou dehors, pour partager ce qui reste et ce qui pique.
Rien d’autoritaire, tout de l’invitation. Le résultat est net : des spectateurs se sentent considérés, donc ils reviennent. Et à force, ils deviennent complices. C’est la plus belle des fidélités pour un projet ancré dans la ville.
Regarder ces échanges permet de saisir l’essence du projet : une conversation élargie où la scène déclenche le récit de chacun. Ainsi va la ville quand l’art l’habite : elle se met à parler autrement, sans grand discours, mais avec intensité.
De la rencontre artistique à la création : fabriquer un spectacle vivant au Monoprix
Comment passe-t-on de l’idée à la scène dans un lieu non théâtral comme Monoprix ? Par une chaîne de gestes coordonnés qui relèvent autant de la logistique que de l’esthétique. On commence par écouter l’espace : bruits ambiants, réverbération, allées de circulation. L’équipe mène une cartographie sensible, presque chorégraphique, pour décider d’un point focal et d’un rayon d’écoute. Ici, le dispositif se veut minimaliste : un tapis de jeu, quelques sources faites pour réchauffer sans aveugler, une micro-sonorisation mobile. L’enjeu est d’intégrer le hasard (un bip, un pas, un chariot) sans perdre le fil du récit.
Le travail dramaturgique suit. Avec l’écriture ciselée d’E. Darley, la mise en scène de Ph. Drevon affine une grammaire d’adresse directe : la parole circule, les silences respirent, et les gestes-signaux suffisent à convoquer la féminité de Marie‑Pierre sans l’expliquer. La direction d’acteur favorise l’économie : un regard vers la sortie, un micro-temps d’arrêt au rayon cosmétique, et le public comprend. Cette précision est cruciale dans des lieux poreux, où l’attention peut se diluer. Elle l’aimante au contraire, en donnant au moindre détail une valeur dramatique.
Pour fluidifier l’accueil, une équipe de médiation veille en amont et en aval. Elle oriente, rassure, signale la durée, propose un temps d’échange. Cette attention transforme l’événement en expérience partagée, et permet d’aborder des sujets sensibles (identité, discriminations, racisme ordinaire) avec tact. L’objectif n’est pas d’asséner une vérité, mais de soigner un espace où chacun peut penser, ressentir, et, s’il le souhaite, parler.
Dans l’ombre, de nombreux métiers s’accordent : régie, sécurité, coordination avec le magasin, communication locale, documentation. Les Mardis artistiques deviennent ainsi un écosystème en miniature, qui fait dialoguer artistes, techniciens et commerçants. Cette transversalité est précieuse ; elle réactive l’idée que le spectacle vivant se fabrique avec la ville autant que pour elle.
Plus largement, Quincieux s’inscrit dans une cartographie de projets itinérants et agiles. D’autres itinéraires offrent des points de comparaison : on pourra suivre par exemple la tournée de Vinaigre pour observer comment une création trouve sa place dans des espaces variés, ou se tourner vers une évocation scénique autour de Pasteur afin de voir comment science et théâtre s’imbriquent dans une transmission accessible.
Pour visualiser la mécanique des Mardis, voici une vue d’ensemble du cycle type :
| Étape | Objectif | Équipe mobilisée | Indicateur de réussite |
|---|---|---|---|
| Repérage | Écouter et cartographier l’espace | Metteur en scène, régie, magasin | Choix clair du point de jeu |
| Répétition in situ | Ajuster geste, voix, circulation | Interprète, régie son/lumière | Intelligibilité à 360° |
| Accueil public | Hospitalité, médiation, sécurité | Médiation, magasin, bénévoles | Fluidité des entrées/sorties |
| Jeu | Adresse directe, précision du texte | Interprète, régie | Qualité d’écoute perceptible |
| Échange | Ouvrir la parole, recueillir ressentis | Médiation | Nombre et qualité des retours |
Ce « mode opératoire » n’est pas une recette, mais un cadre souple. Il montre comment un événement artistique peut rester d’une grande précision tout en demeurant poreux à l’imprévu. C’est cette plasticité qui rend les Mardis si vivants, si justes, si mémorables.
