Entre satire politique et comédie de caractères, « Par le bout du nez » revient hanter la Scène Contemporaine Metz avec un duel aussi féroce qu’hilarant : un président fraîchement élu, pris d’une irrésistible démangeaison nasale, se retrouve contraint d’affronter un psychiatre juste avant son grand discours. À Metz-Sablon, dans le cadre du festival Théâtre au Quai, la Cie Ter de l’Art orchestre cette situation improbable avec une précision millimétrée. L’urgence, le pouvoir, l’ego et les petites failles qui font les grands personnages s’entrechoquent dans une mise en scène d’Hugues Reinert, servie par Philippe Claudel et Jean-Michel Wagner. Le public, complice et témoin, assiste à une séance où chaque réplique devient un pas de côté, chaque silence une déflagration comique, chaque « sniff » un révélateur des coulisses du pouvoir.
À Metz, l’écho de la version parisienne portée par François Berléand et Antoine Duléry se mue en une lecture locale vivace, presque artisanale dans la meilleure acception du terme : proximité avec la salle, nerf du rythme, et audaces de jeu. Le festival, dans sa 9e édition jusqu’au 11 novembre 2025, place cette pièce au carrefour d’un réseau de rencontres, d’ateliers et de débats que les organisateurs ont surnommé, non sans malice, Le Nez en Dialogue. On vient pour l’intrigue, on reste pour le plaisir rare d’entendre les Voix du Nez — ces retours de spectateurs, artistes et curieux qui transforment la représentation en Métamorphose Théâtrale. Réservations conseillées : [email protected] / 06 86 27 93 25.
Sommaire
« Par le bout du nez » à Metz : le face-à-face président/psy qui électrise le Théâtre au Quai
La Cie Ter de l’Art adapte le succès de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière, d’après « El Electo » de Ramon Madaula, et le propulse au cœur de Metz-Sablon. Le point de départ est connu : un chef d’État sur le point de prononcer un discours crucial est terrassé par une démangeaison nasale. Ridicule ? Justement pas. Ce symptôme devient le pivot d’une exploration des paradoxes du pouvoir. Ici, la salle sent la sueur des décisions prises en coulisse, tandis que l’absurde fait vibrer la logique des cabinets ministériels.
La mise en scène d’Hugues Reinert accélère les rotations d’intensité. On rit d’abord du nez, puis on comprend qu’il est question du poids des attentes, du vertige de l’investiture et de la fragilité qui perce sous l’armure de la fonction. Philippe Claudel campe un président à la fois flamboyant et vulnérable ; Jean-Michel Wagner lui oppose un psy d’apparence imperturbable qui, lui aussi, a ses angles morts. Il ne s’agit pas d’une psychanalyse, plutôt d’un duel d’esprit où la vérité se négocie à coups de pirouettes.
Synopsis revisité et enjeux scéniques
Le texte diaboliquement rythmé alterne véritables confessions et fausses manœuvres. À Metz, ce tempo gagne un supplément d’âme : l’espace du Théâtre au Quai favorise la proximité, la micro-expression devient lisible, la gêne du président prend corps. C’est là que s’insinue la magie, presque tangiblement, comme si la ville elle-même prêtait son souffle à la représentation.
- Un enjeu dramatique net : la parole publique suspendue à un symptôme privé.
- Une mécanique comique fondée sur la contradiction, l’inversion des rôles et la rhétorique.
- Une Scène Contemporaine Metz qui assume l’absurde pour éclairer le réel.
- Un public acteur, convié aux échanges post-spectacle de Le Nez en Dialogue.
Le festival crée des passerelles avec d’autres scènes. Pour prendre la mesure des résonances régionales, l’éventail des programmations en Grand Est est généreux. On peut par exemple comparer l’esprit messin avec des rendez-vous voisins à Faulquemont ou sur la scène conviviale de Silly-sur-Nied, où le théâtre contemporain se nourrit, comme ici, des écarts entre le spectaculaire et l’intime.
| Élément clé | Détail |
|---|---|
| Titre | Par le bout du nez |
| Compagnie | Cie Ter de l’Art |
| Cadre | Festival Théâtre au Quai, Metz-Sablon (9e édition) |
| Distribution | Philippe Claudel (le président), Jean-Michel Wagner (le psy) |
| Mise en scène | Hugues Reinert |
| Réservations | [email protected] / 06 86 27 93 25 |
| Partage public | Le Nez en Dialogue après certaines dates |
À force d’échos et de petites révélations, cette version messine trace sa propre route : un Théâtre du Bout du Nez qui renifle nos certitudes et dévoile un parfum d’humanité là où on attendait la solennité.