Itinéraires et prolongements : faire vivre l’expérience au-delà du mardi
Que reste-t-il quand la lumière retombe, que les rayons se referment et que Quincieux retrouve son calme ? Reste la trace des voix et l’élan d’explorer d’autres écritures. Les Mardis artistiques ont ce mérite : ils donnent envie de lire, de voir, de retourner au théâtre, qu’il soit dans un magasin, une salle ou une cour d’école. Pour les enseignants, médiateurs et familles, plusieurs chemins prolongent utilement l’expérience.
Côté éducation artistique, quelques principes s’imposent. D’abord, laisser un temps de décantation : l’émotion a besoin de respirer avant d’entrer en discussion. Ensuite, poser des questions ouvertes, du type « quel geste vous a frappé ? » plutôt que « qu’avez-vous compris ? ». Enfin, autoriser le doute et l’ambivalence : beaucoup ont été heurtés par les regards pesants sur Marie‑Pierre, mais ce heurt peut devenir une boussole éthique si on lui prête attention.
Pour enrichir le parcours, les curieux peuvent voyager dans d’autres récits qui interrogent l’intime, l’histoire ou la société, avec des esthétiques multiples. Ainsi, les amateurs d’hybridations graphiques et scéniques trouveront un écho du côté de Peau d’Homme, tandis que les passionnés de dramaturgies historiques s’orienteront vers une mise en scène d’Adieu Monsieur Haffmann pour éprouver autrement le poids du regard social. Les explorateurs d’écritures émergentes iront vers des formes contemporaines à Guénange, preuve que la vitalité scénique s’invente sur tout le territoire.
Et si l’on souhaite rester arrimé à la région lyonnaise, d’autres spectacles jalonnent la saison. On citait plus haut la reprise de « La Machine de Turing » à Lyon 2e ou les dates de comédie à Coise ; chacune de ces propositions, jusqu’au printemps 2026, élargit le spectre des écritures auxquelles on expose les publics. Cette diversité est précieuse : elle maintient l’appétit, favorise la comparaison, aiguise le regard critique.
Pour structurer ces prolongements, une trame simple peut aider :
- Revoir : quelles scènes du mardi vous reviennent spontanément en mémoire après deux jours ? Notez-les.
- Relier : mettez ces scènes en écho avec une autre œuvre vue ailleurs, un film, un livre, une exposition.
- Raconter : partagez votre point de vue dans un cercle d’amis, une classe, un club de lecture.
- Retourner : fixez-vous un prochain rendez-vous théâtre dans le mois.
Dans cet esprit de circulation, la programmation se pense en « constellations » plus qu’en listes fermées. Le mardi à Quincieux attire, fédère, puis oriente. Il se passe quelque chose de rare quand un projet ainsi situé devient une porte d’entrée vers la pluralité des arts de la scène. Les spectateurs s’y laissent volontiers guider : ils ont trouvé une boussole et, parfois, une communauté de regardeurs.
Enfin, rappelons que les Mardis artistiques ne sont pas un « coup », mais un engagement. Ils demandent du soin, de la durée, et le respect d’une éthique de l’accueil. C’est à ce prix que le théâtre contemporain garde sa puissance transformatrice : celle qui réorganise doucement notre manière de vivre ensemble. À Quincieux, chaque mardi en est une preuve, discrète et tenace ; une preuve qui s’entend, se voit et, surtout, se partage.
À qui s’adressent les Mardis artistiques à Monoprix à Quincieux ?
À tous les publics, y compris les adolescents. Le dispositif mise sur l’accessibilité d’un lieu du quotidien et sur une médiation attentive, afin de créer une expérience à la fois intime et collective pour néophytes comme habitués du spectacle vivant.
Le mardi à Monoprix est-il un spectacle militant ?
La pièce aborde des sujets sensibles (identité, regard social, discriminations) avec finesse. Elle n’assène pas un discours ; elle ouvre un espace de réflexion et d’empathie, où chacun peut interroger ses certitudes sans se sentir jugé.
Comment préparer une classe ou un groupe à la représentation ?
Proposez en amont une question ouverte autour du regard et de la dignité, puis un temps d’expression libre après la séance. Encouragez l’observation de gestes précis sur scène pour ancrer la discussion dans le sensible.
Où découvrir d’autres créations pour prolonger l’expérience ?
Explorez des propositions voisines et complémentaires, comme Peau d’Homme, Adieu Monsieur Haffmann ou des laboratoires contemporains tels que NEZ. La région lyonnaise et les territoires voisins offrent une programmation riche jusqu’au printemps 2026.