Du rire à l’analyse: héritage parisien, adaptation messine et satire du pouvoir
Ce qui fascine dans « Par le bout du nez », c’est l’oscillation permanente entre comique et réflexion. À Paris, la mise en scène de Bernard Murat, avec François Berléand et Antoine Duléry, a popularisé l’image du face-à-face trépidant. À Metz, la Cie Ter de l’Art capte cette énergie, la condense et la diffuse autrement, en la reliant à la topographie du lieu : un bureau reconstitué, des lumières feutrées et un rythme où chaque souffle compte.
La filiation est limpide : Delaporte et de La Patellière ont taillé une comédie d’horloger, inspirée par le texte catalan « El Electo », et JMD PROD en a fait un événement national. Ici, la satire politique s’appuie sur une idée simple : la puissance vacille d’un petit rien. Soudain, le nez devient le révélateur du système — une glande à vérité. Et lorsque le psy s’en mêle, c’est tout l’appareil de langage du pouvoir qui sonne faux, avant de se réaccorder.
Lecture politique et clinique en Scène Contemporaine Metz
La discussion post-représentation, baptisée Le Nez en Dialogue, redonne au public sa force d’interprétation. Certains y voient un traité miniature sur l’éloquence, d’autres une fable sur la vulnérabilité. Le plus frappant demeure le glissement de la honte vers le courage : avouer l’absurde, est-ce déjà gouverner mieux ?
- Langage et pouvoir : la rhétorique déraille pour mieux se retendre.
- Corps et symbole : le nez comme baromètre émotionnel.
- Comédie et dignité : rire sans rabaisser, surprendre sans trahir.
- Public messin : rôle actif grâce aux échanges nourris et aux Éclats de Nez captés en sortie de salle.
La circulation des idées gagne à se confronter à d’autres scènes. Pour une perspective complémentaire, on peut découvrir une création voisine à Arnay ou un dispositif de parole publique à Dijon, dont l’ancrage citoyen résonne avec la pièce.
| Version | Particularité | Effet sur le public |
|---|---|---|
| Paris (Théâtre Antoine) | Duel starisé, tempo vif, signature Bernard Murat | Hilarité puis réflexion sur la solitude du pouvoir |
| Metz (Théâtre au Quai) | Proximité scénique, accent sur la fragilité du corps | Intimité, empathie, débats spontanés après la représentation |
Cette grille de lecture ouvre à d’autres croisements : des formes hybrides, des opéras rock politisés, des écritures au cordeau. À ce titre, le détour par un opéra rock à Pontarlier montre comment la scène française aime conjuguer satire et musique pour mieux investir le présent.
À Metz, l’expérience prend une densité supplémentaire grâce à la chaleur du public et à l’écrin du festival. Ici, la comédie n’excuse rien, elle dévoile : un rire franc, suivi d’une écoute aiguë, c’est la marque d’une ville qui sait se saisir des sujets d’actualité par les chemins de traverse.
Les coulisses messines: répétitions, scénographie et la fabrique du jeu
Dans l’atelier secret de la Cie Ter de l’Art, les acteurs rejouent la valse des intentions : une main qui hésite, un regard qui détourne, un souffle trop court. Les Les Coulisses du Nez portent bien leur nom : chaque reprise travaille l’infime, ces frictions qui allument la comédie. Hugues Reinert privilégie la clarté du parcours émotionnel, afin que le trait comique reste toujours rattaché à une vérité intérieure.
La scénographie joue la transparence. Un bureau, quelques chaises, une horloge impitoyable : l’essentiel, seulement l’essentiel. Le reste appartient à la diction, au tempo, aux silences. Pour affûter cette grammaire, l’équipe s’inspire de pratiques croisées issues d’ateliers locaux, affectueusement surnommés Compagnie Nez en Scène, un think tank informel où régisseurs, lecteurs et comédiens testent des partitions de jeu courtes, presque comme des gammes.
De la table à la scène: méthode et micro-gestes
Les répétitions oscillent entre lecture à la table et improvisations millimétrées. On traque la note juste : ni trop de satire, ni trop de gravité, un équilibre pour que la farce reste fine. Chaque séance se conclut par des Éclats de Nez — ces éclats de rire qui valident une idée ou, au contraire, signalent qu’il faut baisser le curseur.
- Table work : découpage des scènes, repérage des bascules.
- Micro-gestes : calibrage des tics, du fameux « nez » qu’on ne doit pas caricaturer.
- Raccords lumière : mise en valeur des retournements psychologiques.
- Rythme : respirations planifiées pour un rire durable, pas seulement instantané.
La circulation des savoir-faire profite des passerelles avec d’autres plateaux : le suivi d’un laboratoire à Villeurbanne peut inspirer une relance rythmique, comme une création urbaine peut stimuler un décor plus dépouillé. L’objectif n’est jamais l’imitation, mais une Voie du Nez Théâtre propre à Metz, nourrie d’influences sans s’y dissoudre.
| Étape | Objectif | Livrable |
|---|---|---|
| Lecture et découpage | Identifier les pivots comiques et politiques | Partition de jeu annotée |
| Improvisations guidées | Explorer le nez comme signe, sans surjeu | Catalogue de micro-gestes |
| Répétitions plateau | Asseoir le tempo et les silences | Top lumières et placements |
| Filage public restreint | Tester l’écoute et l’empathie | Notes d’ajustements finaux |
Cet artisanat patient construit une sensation de vérité. Et à la fin, quand la réplique claque, on comprend que le comique n’est pas un vernis : c’est une méthode pour atteindre le réel et le partager, le temps d’une soirée.
Publics et médiation: de l’Atelier Nez de Théâtre aux rencontres « Les Voix du Nez »
Autour de la représentation, l’équipe messine a mis en place un écosystème de médiation ludique. L’Atelier Nez de Théâtre propose une entrée en jeu par le corps : comment un geste minuscule – toucher le nez, retenir un éternuement, inspirer brusquement – peut-il faire basculer une scène entière ? Les participants, lycéens, curieux, spectateurs assidus, découvrent la puissance du détail. Rien d’ésotérique, au contraire : une pédagogie vivante, pragmatique, ancrée dans la dramaturgie.
Les rencontres Les Voix du Nez agrègent ensuite retours et témoignages. On y entend des points de vue qui s’entrechoquent, s’enrichissent, racontent la ville autant que la pièce. Une minutie joyeuse s’y déploie : on prend au sérieux ce qui fait rire, on cueille l’émotion au moment où elle surprend, on partage.
Participer, comparer, élargir
Envie d’explorer d’autres écritures pour mieux revenir à Metz ? Jetez un œil à une proposition détonante du côté de Montrevel ou à une aventure de troupe à Beinheim. Les circuits amateurs et professionnels dialoguent de plus en plus, ce qui nourrit la qualité de regard des spectateurs.
- Atelier pratique : gestes, voix, relation scène-salle.
- Rencontre critique : outils pour formuler son ressenti.
- Itinérances : découvrir d’autres scènes pour revenir plus affûté à Metz.
- Ressources : bibliographies, podcasts, captations, échanges.
Le calendrier messin ménage aussi des curiosités à suivre autour du 11-13 novembre 2025 : une relecture incisive des mots avec « Déshabillez-Mots », un stand-up hormonal baptisé « C’est vulvissime », puis une lecture intitulée « La Joie du bonheur ». Autant d’occasions d’ouvrir des fenêtres et d’exercer le regard critique, avant de replonger « par le bout du nez » dans le duel président/psy.
| Dispositif | Public visé | Bénéfice |
|---|---|---|
| Atelier Nez de Théâtre | 15 ans et +, groupes scolaires et curieux | Découverte du jeu par le micro-geste |
| Les Voix du Nez | Tous publics | Échanges argumentés, retours sensibles |
| Le Nez en Dialogue | Spectateurs après la représentation | Débat, contextualisation, prolongement de l’expérience |
Pour réserver ou vous inscrire aux ateliers, un passage par les contacts du festival suffit : [email protected] et 06 86 27 93 25. Les échanges sont souples, à l’image d’une ville qui aime les détours pour mieux viser juste.
Échos et itinéraires: Metz au cœur d’un réseau théâtral en mouvement
La vitalité de Metz se mesure aussi à ses conversations avec les scènes voisines. Une programmation percutante à Lyon démontre comment la vitesse – l’adrénaline, même – peut rencontrer la précision du verbe. À Valentina, c’est le tissage d’écritures contemporaines qui offre des points de comparaison féconds. Les spectateurs messins, voyageurs éclairés, rapportent des idées, des attentes, des curiosités. Et c’est toute la Métamorphose Théâtrale locale qui s’en trouve stimulée.
« Par le bout du nez » s’inscrit alors dans une cartographie plus large : un Voie du Nez Théâtre imaginaire où l’on se déplace de plateau en plateau pour sentir l’époque. D’un détour à Villeurbanne à une halte à Dijon, d’un laboratoire à Arnay à un cabaret à Pontarlier, les comparaisons deviennent autant de miroirs. Metz, elle, choisit l’écoute et la finesse, la danse légère du sens qui surprend quand on croit tout savoir.
Cartographier pour mieux vivre la scène
Pour préparer vos pérégrinations, rien ne vaut un tableau de bord des suggestions à portée de train. Une manière simple d’orchestrer vos prochaines sorties, en commençant par Metz, puis en rayon de 2-3 heures de déplacement. Vous y gagnerez une palette de couleurs scéniques qui, au retour, rendra « Par le bout du nez » encore plus savoureux.
- Planifier vos trajets en lien avec les soirées messines.
- Comparer les propositions pour affiner votre regard critique.
- Raconter vos Éclats de Nez dans les rencontres publiques.
- Relier Metz à un réseau d’expériences, pour que la pièce continue de résonner.
| Ville / scène | Proposition repère | Type | Lien utile |
|---|---|---|---|
| Lyon | Énergie débridée et adresse au public | Théâtre contemporain | Découvrir à Lyon |
| Arnay | Écritures acérées, petits formats | Scène actuelle | Une scène à Arnay |
| Dijon | Parole publique réinventée | Performance | Un crieur public |
| Villeurbanne | Laboratoires d’écriture scénique | Recherche | Un laboratoire à Villeurbanne |
| Valentina | Répertoire contemporain revisité | Création | Repères à Valentina |
On ressort de Metz avec un petit talisman : la conviction qu’un rien – un nez qui gratte – peut renverser nos points de vue. Et si c’était la meilleure définition d’un théâtre vivant, partout où il se joue ?
Où et quand voir « Par le bout du nez » à Metz ?
Au Théâtre au Quai, quartier Sablon, dans le cadre de la 9e édition du festival de théâtre amateur, programmée jusqu’au 11 novembre 2025. Réservations fortement conseillées : [email protected] ou 06 86 27 93 25.
Qui porte la version messine et quelle est la distribution ?
La Cie Ter de l’Art signe cette version, mise en scène par Hugues Reinert, avec Philippe Claudel dans le rôle du président et Jean-Michel Wagner dans celui du psy.
La pièce est-elle liée à la version parisienne avec Berléand et Duléry ?
Oui, l’adaptation française de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière a été popularisée à Paris. Metz propose une lecture plus intime, en proximité avec le public, fidèle à l’esprit satirique et psychologique du texte.
Existe-t-il des activités autour de la représentation ?
Oui. L’Atelier Nez de Théâtre, les rencontres Les Voix du Nez et les échanges Le Nez en Dialogue permettent de prolonger l’expérience, d’expérimenter des micro-gestes et de débattre avec l’équipe.
Quelles autres scènes découvrir pour prolonger l’expérience ?
Pour élargir votre cartographie, explorez des propositions à Lyon, Arnay, Dijon, Villeurbanne ou Valentina. Des liens utiles sont proposés dans l’article pour organiser vos itinéraires.
